Peut-on changer le mode de consommation des produits de base ?

Les participants à une journée d’études sur la rationalisation de la consommation organisée, lundi à Alger, par le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) ont affirmé l’importance de changer le mode de consommation des produits de première nécessité, comme l’eau et les denrées alimentaires pour préserver les ressources financières et naturelles notamment en la conjoncture économique actuelle.

Les intervenants ont souligné que le phénomène de gaspillage et de surconsommation qui s’accroit à un rythme effréné exige des solutions « efficaces et rapides », compte tenu des coûts de ce genre de comportements sur le revenu de l’individu et le trésor public, au moment où les revenus du pays en devises sont en net recul en raison de la baisse de la valeur des exportations d’hydrocarbures qui constituent une ressource essentielle de l’Etat.

Dans une intervention intitulée « rationalisation de la consommation et orientations religieuses », le professeur Djamel Abou Abdessalam a souligné que « la rationalisation de la consommation est une affaire morale de premier degrés », appelant à éviter « l’avidité » aux conséquences désastreuses sur l’attitude et la santé du citoyen ».

Le professeur à l’Ecole nationale supérieure d’Agronomie (ENSA), Aïssa Abdelguerfi a mis en avant « l’impact positif » de l’évitement du gaspillage alimentaire sur l’économie en Algérie, la facture du gaspillage des produits alimentaires étant estimée à près de 35 milliards de dollars annuellement.

En sus de l’impact économique, la consommation excessive de certains produits alimentaires comme le sucre et le sel représente un danger pour la santé de l’individu, lesdits produits importésétant à l’origine de la propagation des maladies, comme le cancer, le diabète et l’hypertension artérielle comptant actuellement parmi les maladies les plus répandues dans le pays.

Pour faire face à la consommation excessive, « l’Etat est appelé à revoir la subvention des produits de large consommation pour préserver la santé du citoyen et l’économie nationale », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Hazab Ben Chahra a souligné l’importance « d’une prise de conscience collective » pour remédier au phénomène de gaspillage des produits subventionnés de large consommation et partant « permettre à l’Etat de garantir une vie décente au citoyen ».

De son côté, le Secrétaire général (SG) des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Hazab Benchohra, a appelé à faire preuve de vigilance collective afin de limiter le phénomène de gaspillage des matières subventionnées de large consommation en vue de permettre à l’Etat d’assurer une vie décente au citoyen.

Il a proposé à ce propos « la mise en place d’un cadre juridique pour la rationalisation de la consommation et la criminalisation du gaspillage dans le but de préserver les droits des générations montantes ainsi que les ressources de la Nation outre la création d’un espace de dialogue avec la participation de tous les acteurs socio-économiques, les syndicats professionnels et les partenaires de la société civile en vue de mettre en place une charte commune devant consacrer la culture de consommation et de rationalisation pour assurer un développement durable continu ».

Pour sa part, le président de la Fédération nationale des boulangers (FNB), Youcef Kalafat, a indiqué que la cause de gaspillage du pain n’était pas seulement la subvention de l’Etat mais il s’agissait également d’un facteur moral pour les citoyen.

Il a dans ce sens rappelé que les 8.552 boulangeries réparties sur le territoire national assuraient quotidiennement 50 millions baguettes dont 20% gaspillés par les consommateurs (presque 10 millions jetés et réexportés partiellement par les éleveurs de bétails).

Pour sa part le président de l’Association algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), Mustapha Zebdi a mis en avant l’impératif de changer certains comportements de consommation tant par les familles que par les institutions qui sont considérées « parmi les grandes gaspilleuses des matières de consommation notamment les universités, les écoles et les hôpitaux ».

Il a appelé également à l’organisation de campagnes de sensibilisation en faveur des consommateurs tout au long de l’année avec la participation de l’ensemble des instances intervenantes en vue de lutter contre ce phénomène.

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