Vivendi et Mediaset annoncent mettre fin à leurs litiges

vivendi

PARIS, 3 mai 2021 (AFP) – Le groupe français Vivendi, maison mère de Canal+, et l’italien Mediaset ont annoncé lundi être « parvenus à un accord global mettant fin à leurs différends en renonçant à tout litige et à toutes plaintes entre eux », selon un communiqué de presse conjoint avec également la holding de la famille Berlusconi, Fininvest.

Le groupe de Silvio Berlusconi et celui de Vincent Bolloré s’opposaient depuis une alliance ratée en 2016. Les deux groupes s’étaient alors alliés pour lancer une plateforme de contenus susceptible de concurrencer l’américain Netflix, via l’achat par le groupe français de 100% du bouquet de chaînes de télévision payantes Mediaset Premium. Mais Vivendi avait très vite dénoncé cet accord, estimant avoir été trompé sur la véritable valeur de Mediaset Premium.

Il s’était lancé dans la foulée dans un raid éclair pour acquérir 28,8% de Mediaset, jugé « hostile » par la famille Berlusconi. Mediaset et son principal actionnaire Fininvest avaient alors assigné Vivendi en justice en juin 2017, réclamant 3 milliards d’euros de dommages et intérêts. Depuis, les justices italienne et européenne tentaient de trancher le litige, Vivendi ayant empoché notamment une victoire en septembre 2020 devant la justice européenne, mais ayant été condamné en avril par un tribunal de Milan à payer 1,7 million d’euros de dommages et intérêts à Mediaset.

Selon le compromis annoncé lundi soir, Vivendi, deuxième actionnaire de Mediaset, s’est engagé à vendre la totalité des 19,19% du capital de Mediaset gelés par Simon Fiduciaria à un horizon de cinq ans, et restera actionnaire du groupe de médias italien à hauteur de 4,61%. L’accord prévoit que Vivendi votera en faveur du transfert du siège de Mediaset aux Pays-Bas.

Les deux géants européens de l’audiovisuel ont également conclu des accords de « bon voisinage » dans la télévision gratuite pour une période de 5 ans. Dailymotion, filiale de Vivendi, s’est enfin engagée à verser 26,3 millions d’euros pour mettre fin à un litige relatif au droit d’auteur avec RTI et Medusa, des filiales de Mediaset.