Sonatrach-Halliburton : contrats et conflit d’intérêts

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C’est avec un nouveau scandale que Sonatrach va clôturer l’année 2018. Les langues commencent à se délier et on fait état d’un énorme business triangulaire entre Sonatrach, la compagnie américaine Halliburton et ICAT, une société française copropriété d’un ami proche de Ould Kaddour.

Ce business est simple, Sonatrach attribue des contrats à Halliburton et celle-ci en sous-traite une partie chez la française ICAT.

Ces contrats portent sur les études dans l’amont pétrolier et n’ont rien de matériel, donc pas de chantier, pas d’équipements conséquents.

Ce sont des montants en dizaines de millions de dollars qui sont échangés à travers ces contrats d’études.

Haliburton, une multinationale habituée aux scandales de corruption, est contrainte de recourir aux services de la société Icat, dont l’un des associés s’appelle Mohamed Remam. Ce dernier est notoirement connu pour être un ami proche du P-dg de Sonatrach. En plus de s’afficher publiquement ensemble, Ould Kaddour et Remam voyagent souvent le même vol vers l’étranger.

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Que rôle pour Kennedy ?

Le business entre Halliburton et ICAT est basé sur la mise à disposition du personnel étranger pour la réalisation des études. On parle ici de rémunération qui dépasse le seuil de 3.000 dollars par personne et par jour.  A la fin des courses, ce sont des factures de plusieurs millions de dollars.

Pour l’instant, Remam se contente de la mise à disposition de quatre « experts » seulement. Mais, il compte tripler ce nombre à travers un contrat en cours d’élaboration.

Dans ce lot de gens chargés des études, figure un américain dénommé Lonnie Kennedy qui a déjà travaillé pour le compte de Remam lorsqu’il gérait son entreprise algérienne Serpro.

Affaibli par son âge avancé, Kennedy est quand même mis à disposition pour des rémunérations inimaginables.

Haliburton, machine de corruption

En 2009, Halliburton a accepté de payer une amende de 559 millions de dollars pour mettre fin à une enquête ouverte sur son ancienne unité KBR Inc. KBR était également, avant cette date, un partenaire de Sonatrach, dans la JV BRC dont le patron n’est autre que Abdelmoumene Ould Kaddour.

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L’enquête du gouvernement américain sur Halliburton concernait la construction et l’extension d’une installation de liquéfaction de gaz à Bonny Island, au Nigeria.

En juillet 2017, Halliburton a écopé d’une amende de 29,2 millions de dollars aux Etats-Unis pour clôturer une enquête sur des soupçons de corruption en Angola.

En 2008, Halliburton s’était vu signifier par Sonangol, une compagnie d’énergie publique angolaise, qu’il devait avoir des partenaires locaux pour remporter des contrats en Angola. Mais, au lieu de lancer un appel d’offres public transparent, le groupe américain avait chargé un de ses responsables, Jeannot Lorenz, de trouver des associés potentiels. Ce dernier a choisi une société fondée par un ancien employé local d’Halliburton, qui était par ailleurs « ami » avec un des dirigeants de Sonangol.

Halliburton a finalement remporté sept contrats lucratifs auprès de l’entreprise publique angolaise et octroyé en retour des affaires d’un montant total de 13 millions de dollars à la société de son ex-employé.

En Algérie, les autorités ont décidé en 2007 la liquidation de BRC, une Joint-Venture entre KBR (filiale de Halliburton) et Sonatrach. Cette décision avait été prise suite à une enquête de l’IGF et du ministère des finances sur la gestion de Ould Kaddour qui était à la tête de la JV.

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