Tarek Kour: les péripéties d’un magistrat opprimé par Louh

tarek kour

Cinq ans de traversée du désert. C’était le prix à payer, par le jeune magistrat Tarek Kour, pour avoir osé dire non aux injonctions qui parvenaient d’en haut. Le nouveau patron de l’office de la lutte contre la corruption a souffert, pendant des années, de la marginalisation et des tentatives de nuire à sa carrière.

L’aventure commence à Constantine lorsque Tarek Tour occupait le poste de président du Pôle Pénal Spécialisé, une instance hautement sensible pour la justice. En date du 25 juin 2013, la chambre d’accusation de la Cour de Constantine ordonne le renvoi d’une affaire vers le tribunal spécialisé (Pôle). Une affaire quelque peu simple, mais qui intéressait beaucoup de monde. Y compris des proches de Tayeb Louh, ministre alors de la Justice.

Faisant fi des pressions et des insinuations, le jeune juge Tarek Kour ordonne une expertise complémentaire et des commissions rogatoires qui lui permirent de prononcer, le 13 février 2014, un non lieu pour tous les accusés dans l’affaire en question. Un verdict qui ne plaisait pas à des gens haut placés.

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Sa hiérarchie directe est mise alors en scelle pour le détruire. On lui reproche le fait d’avoir ignoré les pièces à conviction fournies par les enquêteurs et d’avoir favorisé la logique des preuves à décharge pour les accusés. Tout de suite, les reproches évoluent en accusation, puis en renvoi vers le conseil de discipline.

En effet, le 3 juin 2015, Tarek Kour se présente devant la haute instance disciplinaire, composée d’une vingtaine de magistrats et présidée par le premier président de la Cour Suprême. Tarek Cour va défendre sa cause jusqu’au bout et les arguments qu’il a présenté ont eu raison de ses détracteurs et toutes les personnes qui ont voulu nuire à sa carrière.

Le Conseil de discipline vote alors à la majorité absolue l’innocence de Tarek Kour de tous les griefs retenus contre lui. Mais, Tayeb Louh et ses proches ne sont pas de cet avis. Ils vont faire affecter  Tarek Kour dans une voie de garage, pour tuer en lui son sens de dynamisme et de recherche de la justice.

L’affaire traitée par Tarek Kour à Constantine prend de l’ampleur et beaucoup de magistrats ont pris conscience d’affronter la mafia du système et de rendre justice à ces citoyens qui ont été innocentés une première fois au niveau du Pôle de Constantine.

En effet, ce verdict de Constantine a été confirmé, le 5 mais 2016, par la première section de la chambre des infractions de la Cour Suprême (aff. n°1/28166). Une seconde confirmation d’innocence des accusés de Constantine est prononcée, le 27 juillet 2017 et le dossier de cette affaire est désormais clos à jamais.

Comme pour Tarek Kour, les magistrats de la Cour Suprême ont subi des pressions. Mais, ils ont tous résisté et fait triomphé la justice.

Tarek Kour a été nommé la semaine dernière à la tête de l’office national de lutte contre la corruption. Avec la même énergie, il devra relever de nouveaux défis pour l’éradication du fléau qui a rongé la société algérienne.

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