Sidérurgie: le grand boom d’une industrie dédiée aux étrangers

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Les importations algériennes des billettes d’acier devront connaître des changements spectaculaires au cours des deux prochaines années, principalement en raison de la croissance rapide de l’industrie sidérurgique locale du pays.
La capacité de production d’acier du pays devrait augmenter d’environ 7 millions de tonnes d’ici à la fin de 2020, ce qui entraînera une réduction significative, voire une élimination totale, des importations de billettes.

Les fournisseurs européens de l’acier semi-fini seront les plus touchés par les changements, car ils fournissent actuellement la plus gros des volumes de billettes importées par l’Algérie.

En 2017, l’Algérie est devenue l’un des plus gros importateurs de Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Les importations de billettes en acier ont quasiment quintuplé en 2017, à 1,8 million de tonnes, contre seulement 372 432 tonnes en 2016, selon le Bureau international des statistiques de l’acier (ISSB). Sur ce total, environ 1,65 million de tonnes provenaient de Russie et d’Ukraine, les autres volumes provenant principalement de Turquie, d’Iran et d’Europe.

Les usines algériennes peuvent également suivre l’exemple de la Turquie et passer partiellement de la production de leurs propres billettes à l’importation de billettes, en fonction du prix des matières premières.

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Parallèlement, les producteurs algériens tentent de réduire au maximum leurs coûts de production futurs en installant leurs propres usines de granulation et leurs installations de fer à réduction directe.

Croissance de la capacité

L’un des principaux projets sidérurgiques en Algérie est l’expansion des capacités de production sidérurgique à Tosyali (Oran), de 1,25 million de tonnes à 3,55 millions de tonnes, qui a été finalisée le printemps dernier.

La filiale de la société turque Tosyali Holding a également augmenté sa capacité de laminage de l’acier long, de 900 000 tonnes en 2013 à environ 3 millions de tonnes en 2017, produisant principalement des barres d’armature et du fil machine.

Tosyali Algérie espère également mettre en service une usine DRI de 2,5 millions de tonnes par an et une usine de production de granulés de 4 millions de tonnes par an.
Une autre usine de métallurgie, avec une capacité de production de 2 millions de tonnes par an d’acier brut, devrait entrer en service au premier trimestre de 2019. Elle est le fruite du partenariat opéré dans la société algérienne Qatari Steel (AQS), une joint-venture entre Sider (51%) et Qatar Mining International (49%).

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Parallèlement à la fonderie, le producteur envisage de construire une usine DRI de 2,5 millions de tonnes par an, une usine de barres d’armature de 750 000 tonnes et une usine de production de fil machine de 500 000 tonnes.

Actuellement, AQS exploite une usine de fabrication de barres d’armature de 750 000 tonnes, installée en octobre 2017.
De plus, la production d’acier devrait reprendre au complexe d’acier El Hadjar, basé à Annaba, d’ici 2020.

En avril, le gouvernement a conclu un accord avec la société sidérurgique des Emirats arabes unis, Emarat Dzayer pour la gestion commune du complexe d’El Hadjar .

Le développement du site d’El-Hadjar comprendra l’installation d’une installation de production de fer à réduction directe de 2,50 millions de tonnes par an (DRI), dont l’échéance est prévue pour avril 2021.

Emarat Dzayer espère également installer un four à arc électrique (EAF) de 1,50 million de tonnes afin de fabriquer des produits en acier semi-finis tels que des billettes et des blooms. La date prévue pour l’ achèvement est Avril 2020.

La société prévoit également d’acquérir un laminoir d’une capacité de 600 000 tonnes par ans pour produire des profils lourds et moyens 80-320mm. Ce projet sera finalisé en Avril 2020.

En janvier 2016, le gouvernement a autorisé un quota de 2 millions de tonnes pour les importations de barres d’armature et en juin de la même année, il a fixé un plafond de 300 000 tonnes pour le fil machine .

Les restrictions ont porté les volumes d’importations d’acier longs à 2,60 millions de tonnes en 2016, contre 3,34 millions de tonnes en 2015.

En 2017, la décision concernant la taille des quotas de barres d’armature n’a été prise qu’au cours du mois de juillet, date à laquelle il a été délivré les licences de barres d’armature pour le reste de l’année, pour un volume total de 534 100 tonnes ont été distribuées à 113 importateurs.

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Pour le fil machine, aucune licence d’importation n’a été délivrée cette année-là.

Les licences d’importation supplémentaires de barres d’armature s’élevant à environ 400 000 tonnes ont été délivrées à la fin du mois de septembre.

Puis, en octobre 2017, une nouvelle réglementation a été introduite par la Banque d’Algérie, imposant aux importateurs de produits finis destinés à la revente de fournir une garantie financière de 120% de la valeur des produits importés. Cette opération est réalisée obligatoirement au moins 30 jours avant l’expédition des marchandises.

Les importations de barres d’armature en Algérie ont totalisé 865 743 tonnes en 2017. Les importations de fil machine ne représentaient que 90 401 tonnes. Les principaux fournisseurs étaient l’Italie, l’Espagne et le Portugal.

Les exportations européennes de barres d’armature vers l’Algérie ont totalisé 96 386 tonnes entre janvier et avril 2018 et les exportations de fil machine ont atteint 29 000 tonnes, selon l’association européenne de l’acier Eurofer.
Mais ce qu’il faut retenir enfin est le fait que l’usine d’Oran est détenue à 100% par l’opérateur truc alors que l’Algérie ne gère que la moitié des capitaux d’El Hadjar et de Bellara.

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