Marchés détournés vers les étrangers: Sonatrach va licencier des travailleurs

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Une filiale de Sonatrach devra licencier 170 travailleurs, qu’elle emploie, en plus de 203 autres travailleurs mis à sa disposition par des sous-traitants privés de nationalité algérienne. Le plan de charge qui devait revenir à cette filiale de Sonatrach a été détourné au profit des lobbys étrangers.

Il s’agit de  Baroid Algeria de Services Aux Puits (BASP) une Joint-venture entre l’ENSP (Sonatrach) et le mastodonte américain, Halliburton Affilates Coporation. L’entreprise est spécialisée dans la gestion des boues de forage et des services associés.

Il y a quelques mois, soit au moment où on chantait les couplets de « SH 2030 », Sonatrach avait lancé un appel d’offres pour les services de services de fluides de forage, de Workover et  de gestion des rejets (total fluids management). Un appel d’offres dont les clauses étaient jugées injustes par rapport à la taille attribuée à chaque lot.

Classés de 1 à 10, ces lots sont distincts. Le premier lot comporte le traitement des fluides de forage pour 29 appareils de forage pour un ensemble de 266 puits, ainsi que les services liés à 4 appareils Workover pour un traitement total de 191 puits.

A partir du lot numéro 4, le plan de charge devient presque insignifiant et n’intéressent pas les grosses cylindrées.

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Lobbys étrangers

En juillet 2017, Ebourse avait dénoncé les pratiques de Sonatrach en matière de gestion de ces projets. Mais, Ould Kaddour se sentait au dessus de toutes les lois et pouvait se permettre tout ce qui lui passe par la tête. Le résultat était prévisible dès le lancement de l’appel d’offres.

La bonne gouvernance de Ould Kaddour, qui veut faire de Sonatrach la cinquième puissance pétrolière au monde est totalement orientée vers l’octroi de faveurs aux étrangers, au détriment des entités nationales.

Ainsi, le gros morceau de la tarte a été offert à MI Algeria, une JV constituée avec Schlumberger. MI Algeria est soutenue par un puissant lobby à Sonatrach et même en dehors du groupe. La seule qui leur tenait tête à Sonatrach, en l’occurrence Mme Naima Harrouche, aura été la première victime de Ould Kaddour. Il l’a carrément écartée des centres de décision dès les premiers jours de son installation au poste de Ould Kaddour.

Le second lot est revenu à l’italien AVA, qui malgré le profile bas qu’il affiche, gère un important potentiel d’influence à Sonatrach.

Le troisième lot, quant à lui, est revenu à l’égyptien EMEC, qui n’a jamais gagné autant d’argent qu’en Algérie.

Alors que Sonatrach était en mesure d’attribuer en mode gré à gré un plan de charge à sa filiale, elle a préféré plutôt la mettre en compétition avec les sociétés étrangères. Les malheureux  salariés de BASP n’ont eu droit qu’à deux lots (4 et 7), comme s’ils sont là pour quémander. Un plan de charge presque dérisoire par rapport aux sommes colossales accordées aux étrangers.

Ainsi, sur les 600 travailleurs employés par l’entreprise, 170 devront être licenciés à partir du mois prochain. Le même sort est réservé aux 203 travailleurs, mis à disposition, par des sous-traitant de BASP, alors que jusqu’en 2022, ces sociétés étrangères vont rappatriers, vers leurs pays respectifs, des millions de dollars de dividendes.


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Larmes de crocodile?

Lors d’un show organisé, il y a quelques mois à Hassi Messaoud, Ould Kaddour a eu droit au clou du spectacle offert par un syndicaliste de BASP, l’implorant de trouver une solution à leur entreprise. Les algériens qui ont eu droit à ces images choquantes sur les différentes chaines de télé, étaient presque tous d’accord pour dire que les choses vont bien et que les larmes du syndicaliste en question ne reflétaient rien de grave.

Mais, aujourd’hui, cette menace est bien réelle. Quand Sonatrach se met à licencier ses employés, c’est forcément une ligne rouge qui a été franchie et les responsables de cette hémorragie continue doivent rendre des comptes.

Ould Kaddour, qui est incapable de préserver le pain de ses employés, continue de se moquer des algériens en insinuant qu’il y a trop d’experts en pétrole. Nous ne sommes plus dans la logique du kyas et les rigolades qui s’en suivent. Ce sont les salaires de centaines d’algériens qui sont menacés.

Les fausses promesses de Ould Kaddour, faites au syndicalistes, en disent long sur la légèreté avec laquelle est prise la question. Vidéo témoin.

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