Pétrole:le baril de Brent à moins de 68 dollars vendredi

Les gains d’une semaine, qui aura vu monter jeudi les cours du brut à leurs plus hauts niveaux en six semaines, s’érodaient vendredi devant la situation sanitaire en Inde, menace pour la demande d’or noir. Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, dont c’est le dernier jour de cotation, valait 67,87 dollars à Londres, en baisse de 1,01% par rapport à la clôture de jeudi.

A New York, le baril américain de WTI pour le même mois perdait 1,18%, à 64,24 dollars. La veille, le Brent et le WTI ont respectivement atteint 68,95 et 65,47 dollars, une première depuis le 15 mars. Les contrats de référence du brut affichent toujours une hausse d’environ 3% depuis le début de la semaine. « Alors que la situation semble évoluer dans la bonne direction aux Etats-Unis, l’impact de la flambée des cas de Covid-19 en Inde sur la demande de carburant suscite toujours de vives inquiétudes », ont expliqué les analystes.

Le variant « indien » a plongé le pays dans le chaos: l’Inde bat des records mondiaux de contaminations, avec près de 380.000 nouveaux cas quotidiens. Rien qu’en avril, l’Inde a dénombré plus de six millions de cas supplémentaires. En conséquence, « les importations de pétrole pourraient diminuer de plus d’un million de barils par jour dans les prochaines semaines », selon les analystes.

A un pic en 2019, avant un reflux en 2020 sous l’effet de la pandémie, l’Inde consommait plus de 5 millions de barils par jour, ce qui la plaçait au troisième rang derrière les Etats-Unis et la Chine, d’après les chiffres du géant pétrolier BP. Les investisseurs ont par ailleurs salué la croissance du Produit intérieur brut (PIB) américain au premier trimestre, qui a affiché 6,4% en rythme annualisé, selon une première estimation du département du Commerce jeudi, de bon augure pour la solidité de la reprise de la demande de brut dans le pays. Le rapport hebdomadaire de l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA) diffusé mercredi avait fait état d’une consommation de produits pétroliers en hausse, et supérieure de 35,5% à ce qu’elle était à la même période l’an dernier.