Sonatrach : l’Hôpital qui se fout de la charité

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Le P-dg l’a dit : 20 milliards de dollars d’équipements importés par an sans compter les investissements sur les infrastructures de base qui s’évaluent à 10 milliards de dollars par an, dixit le ministre de l’Energie.

Lors de son intervention, le P-dg a aussi affiché son ambition d’atteindre un taux d’intégration de 55% et pour cela il va créer une Direction de suivi des productions nationales : n’est-ce pas le rôle du Ministère de l’Industrie, des agences de régulation….

En faite, c’est de la parole pour cacher les non-actes, de la poudre aux yeux comme d’habitude : lorsque Sonatrach donne l’exclusivité à GE pour la fourniture de têtes de puits, vannes, obturateurs et autres équipements et que GE, à l’image de son taux d’intégration de moins de 15% atteint chez Algesco après 20 années de JV pour la maintenance des turbines dans son pseudo centre d’excellence africain à Boufarik, va favoriser le CKD pour monter les équipements, il sera impossible d’intégrer 55% dans cette JV et il sera impossible d’imposer à GE de le faire car ils n’ont aucun intérêt à le faire, que ce soit une JV à 51/49 ou pas car l’exclusivité a été déclinée dans le pacte d’actionnaires.

Les têtes de puits, vannes, obturateurs, réparation et maintenance de tubing/casing représentent au moins 30% du montant des équipements importés auxquels, si on ajoute les achats de tubing/casing avec connexion premium à des prix affolants, les line pipe importés pour compte par Cosider, les pompes et ESP consommés comme des petits pains par la production Amont, on atteint allègrement les 60% des montants importés.

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Malgré cette vérité, la Sonatrach, via ses départements d’approvisionnements, continue de préférer le produit occidental cher avec des standards nouveaux, certifiés par des organismes nouveaux comme pour s’assurer que le pétrole atteindra la lune à la sortie du puit alors que le Marché est mondial : pourquoi pas les BRICS ? et pourquoi ne pas d’abord s’assurer d’une certification standard pour permettre aux entreprises nationales privées de participer aux appels d’offres : elles sont de faite éliminer sur base technique car la Sonatrach impose des standards que les entreprises locales ne peuvent pas fournir : c’est celà la réalité.

Le PDG reconnaît l’impact sur l’économie nationale mais fait le contraire de ce qu’il dit. Il protège les intérêts de ces multinationales qui, évoluant dans un marché presque captif, continue de tarifer leurs services et équipements à plus de 60% que la moyenne payée par les autres compagnies pétrolières.

Cela nous rappelle à cet autre objectif fictif : la Sonatrach parmi les 5 plus grandes compagnies au Monde. Je veux bien mais sur quels critères la Sonatrach sera dans le top five :

  • les volumes : impossible à cause des quotas, des capacités de production et des réserves existantes ;
  • le coût de production :   on produit au moins 100% plus cher qu’en Arabie Saoudite ;
  • ressources humaines :…….

Encore des promesses……

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