Rentrée sociale, dialogue politique, relance économique: les cartes changent de main

apn

A quelques jours de la rentrée sociale, elle-même annonciatrice de la rentrée politique et l’indispensable rentrée économique, le jeu semble n’être plus celui de la rentrée 2018 : les cartes ont subitement changé de main.

Avec la mise sous mandat de dépôt des figures qui ont régné durant les vingt dernières années, c’est une page de la vie politique algérienne qui a été tournée. Désormais, c’est avec de nouveaux personnels politiques que les choses vont se jouer. Les changements en cours ont fait émerger de nouvelles « têtes d’affiche » tout en éliminant les anciennes, surtout celles éclaboussées par les scandales judiciaires. Une nouvelle société politique, plus jeune, plus entreprenante, plus proche des classes populaires, met en place ses représentants.

Les quatre partis de la coalition semblent ne plus demander que le droit d’exister : fini l’hégémonie, fini le règne sans partage et l’arrogance de leurs chefs. A eux seuls, ces quatre partis totalisent 294 sièges à l’Apn, 161 pour le FLN, 100 pour le RND, 20 pour Taj et 13 pour le MPA. Ils avaient fait main basse sur tous les institutions de l’Etat, l’Assemblée nationale, le Sénat, les Apw, les Apc et sur tout ce qui avait trait au quotidien des Algériens. Non seulement, on les voyait partout, mais aussi on les voyait de partout. Désormais, les choses vont se reconstruire sinon sans eux, du moins loin d’eux.

Donc le paysage se dégage avec de nouvelles têtes, de nouveaux venus, un nouveau langage, même la terminologie est en train de changer de dictionnaire, subrepticement, sans qu’on y fasse une attention particulière : c’est la leçon des choses qui suit distille ses constituants invisibles dans une société en mouvement.

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La configuration de la carte politique de 2018 a définitivement volé en éclats. Le hirak a jugé sévèrement les politiciens ; l’Instance du dialogue, quand elle a insisté sur le fait de ne pas pouvoir donner la parole aux partis qui ont fait le pouvoir depuis une vingtaine d’années, c’est parce que ces partis avaient trop monopolisé la parole, avec les conséquences que l’on sait. Ils sont aujourd’hui cramés, à leur propre préjudice.

C’est une rentrée éminemment sociale qui se fait, une rentrée new look, où le rôle sera tenu par le hirak et ce qu’il va générer comme nouveaux leaders sur la place publique. Enseignants, étudiants, avocats, syndicalistes, médecins, universitaires et délégués des wilayas imposent déjà un tempo à une classe politique qui sera soit disqualifiée, ce qui est improbable, soit confinée dans des rôles secondaires.  Les lambeaux de partis d’une classe politique mise en déroute mettront très certainement beaucoup de temps à se recomposer.

Mais autant la société civile que la classe sociale, les nouveaux acteurs auront gagné de faire en sorte d’arriver très vite à concevoir une plate-forme, qu’ils devront utiliser comme rampe de lancement pour permettre aux institutions de redémarrer la machine économique. Tout est là, car il y a urgence ; pis, il y a danger. L’économie nationale exige maintenant de la sueur et de la transpiration, et non plus des paroles et des libelles.

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