Victime d’Ahmed Ouyahia : Messaoud Chettih tire sa révérence

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Il est des moments où la mort donne du repos à l’homme. Le décès de Messaoud Chettih, en début de semaine, des suites d’une maladie, fait certainement partie de ces moments, tant le défunt aura connu la hargne, l’injustice et le mépris du pouvoir de l’époque.

On s’en souvient, Chettih avait fait l’objet d’une véritable cabale montée de toutes pièces par l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia dans sa fameuse et fumeuse opération « mains propres » engagée en 1996.

Chettih passera presque quatre années en prison avant d’être innocenté par la Justice et prendre la tête d’un holding national. Arrêté le 21 février 1996 puis condamné, le 23 octobre 1997, à dix ans de prison, l’ex-PDG de l’entreprise Sider à Annaba, Messaoud Chettih, n’avait cessé de clamer son innocence, tout comme les neuf autres cadres condamnés avec lui à diverses peines de prison ferme. La bataille judiciaire qu’ils menèrent depuis lors, avait nécessité l’arbitrage, à deux reprises, de la Cour Suprême, et avait abouti à la cassation du jugement et la tenue d’un nouveau procès. Ce dernier avait pris fin et tous les accusés ont été innocentés quarante-six mois après leur incarcération.

Comme la justice finit toujours par éclaté, Chettih avait été innocenté et a connu une fin de carrière des plus honorables. Ce n’est certainement pas le cas de son « bourreau », Ahmed Ouyahia, qui finit son parcours à El Harrach, méprisé par tout un peuple, et doit encore répondre pour plusieurs chefs d’accusation liés essentiellement à l’octroi d’indus avantages au titre de l’octroi de marchés publics et de contrats en violation des dispositions législatives de dilapidation de deniers publics, d’abus de pouvoir et de fonction.

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