Sonatrach: descente aux enfers de la production

Le quotidien El Watan a publié, dans son édition du dimanche 18 mars 2018, un long article sur les baisses de production de gaz et d’huile au niveau des gisements exploités par Sonatrach.

El Watan, qui cite les chiffres de la banque d’Algérie, a mis la main sur le massacre provoqué par Abdelmoumene Ould Kaddour. Cette gestion chaotique a provoqué une croissance négative soutenue pendant toute l’année écoulée.

Comme souligné à maintes reprises, ce massacre des gisements de Hassi Messaoud, R’hourde El Baguel, R’hourde Ennous, Ait El Kheir et Hassi  R’mel est provoqué surtout par la démobilisation du personnel de Sonatrach et l’incompétence avérée de son P-dg.

La situation des gisements de Hassi Messaoud est devenue dramatique depuis que les pressions des puits ont considérablement chuté, en passant, dans certains cas, en dessous des niveaux qui permettent une bonne récupération des hydrocarbures.

Un détournement chaotique

La chute des niveau des pressions est provoquée par le détournement, au quotidien, d’un volume de gaz destiné à la réinjection pour le maintien de la pression. Ce gaz est vital pour les champs de Hassi Messaoud, mais le magement de Sonatrach a décidé de le vendre à l’international et sacrifier certains secteurs de Hassi Messaoud.

Idem pour R’hourde El Baguel où des quantités de 6 millions de mètres cube étaient détournés quotidiennement vers les marchés internationaux du gaz. Ait El Kheir a également vu ses champs privés des opérations de cyclage et de maintien de pression.

A R’hourde Ennous, sur les 24 millions de mètres cube par jour, destinés au cyclage, conformément au plan de développement approuvé pour la préservation des gisements,  17 millions sont détournés vers le marché de la vente.

Cette situation induit systématiquement une perte immédiate de grandes quantités de condensat et de GPL, ainsi qu’un chute importante de la pression de gisement. Au final, il sera provoqué un épuisement accéléré et irréversible de tous ces gisements.

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A Hassi R’mel, la situation n’est pas plus reluisante, puisque le taux de cyclage est descendu à des niveaux alarmants -en dessous de 10%- alors que d’usage Sonatrach réinjecte entre 35 et 40%. Ici, il y a risque de voir le condensat perdu définitivement et les tous objectifs du boosting phase III seront revus à la baisse.

Les répercutions de ces opération de détournement du gaz destiné à la réinjection sont énormes et nuisibles à la stabilité des pression des champs du plus grand gisement algérien de gaz.

A Sonatrach, on essaye d’expliquer ce déclin de la production par les retards dans la mise ne production des gisements de Sud Ouest (Touat Gas, Groupement Timimoune et groupement Reggane Nord). Or, l’ensemble de ces projets ne va pas produire plus de 25 millions de mètres cube par jour. (Reggane Nord: 8 millions m3/j, Touat gas: 12,8 millions m3/jour et Timimoun: 4,6 millions m3/jour). En sommes, même si ces gisements commencent à produire immédiatement, il y aura toujours la moitié qui manque sur un déficit déclaré de 50 millions de mètres cube par jour.

En définitif, l’Algérie n’a pas besoin d’un programme de SH 2030, elle a surtout besoin de préserver ses richesses contre les massacres provoqués par l’incompétence et l’insouciance. Entre temps, les experts de services (Attar, Zouioueche, Preure, etc…) gardent le mutisme par peur de représailles…..

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