Le Maroc a payé pour l’ouverture de consulats à Dakhla et à Laâyoune

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Des consulats ont été ouverts par un certain nombre de pays dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc en contrepartie d’aides financières ou matérielles, révèle le site d’information marocain d’opposition Le Desk. Selon la même source, 16 pays, principalement africains, ont ouverts des représentations diplomatiques à Laâyoune et à Dakhla alors qu’aucune communauté appartenant à ces pays ne vit dans ces zones. Elle évoque plutôt la volonté du Royaume marocain d’influencer les instances onusiennes d’une manière détournée.

Parmi les pays ayant bénéficié des aides marocaines, le Desk cite la Guinée-Bissau dont l’ouverture du consulat à Dakhla, en octobre dernier, a été précédée par l’envoi d’une commission technique marocaine en vue de la construction d’un nouveau siège pour le ministère des Affaires étrangères bissau-Guinéen. « C’est d’ailleurs la cheffe de la diplomatie de ce pays qui l’avait annoncé, en toute transparence, à la presse « , signale le site qui évoque également le projet de réalisation de trois écoles de formation professionnelle en Guinée-Bissau. Le Maroc prévoit également, selon le même site, d’assurer le dragage du port de Bissau à titre gracieux.

L’ouverture du consulat de Djibouti, à Dakhla en février 2020, a été suivie par la signature d’un contrat « pour la mise en place et le développement d’une jetée pétrolière dans le parc industriel de Damerjog ». Un projet pris en charge par l’entreprise marocaine de BTP SOMAGEC. Le coup d’envoi du projet a été donné en septembre dernier. D’après le même site, des entreprises marocaines ont été chargées de réaliser le siège d’un ministère en Gambie, des projets immobiliers aux îles Comores et des logements sociaux en Haïti en contrepartie de la mise en place de consulats dans les territoires sahraouis occupés. « Le 23 janvier dernier, c’est Sao Tomé-et-Principe, Etat insulaire africain de 210.000 habitants qui ouvrait lui aussi un consulat à Laâyoune.

Quelques mois plus tôt, c’est le Premier ministre Jorge Bom Jesus qui annonçait que le Maroc comptait contribuer au budget de l’Etat de son pays, à hauteur d’un million de dollars par an », note, par ailleurs, le site. « Pour le secteur de la santé, le chef de la diplomatie de SaoTomé a indiqué qu’en plus de fournir un lot de médicaments, les autorités du Royaume du Maroc ont mis à disposition un montant pour soutenir le secteur de la santé face aux besoins présentés par le ministère de la tutelle », ajoute encore le site. Le Desk parle, en outre, de l’existence de liens étroits entre le monde des affaires et la diplomatie marocaine, citant des hommes d’affaires tels que Rahal Boulgoute, patron de Marita Groupe.

Son rôle « fréquente assidument VIP et chancelleries étrangères, dont on peut citer, par exemple, le directeur de la Banque Islamique du Développement (BID) ou encore Morris Sackor, le vice-président du CNI du Libéria ». Suppression de visas, octroi de bourses d’études, renforcement des investissements, formations d’experts et d’étudiants, figurent également parmi les aides accordées par le Maroc au profit des pays ayant ouvert des représentations diplomatiques à Dakhla et à Laâyoune, précise l’organe de presse d’opposition.