Smaïl Lalmas : le « hirak » est venu corriger une économie déviée

smail lalmas

Rencontré l’avant-dernier jour de la Foire internationale du Livre d’Alger, l’économiste Smail Lalmas s’est volontiers plié à notre jeu de questions-réponse.

L’économie est en berne depuis le début de l’année ; et il y a lieu de commencer à s’inquiéter…

L’économie algérienne n’est pas mise entre parenthèse depuis le début de l’année et l’avènement du hirak, mais depuis plusieurs années déjà. Le « hirak » est venu corriger une situation anormale qui a été créée par la bande au pouvoir. Maintenant, ce qu’il y a à faire, c’est d’accompagner le souhait populaire et de concrétiser ses vœux. C’est-à-dire aller vers une économie réelle et efficace qui mettrait les citoyens au cœur des soucis et des décisions.

Le président élu le 12 décembre aura du pain sur la planche…

Oui, mais il faut que les choses aillent dans le bon sens. Nous ne sommes pas contre le principe d’une élection, mais il faut cadrer chaque pas politique pour qu’il aille dans le sens du souhait populaire exprimé depuis le début de l’année. Il ne faut pas se débarrasser d’une « issaba » pour tomber  dans une autre « issaba ». Ceci dit, le président élu aura à se doter d’un Conseil économique efficient, c’est-à-dire d’une équipe d’experts qui lui permettra d’avoir un tableau de bord clair et sérieux. Il faut en finir avec les connivences et les complaisances…

Quels seront les priorités du futur président,  d’autant que le projet de loi sur les hydrocarbures soulève des vagues ?

Le gouvernement actuel n’a pas les prérogatives de prendre des décisions qui engagent le pays dans des choix définitifs pour les décennies à venir. Pourquoi tant d’empressement ? Il faut laisser au prochain président élu, s’il l’est dans des conditions favorables et légales, de prendre en toute liberté les décisions idoines. Il faut aussi diversifier notre économie par des actions et des décisions courageuses, et cesser de singer par des phrases creuses et vaines. Notre dépendance aux hydrocarbures est d’autant plus dangereuses que nous dépendons dès lors d’une ressource dont nous ne maîtrisons ni le coût ni les fluctuations du marché, et de ce fait toute notre économie devient imprévisible. Ce sont là, les véritables défis et les véritables enjeux de l’avenir…

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