Système sanitaire : surmultiplication du financement des importations en 20 ans

Grand contempteur du système sanitaire depuis une trentaine d’années, le Pr Abdelouahab Bengounia a joué sa carrière contre le devoir de vérité. Docteur en épidémiologie, chercheur en sciences médicales, avec des contributions scientifiques dans les plus grandes revues spécialisées dans le monde, les polémiques du chef de service en épidémiologie au CHU Mustapha Pacha avec les ministres de la Santé et de la Recherche scientifique ont défrayé la chronique en leur temps.

Aujourd’hui encore, il revient sur les grandes décisions qui ont dans le même temps tiré la Santé vers le bas tout en augmentant le coût des importations et des équipements. Première constatation : augmentation accrue de la masse de financements aux importations de médicaments, qui a quadruplé en dix ans, passant pratiquement de 500 millions usd à pratiquement 2 milliards usd, avec des services hospitaliers de moindre qualité, des médecins de piètre formation et une administration à l’opposé du statut scientifique et de service publique qu’elle prétend servir.

Bengounia nous a affirmé avoir été le premier à appeler à « la création d’un institut de veille sanitaire est vital en 2001, en associant notamment médecins, juristes, mathématiciens, chimistes, physiciens et journalistes ». Il aurait fallu la grande épidémie de rougeole et les décès déplorés pour la Santé se remettre à réfléchir à l’idée, avant de l’oublier de nouveau, sitôt la pandémie passée. « Si l’institut existait les taux de malades chroniques et les risques de maladies infectieuses seraient insignifiants ».

En définitive, « il y a eu une programmation de la faillite du système sanitaire, qui a été pendant les vingt années qui ont suivi l’indépendance un des plus performants du monde arabe ».

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