Sonatrach: pillage à SPC Londres

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C’est un véritable « casse » qui se produit à SPC, la filiale londonienne de Sonatrach.

Avec l’appui et surtout la complicité de Nassim Ould Kaddour, le parton de Sonatrach Petroleum Corporation (SPC), Rafik Demmak se livre à des activités extra-légales, notamment dans la vente des produits pétroliers.

Le plus choquant est surtout le dossier libanais qui est devenu l’objet d’un grand business pour le fils du P-dg de Sonatrach.

Ce business ne dérange nullement Abdelmoumene Ould Kaddour puisque les mauvaises performances de SPC Londres le confortent dans sa démarche visant à créer une JV pour la commercialisations des hydrocarbures.

La nomination de Rafik Demmak à ce poste de Londres n’a pour objectif que de reprendre un business dans lequel l’ancien patron de la commercialisation de Sonatrach, Chawki Rahal a engrangé des millions de dollars, que la justice algérienne a mis en évidence dans le cadre de l’affaire Sonatrach II.

Chawki Rahal avait été placé en détention en décembre 2013, pour une affaire de commissions d’un montant globale de 8 millions d’euros, transférés sur deux comptes domiciliés en Suisse, l’un en son nom et l’autre au nom de son épouse. Ces sommes ont été amassées, durant la période où il exerçait en tant que responsable de la filiale de Sonatrach basée à Londres.

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Les enquêteurs soupçonnaient une société libanaise, BB Energy d’avoir versé des commissions à Rahal pour bénéficier d’avantages lors de l’exécution de contrats de vente de produits pétroliers.

Ces contrats portaient notamment sur l’achat par BB Energy de quantités de gasoil et  de fuel oil pour ses besoins au Liban.

BB Energy, propriété du richissime libanais,  Baha Bassatne exécutait des contrats de de  Fronting vis à vis du Liban. Sur papier, BB Energy prenait une commission de 3,5 dollars par tonne de produits pétroliers. Mais, en réalité, elle gagnait quelque 25 dollars par tonne.

Pour Sonatrach, ce process permettait d’éviter les risques éventuels et avoir un bon partenaire pour le Liban.

Ce business, lancé en 2005, n’a pas été affecté par les poursuites judiciaires lancées contre Chawki Rahal. La nomination, plus tard, de Omar Maaliou à la tête de SPC Londres a permis la normalisation des relations avec les partenaires de Sonatrach.

Un plan bien ficelé

L’arrivée de Ould Kaddour à la tête de Sonatrach va réveiller les vieux démons. Des personnes se sont rendu compte qu’il y avait possibilité de se remplir les poches à Londres.

Dès le 1er octobre 2017, Ould Kaddour installe à ce poste, Rafik Demmak, un cadre de Sonatrach déjà responsable de la perte de 5 cargaisons de pétrole, vendues à Petroplus sans garantie bancaire et Sonatrach ne pouvait récupérer la valeur de 360 millions de dollars, suite à la faillite de cette compagnie.

Dans la même période, les chiens sont lâchés contre Omar Maaliou, l’ancien responsable de l’activité commercialisation de Sonatrach. Maaliou, une référence mondiale, est accusé par un site-torchon -porte-parole non officiel de Ould Kaddour– d’incompétence dans son métier… Ce délire va finir par le départ de Omar Maaliou et son remplacement par Ahmed Mazighi, qui, auparavant, n’a jamais vendu un seul litre de produits pétrolier.

Alors que tout le monde chantait le refrain ridicule de SH 2030, Rafik Demmak obtient un coup de pousse de la part de Nassim Ould Kaddour. Le P-dg de Sonatrach ferme ainsi l’œil sur l’établissement illégal d’un visa de travail pour le compte de Demmak en Grande Bretagne. Nous ne somme plus dans une logique de détachement, mais dans une situation ambiguë de recrutement à Londres. Pour Demmak, il s’agit de comptabiliser le temps passé en Angleterre, pour pouvoir réclamer, après trois ans, une résidence dans le pays.

Ces « petites interventions » ont favorisé l’établissement de relations fortes entre Demmak et Ould Kaddour JR.

A partir de décembre 2018, la filiale londonienne de Sonatrach s’attaque à la  reconfiguration de son marché libanais. Plus question de laisser le monopole à BB Energy. Sur proposition de Nassim Ould Kaddour, SPC va désormais traiter avec deux petites sociétés libanaises, ZR Energy et Euronova Energy.

ZR Energy, une filiale du groupe ZR, active dans l’approvisionnement, le négoce de pétrole et de produits dérivés.

Au-delà du fait que ces deux entreprises sont inconnues sur la scène internationale, on constate que Sonatrach accorde à ZR Energy, une marge de 3,75 dollars par tonne, contre 3,5 dollars traditionnellement accordée à BB Energy. Non seulement Sonatrach va perdre de l’argent, mais elle va déstabiliser un partenaire avec lequel elle travaille depuis une longue date.

Pour sa part,  Euronova est  enregistrée en Suisse mais appartenant à deux frères serbes. Elle traîne une très mauvaise réputation sur le marché à la suite de la résiliation du contrat d’approvisionnement conclu avec le gouvernement de Bosnie-Herzégovine pour corruption,

La réaction de BB Energy s’est faite par la contestation de la marge accordée à sa rivale ZR Energy et elle risque d’aller en arbitrage contre Sonatrach. Dans ce cas, Sonatrach sera inévitablement condamnée par les instances arbitrales.

Nous avons transmis un email à BB Energy, mais les responsables de la société n’ont pas répondu à nos questions.

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