Tizi Ouzou: la commune de Yattafen entre histoire et avenir

Yattafen

Par Mhanna. B

La commune de Yatafen s’étend sur une superficie de 15,99Km2 avec une population de 3929 habitants, soit d’une densité de 246 habitants au Km2 (RGPH 2008). Elle est constituée principalement de deux grands villages, dénommés Ait Saâda et Ait Daoud situés sur les hauteurs des collines  et d’un chef lieu aggloméré dénommé Souk El Had situé au contre bas des villages au Sud Est de la wilaya de Tizi Ouzou.

Rattachée administrativement à la daïra de Béni Yenni, Yatafen est accessible soit à partir de la RN n°30 qui relie Bouira en passant par les massifs du Djurdjura,  ou bien par la RN n°71 en passant par Takhoukht ou par Ain El Hammam. Ces deux routes sont jointes par le CW (Chemin de Wilaya) n°11 qui traverse les deux villages de la commune.

Après l’indépendance, Yatafen faisait partie de la commune mixte de Tassaft (Akbil-Yatafen-Iboudraren), qui est rattachée à la daïra de Ain El Hammam jusqu’au nouveau découpage administrative dressé en 1985 portant sur la réorganisation territoriale du pays. Depuis, Yatafen est structuré comme suit la commune de Yatafen fait partie de la wilaya de Tizi Ouzou  Daïra de Beni Yenni .La Commune de Yatafen a été crée administrativement dans le cadre de la loi N°84/09 du 04 février 1985. Elle compte deux grands villages dénommés Ait Saâda et Ait Daoud, ainsi qu’un chef lieu aggloméré dénommé Souk El Had. La commune de Yatafen est limitée administrativement par  La commune Ain El Hammam du côté Nord  La commune Akbil du côté Est  La commune Iboudraren du côté Ouest et La wilaya de Bouira du côté Sud.

Retour sur les origines :

At Attaf (ou Yatafen) constituent l’un des quatre aârchs de la confédération Igawawen des At Mangellat, avec les At Mangellat proprement dit, les Aqbil et les  At Bu Yussef, et sont situés au pied du versant nord du Djurdjura, entre les Aqbil à l’est, les At Budrar à l’ouest (Lacoste-Dujardin, 2005). Certaines légendes disent que les fondateurs des deux principaux villages de la commune de Yatafen sont deux frères, Daoud et Saâda, qui vinrent s’installer les premiers dans la localité, et qui ont pris alors le nom de leur père Attaf, d’où l’appellation actuelle « Yatafen ».

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D’autres disent que les At Attaf sont en majorité originaires de l’aârch N’At Mangellat d’où l’existence d’un cimetière dite N’At Attaf à côté du village Tililith. Le reste de la population provient des régions voisines.    A travers les différentes périodes de l’histoire, L’aârch N’At Attaf vit à l’instar des autres villages kabyles, en une société organisée autrefois selon une forme originale de démocratie, une société segmentaire dont demeurent les représentations.  Ses membres ont en commun des institutions, des coutumes, des usages particuliers et ils partagent un même idéal égalitariste. Ils expriment leur attachement à un même islam populaire, tolérant le culte des saints, et dans une fidélité à certains rituels, croyances ou mythes plus anciens.  Ainsi, ils possèdent un sentiment fortement affirmé d’appartenance à une même communauté, dans une tradition de conscience identitaire très vive, fort susceptible à toute atteinte à son intégrité (Lacoste-Dujardin, 2005).  C’est ainsi que nombre de menaces des envahisseurs étrangères et successifs ont échoué face à cette population autochtone, fixée sur les pitons, contrainte ainsi de choisir des positions stratégiques à l’accès difficile permettant d’assurer la résistance contre l’ennemi. Les empires Romain et Ottoman n’ont jamais été attirés par ces maquis hostiles, de faible intérêt économique ; contrairement au  colonialisme Français qui à réussi après une dure résistance des populations, à pénétrer au sein de la région et instaurer ainsi son dictat colonisateur d’un siècle de dévastation.

Yatafen commune des martyrs

Après une résistance farouche à la conquête coloniale qui, après plusieurs assauts, ne put s’y achever que vingt-sept années après le débarquement français à Alger en 1830. Deux grandes batailles, dites d’Icherriden ont marqué l’histoire de l’Algérie, où des milliers de paysans volontaires (imsebblen) sacrifièrent leurs vies après avoir opposé les troupes françaises, à deux reprises, suite à la conquête, en juin 1857 puis, le 24 juin 1871 qui souleva la Kabylie contre l’occupation coloniale (Lacoste-Dujardin, 2005 ; Ouerdane, 1993).   La Kabylie subit alors une colonisation massive. Une stratégie politique de division est mise en application avec l’administration directe des français ; l’aârch N’At Attaf est désigné comme étant un Douar, puis il est rattaché à l’ex commune mixte de Djurdjura.

Ainsi, des jeunes de la région ont été recensés obligatoirement au service militaire français et ont été sacrifiés, à deux reprises, durant les deux guerres mondiales (1914-1918 et 1938-1945).  Haut lieu de la résistance pendant la révolution armée, la localité a apporté une contribution considérable à l’effort de guerre. Ainsi par sa répression, le colonisateur a commit d’énormes pertes humains et matérielles.                                                -1-

A savoir, le fait historique du 17 avril 1957, où l’armée française avait déployé plus de trente mille soldats (30.000 soldats) dans un ratissage de grande envergure au cours de la fameuse « opération cigale » où, en plein Ramadhan, hommes, femmes et enfants furent évacués de leurs maison, séquestrés et concentrés dans une enceinte d’habitation pendant trois jours consécutifs. Une autre partie de la population fut évacuée aux villages voisins.

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Ce jour-là, dix hommes furent torturés à mort avant d’être amenés et emprisonnés. Les villages sont pris comme cible de déversement à volonté de bombes, roquettes et mitraillages.  A ce jour, le 17 avril 1957 est devenue une journée mémorable d’un peuple consolidé par ses valeurs qui honore notre patrie.  Nous nous  inclinons sur la mémoire des 133 Chahids succombés aux champs d’honneur, pour que vive l’Algérie.

L’APC sans issue à l’horizon

Décidément,  il ne peut y avoir réconciliation entre les élus de l’APC de Yattafen .Et ceci du fait qu’aucune initiative ou tentative n’a pu avoir lieu durant cette période de confinement et ou l’intérêt de la population qui les ont élus prime avant tout autre chose. Après la substitution décidée par le wali le 8 octobre 2018 ; la population des At Attaf , avait espéré que les élus allaient s’entendre et revenir à la raison pour enfin reprendre les reines de la commune et travailler au profit et dans l’intérêt de la population. Mais les différentes tentatives de réconciliations entre les 06 élus composant l’exécutif, et les 07 de l’opposition semblent sans issues.

En effet, ces dernières semaines et premiers mois de l’année 2020, certaines personnes de la commune nourrissaient l’espoir de voir les élus se « voir » au moins pour être au cotés de la population durant cette période de covid-19 ; malheureusement aucun signe des deux cotés.

Ceci fera dire à certains citoyens que nous avons accosté au chef lieu Souk El Had «les élus ? Il se peut qu’ils viennent d’abord se faire voir, mais comme certains ont disparus depuis plus d’une année maintenant, une réconciliation est chose impossible entre ces indésirable » nous dira un résident du chef lieu. Pour un autre citoyen c’est avec un éclat de rire qu’il nous dira « d’abord les élus de la soi-disant opposition ne pourront pas se réunir ni prendre une quelconque décision du fait que leur patron et guide est en France depuis décembre 2018 ;sinon comment voulez –vous que ces élus se voient dans l’intérêt de la population alors qu’ils sont tous des hypocrites et venus pour leur propres intérêt , c’est de l’utopie que de les voir s’entendre ou se voir !!!»

Il y’a lieu de dire que l’Assemblée Populaire Communale (APC) élue le 27 novembre 2017 n’a pas tenue plus de 3 mois pour s’effriter , d ailleurs c’est cet effritement qui a fait dire aux citoyens de la commune que ces gens là (les élus )au nombre de 13 ne sont pas venus dans l’intérêt des citoyens et de la commune mais dans leur propre intérêt. Sinon après que le maire élu a constitué son exécutif qui a été voté et accepté par la majorité même relative , exécutif composé de toutes les parties et les partis politiques existant en ce temps , enfin les 07 listes « qui s’étaient présentées pour prendre les reines d’une commune de ….03(trois) petits villages ; n’ont pas mesuré la grandeur de leurs ancêtres et la renommée qu’avait leurs villages et la tribu composée par leurs village » dira Omar un ancien.

Exécutif hétérogène

Cet exécutif n’a résisté que trois mois , pour voir deux élus se retirer et laisser le maire RND sans majorité. Ceci a fait que toutes les réunions de l’assemblée auxquelles le maire a appelé durant les neuf mois qui ont suivi le retrait de deux élus, n’ont pas duré plus de 15 à 20 minutes. D’ailleurs durant les 9 mois ce sont les mêmes points qui revenaient , et la réunion se limitait au  temps de lire l’ordre du jour , signer la feuille de présence , lever la main pour adopter l’ordre du jour 4 élus qui soutiennent le maire , 08 pour dire NON à l’ordre du jour proposé par le maire et ce dernier reprend la parole pour dire « puisque la majorité refuse la séance est levée » et tout le monde s’en va tranquille que ce soit ces élus ou la population présente au plus une vingtaine de personnes venu beaucoup plus « se marrer ».

C’est suite à ces réunions infructueuses , ainsi que plusieurs tentatives de réconciliation faites par des personnalités de la région ou par des responsable de wilaya et la dernier par le wali lui-même au siège de la wilaya qui a vu les élus encore dans la mésentente la plus totale , que le wali a pris un arrêté de désignation de la cheffe de daïra de Béni-Yenni qu’il a chargé de gérer les affaires de la commune de Yattafen ; quant aux 13 élus dont le maire RND ,le wali a gelé leurs activité et a suspendu leurs traitements et primes de représentativité. Et ce le 8 octobre 2018, l’arête a été notifiée par la cheffe de daïra le 9 octobre 2018. Durant toute la période ou les élus étaient à l’APC il y’avait des tentatives de réconciliation, des propositions d’un nouvel exécutif, dont la dernière a été selon les témoignages que nous avons eu de citoyens et même d’élus,  que le maire allait changer d’exécutif en sacrifiant les vices présidences ainsi que deux présidences de commissions.

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L’accord aurait même été donné par les élus « à sacrifier » à savoir le vice président RND qui aurait accepté de laisser le vice présidence et  prendre la présidence de la commission technique, le vice président FFS qui aurait aussi accepté de céder le vice présidence pour la présidence de la commission finance, et enfin le président de la commission social (élu FLN) qui aurait lui aussi accepté de redevenir simple élu pour l’intérêt de la commune et des citoyens. Ces vices présidences vacantes donc seraient octroyé à la tête de liste indépendante 2 et l’autre au tète de liste du PT ; quant à la commission sociale elle aurait été proposé à la tête de liste indépendant Asirem. Toute fois l’élu RND détenteur de la présidence de la commission technique aurait opposé son refus de se faire sacrifier par le maire au profit de l’opposition , et selon un ex militant et élu RND  ce président de la commission technique aurait été le mouton de l’Aïd s’il avait accepté  car il aurait été le seul perdant dans cette affaire du fait qu’il ne bénéficiera que de la prime de 8000DA mensuelle , alors que ceux ayant changé de poste ou ayant pris de nouveaux postes bénéficierons chacun d’un salaire  de 38 000DA mensuel.

Guerre autour de la vice-présidence

Malheureusement pour tous, une autre condition aurait été aussi imposée par l’opposition à savoir que le 3em poste de vice président, qu’occupe le 2eme de la liste indépendante Asirem, doit être libéré. Ce dernier aurait opposé un niet catégorique et aurait même dit à certains «  je ne quitterai jamais ce poste et personne ne me fera bouger de ce fauteuil de vice président».

Et c’est suite à cela que le maire « gelé » aurait décidé de s’adresser par le biais des réseaux sociaux aux militants et sympathisant du RND en disant , dans sa dernière déclaration sur les réseaux sociaux en décembre 2018, il avait écrit « A tous les militant (tes) et sympathisant(tes) du RND de Yattafen ; je vous informe que je suis maire de Yattafen et je le resterai jusqu’à la fin du mandat  donc en 2022 . Mon serment est celui d’accomplir mon devoir d’élu être à l’écoute des citoyens et d’œuvrer pour le développement de cette localité qui nous est chère. Le but de ce message est de mettre un trait aux rumeurs qui défilent d’ici et par là. Notre exécutif reste inchangé. Et c’est ainsi que « le maire et tous les élus ont respectés leurs engagement qui consistent en fin de compte à oublier toutes les promesses faites durant la campagne électorale ne revenir que pour leurs intérêts etc.… » Diront plusieurs citoyens que nous avons interrogé sur la situation de la mairie et de la commune.

Ainsi, toutes les tentatives, initiées que ce soient par certains élus ou d’autres citoyens de la commune ou encore par un médiateur seraient tombées à l’eau. Et toujours d’après nos sources, maintenant que ces tentatives ont avortées, la seule issue qui resterait et qui serait acceptée par l’opposition serait la démission du maire et son remplacement par un autre élu de la même liste (RND) si la loi le permet, ce qui permettra la désignation d’un nouvel exécutif communal qui permettra le déblocage de l’APC.

Même le chef de Daira abdique

Par ailleurs il y’a lieu de signaler que même la cheffe de daïra de Béni-Yenni a fini par jeter l’éponge en janvier dernier, après avoir géré les affaires de la mairie de Yattafen et la daïra de Béni-Yenni conjointement pendant 15 mois. A sa place un administrateur a été nommé par le wali depuis le 29 janvier dernier.

Dans tout cela , ce sont les citoyens qui font les frais de « taghennant » qui existe entre certains élus de cette commune , et cette « taghennant » ne fait que retarder le développement de la commune , même si ,il faut aussi le dire que la chargée des affaires de la commune de Yattafen à savoir la cheffe de daïra de Beni Yenni fait de son mieux pour gérer la mairie de Yattafen et la Daïra de Beni-Yenni , ce qui n’est pas facile selon aussi tous ceux que nous avons approchés que ce soit les élus ou les citoyens .

Enfin, il y’a lieu aussi de signaler que beaucoup si ce n’est pas la majorité des citoyens de la commune espèrent la dissolution tout court de cette assemblée et la désignation d’une délégation exécutive ou l’organisation d’élections partielles.

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