Situation politique et économique: l’Algérie en otage

banque mondiale

Par Rabah kahouadji

La publication au début du mois de juin d’un rapport de la Banque mondiale consacré aux  perspectives économiques mondiales est tombé à point nommé au moment où l’Algérie traverse  une période  de crise des plus inédite de son histoire, toutes situations confondues, entre-autres, institutionnelle, politique, sociale, économique et j’en passe. Cependant, cette position inconfortable du pays, vue notamment sous l’angle de ses  impacts sur l’économie nationale, doit être prise sérieusement par les pouvoirs publics, sinon c’est tout le bateau Algérie qui risque de couler. L’analyse de l’institution financière internationale est somme toute logique au regard de tous les éléments techniques qui caractérisent  l’état des lieux présent de l’Algérie.

Ainsi, il faut garder à l’esprit  que  la conséquence du cycle de l’enchaînement des événements, ne peut que nuire aux efforts de sortie de crise. Quoiqu’il en soit, les analystes de la BM tablent sur  une prévision de croissance de l’ordre de 1,9% en 2019, en baisse de 0,4% par rapport à celle de janvier. Pas seulement, la BM plus pessimiste encore et annonce dans ce sillage des projections pour 2020 en décroissance de 0,1 point par rapport à celle anticipée dans l’édition de janvier.

LIRE AUSSI Tebboune répond aau parlement européen

Concernant celles de 2021, elles se situeront autour de 1,4% en baisse de 0,4 point comparé aux anticipations de janvier. A l’instar des autres pays exportateurs d’hydrocarbures ″prisonniers ″de la rente pétrolière, l’Algérie ne s’est pas remise de sa crise pétrolière de 2014.Aussi, on ne le dira jamais assez, l’un des défis majeurs  pour l’économie algérienne est de consolider sa résilience à la volatilité des prix des hydrocarbures, une fois la mise en œuvre d’un politique volontariste  dans le domaine de la diversification de ses sources de croissance.

La libéralisation hâtive du commerce extérieur, et le démantèlement tarifaire n’ont pas apporté la dynamique attendue à l’économie nationale. L’Algérie été réduite à un simple marché de consommation finale des biens et services importés de l’union européenne, des états unis d’Amérique, et de la chine. L’échec des mises à niveau répétitives des entreprises économiques, et leurs privatisations programmées d’avance ont allongé la durée de la crise économique en Algérie.

D’après les experts la mauvaise gouvernance, qui se résume à la centralisation de la décision économique, à l’ingérence du politique dans les choix purement techniques et économiques, et l’imposition de décisions importées non adaptées à la culture Algérienne, est la principale cause des séries d’échecs de notre relance économique. Le mouvement citoyen, que nous vivons en Algérie, est précurseur d’une meilleure communication entre gouvernants et gouvernés, à moyen et à long terme. Il va en résulter plus de transparence dans les prises de décisions économiques.

Les incohérences des réglementations seront graduellement corrigées. La création de la confiance pourrait améliorer le climat général des affaires dans notre pays. Tous ses facteurs réunis pourraient rehausser la notoriété de l’Algérie dans les milieux d’affaires internationaux. Les autorités financières et monétaires du pays doivent s’atteler à l’adaptation de nos institutions financières aux exigences et aux impératifs  des normes internationales .L’indépendance effective de la Banque d’Algérie, la diversification de l’offre financière, l’inclusion financière, et la participation des Banques et assurances à l’investissement directe avec les vrais entrepreneurs sont des préalables à l’entrée dans une économie de marché réelle.

 L’essor de l’économie nationale  en stand-by

 Vraisemblablement, l’économie nationale semble s’installer dans une  période de léthargie qui trouve sa satisfaction dans le jeu de la prolongation de la crise. En ces temps de conjoncture politique très ambiguë ou le citoyen lambda ne se retrouve plus, l’épreuve de force opposant d’une part  le Hirak, et d’autre part le système   s’éternise ce qui favorise la création d’une situation de confusion  et d’incertitude des plus pénalisante pour l’économie nationale.

Handicapé par le refus populaire, le gouvernement Bedoui, n’arrive pas d’un côté, à mener à bien sa tâche qui consiste à gérer les affaires courantes, alors que de l’autre, on assiste à des orientations et des décisions, qui n’expliquent toujours pas la volonté des pouvoirs publics à apaiser les esprits et ne semblent pas prendre en considération l’impact néfaste sur les pertes, notamment des milliers d’emplois, telle que celle qui a fixé les quotas pour l’importation des composants des véhicules montés localement, et l’ouverture des importations des véhicules de moins trois ans.

Le plus grave, demeure inévitablement, le cas des séquelles d’une gouvernance bancale qui a duré plus de 20 ans sous le règne de l’ex-président de la République Bouteflika, et qui a engendré un massacre économique, surtout durant de gouvernance qui a coïncidé avec sa maladie. Le champ s’était alors ouvert, à tous les opportunistes, et rapaces de grande envergure. L’oligarchie, les hommes d’affaires véreux, les barons de la spéculation et les magnats de l’import-export ont pris d’assaut les centres de décision et ont fini par imposer un nouvel ordre où l’argent et le pouvoir sont devenus indissociables.

En dépit, des premiers balbutiements d’une pseudo relance économique, qui se sont matérialisés par le lancement de grands chantiers de pôles industriels, tels que ceux de la réalisation du grand port de Cherchell, l’entrée en exploitation de l’unité sidérurgie de Ghar Djebilet, le complexe de confection de Sidi Khettab, et la réalisation de 50 zones industrielles, le doute persiste quant à la viabilité de ces projets de développement économique. La preuve est vérifiable aujourd’hui avec le fiasco de l’industrie automobile pour ne citer que ce secteur. Le seul exploit qui mérite d’être évoqué dans ce″ brouhaha″ des gouvernements qui ont accompagné les réalisations de l’ère Bouteflika, reste celui de la production locale du ciment.

La situation socio- politique actuelle, et l’absence cruelle de réformes profondes, qui auraient scellé définitivement, les chances de l’Algérie, de prétendre à un renouveau économique, basé sur une vision à long terme, lui permettant de rentrer de plain-pied  dans l’ordre économique mondial, se sont hélas, évaporées. Le manque d’investissement, le recul flagrant des IDE, et la détérioration du climat des affaires, ont fini par avoir raison des multiples tentatives de sauvetage de l’économie nationale.

Finalement, il n’est jamais trop tard pour redresser la barre  et dépasser cette situation de blocage, et permettre enfin, au peuple algérien qui a montré à plus d’un titre sa volonté à décider seul de son destin, il n’en demeure pas moins, qu’il est plus qu’urgent de recadrer les voies de développement et d’émergence de notre économie.

Il s’avère également  que l’équation à résoudre présentement réside dans le fait, que le sort de l’économie nationale est lié étroitement à la volonté des futurs responsables  qui auront la délicate mission de remettre sur les bonnes rails l’économie nationale.

LIRE AUSSI Aziz Belaid: un tabac à M’sila

 

1 Rétrolien / Ping

  1. Safex: salon des bijoux, machines et accessoires turcs et italiens - e-Bourse

Les commentaires sont fermés.