Soummam vs Danone: The French Job

Après un ralentissement en 2014 et 2015, Danone Algérie a réalisé une forte croissance en 2016 (+22,81% comparativement à 2015), grâce notamment au rachat des yaourts de Trèfle. Mais, cette croissance a valu à l’entreprise française de droit algérien des pertes financières durant cet exercice (24 millions DZD soit 1,8 million d’euros environ)), les premières pertes enregistrées pratiquement depuis l’installation du leader européen des yaourts en Algérie en s’associant avec la laiterie Djurdjura en 2001.

Ainsi, il est à noter que l’entreprise française de droit algérien est d’un dynamisme qui fait pâlir le leader du marché algérien des produits laitiers, à savoir Soummam, lequel, faut-il le souligner, est présent dans des segments où Danone est absent à l’image du petit lait, le lait fermenté, les briques de lait en carton et autres produits lactés.


LIR AUSSI Echorouk : un groupe qui se développe à crédit 


En effet, chaque dinar investi par Danone génère en moyenne, au moins depuis 2009, un dinar et demi de chiffre d’affaires. Et, la rotation de l’actif économique de Soummam qui réalise presque trois plus de chiffre d’affaires que Danone et des bénéfices beaucoup plus importants –53,85 milliards DZD de chiffre d’affaires (395 millions d’euros) dégageant 12,6 milliards DZD (93 millions d’euros)de bénéfices  en 2016 contre 18,52 milliards DZD de chiffre d’affaires pour Danone–, est moins dynamique : un dinar de chiffre d’affaires pour un dinar investi durant la même période. Soummam est d’ailleurs un peu endettée avec 4,83 milliards DZD (35 millions d’euros) en 2016 contrairement à Danone qui investit sur fonds propres.

Or, malgré les gains de productivité de Danone, ses performances restent en deçà de celles de Soummam qui affiche un taux de profitabilité (22,5% en moyenne) et une rentabilité financière (27,7% en moyenne) dignes des grandes multinationales. Et ce, au moment où Danone réalise un faible taux de profitabilité (3,5% en moyenne) et une faible rentabilité financière (11,7%). Cela fait que Soummam, qui réalise 2,7 fois le chiffre d’affaires de Danone, dégage 15 fois plus de bénéfices que l’entreprise française de droit algérien.


LIRE AUSSI UGTA: Hmarnia mène la fronde contre Sidi Said


Il convient enfin de préciser que les bénéfices de Soummam sont en constante progression : 4,5 milliards DZD en 2010, 5,3 milliards DZD en 2011, 7 milliards DZD en 2012, 9,2 milliards DZD en 2013, 8,3 milliards DZD en 2014, 11,8 milliards DZD en 2015 et 12,5 milliards DZD en 2016, soit 59,3 milliards DZD (420 millions d’euros) entre 2010 et 2016 pour un chiffre d’affaires cumulé de 262 milliards DZD (2 milliards d’euros environ). L’entreprise a ainsi versé au trésor public au titre de l’IBS 8,7 milliards DZD (65 millions d’euros) durant cette période. Quant à Danone, elle a réalisé à peine 3,5 milliards DZD de bénéfices (25 millions d’euros environ) sur un chiffre d’affaires cumulé de 95 milliards DZD (700 millions d’euros environ) entre 2010 et 2016. Mais, Danone a toujours optimisé ce qu’elle devait au fisc (1.78 milliards DZD, soit 13 millions d’euros environ, au titre de l’IBS), reportant ses bénéfices à chaque exercice en vue d’investissements qui n’ont été opérés qu’en 2015 avec l’acquisition de la ligne de production des yaourts de la laiterie Trèfle, soit 1,7 milliards DZD 12,5 millions d’euros environ) qui ont été exonérés d’impôts.

LIRE AUSSI Renault: croissance continue, déficit chronique