Birmanie (Myanmar) : l’armée prend les rênes

Birmanie (Myanmar) : l'armée prend les rênes

Birmanie (Myanmar) : l’armée prend  les rênes

Coup d'Etat en Birmanie. La cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi a été arrêtée et l'armée a pris le pouvoir, rapporte plusieurs médias ce lundi matin.

Coup d’Etat en Birmanie. La cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi a été arrêtée et l’armée a pris le pouvoir, rapporte plusieurs médias ce lundi matin.

Ce putsch, immédiatement condamné par plusieurs capitales étrangères, est nécessaire pour préserver la «stabilité» de l’État, ont fait savoir les militaires qui ont promis dans un communiqué publié sur Facebook de nouvelles élections «libres et équitables», une fois que l’état d’urgence d’un an sera levé.

Ils accusent la commission électorale de ne pas avoir remédié aux «énormes irrégularités» qui ont eu lieu, selon eux, lors des législatives de novembre, remportées massivement par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi au pouvoir depuis les élections de 2015.

La prix Nobel de la paix a été arrêtée tôt dans la matinée ainsi que le président de la République, Win Myint et d’autres responsables du parti, selon Myo Nyunt, porte-parole de la formation.

Ils sont détenus à Naypyidaw, la capitale du pays, d’après lui. Alors que les rumeurs de coup d’Etat se renforçaient ces derniers jours, Aung San Suu Kyi avait laissé un message à la population, diffusé ce lundi par le président de la LND sur les réseaux sociaux, dans lequel elle exhorte les Birmans à «ne pas accepter» ce putsch.

L’armée tente «de replonger le pays sous la dictature militaire en négligeant la pandémie de coronavirus» qui frappe de plein fouet la Birmanie, a-t-elle écrit, d’après cette déclaration, demandant à la population de «réagir à l’unanimité».

L’armée s’est emparée de l’hôtel de ville de Rangoun, la capitale économique du pays, et l’accès à son aéroport international était bloqué par des militaires, ont constaté des journalistes de l’AFP. Plusieurs camions ont traversé à grande vitesse les rues de Rangoun, des partisans de l’armée agitant à leur bord des drapeaux et chantant des hymnes nationalistes.

Les télécommunications, portables et internet, étaient gravement perturbées, a relevé l’ONG spécialisée Netblocks. Toutes les banques du pays ont été fermées jusqu’à nouvel ordre, selon l’association des banques.

Les États-Unis et l’Australie ont rapidement réagi, appelant à la libération immédiate des dirigeants de la LND et au rétablissement de la démocratie. Les États-Unis «prendront des mesures contre les responsables», a averti la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, dans un communiqué.

«Nous appelons les militaires à respecter l’état de droit», a fait valoir de son côté la ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a quant à lui «condamné fermement (…) des développements qui portent un coup dur aux réformes démocratiques».

Le parti d’Aung San Suu Kyi, très critiquée à l’international pour sa gestion de la crise des musulmans rohingyas (des centaines de milliers d’entre eux ont ont fui en 2017 les exactions de l’armée et se sont réfugiés au Bangladesh voisin) mais toujours adulée par une majorité de la population, avait remporté une victoire écrasante en novembre.

Il s’agissait des deuxièmes élections générales depuis 2011, année de la dissolution de la junte. En 2015, la LND avait obtenu une large majorité et avait été contrainte à un délicat partage du pouvoir avec l’armée qui contrôle trois ministères clés (l’Intérieur, la Défense et les Frontières).

Y.M

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