Services de forage: quand Sonatrach veut tuer la concurrence

La Sonatrach a lancé récemment un appel d’offres qui a jeté l’émoi au sein de la concurrence entre les compagnies de services. Par un procédé de mise à l’écart automatique d’une partie des prestataires, Sonatrach verse dans des procédés qui nous rappellent les pratiques de Chakib Khelil dans la première décennie du siècle.

Le projet en question dont le budget dépasse un milliard de dollars, concerne pour une durée de trois ans, les prestations de service de fluides de forage, de Workover et de gestion des rejets. IL concerne tous les champs de développement et bassins d’exploration en Algérie. Autrement dit, ce sont les services qui seront associés à toutes les opérations de forage et de workover. Le plan de charge global comprend les prestations de service pour environ 844 puits forage (93 appareils de forage) et 813 opérations de workover (40 appareils de workover).

Sur le marché algérien, il est de notoriété publique la domination quasi totale de trois principaux prestataires: l’italien AVA, MI-Algéria (JV entre la Sonatrach et Schlumberger) et BASP (JV entre la filiale de Sonatrach Ensp et l’américain Haliburton).

La division Forage de la Sonatrach a décidé de scinder ce programme sur 10 lots. Et c’est là où réside le diable.

Ces lots ne sont pas répartis équitablement. Il existe deux lots importants et le reste est destiné pour les petites compagnie de services.

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Le premier lot comprend la gestion de 266 puits avec 29 appareils de forage et 191 opérations de workover pour l’accompagnement de quatre appareils.

Le second lot regroupe 225 lots forés avec 24 appareils de forage et quelque 179 opérations dédiées à quatre appareils.

Le troisième lot est très dégressif. Il opère sur 80 puits seulement avec l’accompagnement de 10 appareils de forage et tout juste 25 opérations destinées à un seul appareil de workover.

L’une des trois grandes sociétés opérant en Algérie devra se contenter du troisième et humiliant lot.

On ne retient pas les leçons

Du temps de Abdelhamid Zeguine, la Sonatrach a fait l’objet de critiques virulentes en raison de l’apparition soudaine d’une société égyptienne dénommée EMEC. Celle-ci avait décroché, dans cette activité, un contrat situé bien au-delà de ses capacités.

Avec l’arrivée de Abdelmoumene Ould Kaddour, il n’y a plus de visibilité à la Sonatrach. Il associe le mensonge à l’hypocrisie pour tenter de convaincre les gens de ses capacités de gestion alors que l’homme n’est pas en mesure de contenir la plus petite des crises comme celle des fluides de forage qui va certainement avoir des retombées sur les relations de la Sonatrach avec ses sous-traitants et ses JV.

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