Projet phosphate: le jeu trouble d’AEC

Ouyahia

Le projet intégré d’exploitation du phosphate à l’est du pays, continue de dérouler la bobine des scandales qui l’entourent.

Après la défection de l’acteur majeur du projet, le chinois Wengfu, voilà qu’une série de faits scandaleux apparaît dans le processus de l’attribution du projet de la station de dessalement d’eau de mer qui doit accompagner le projet intégré de transformation des phosphates en phosphore et d’engrais phosphatés.

Dessalement d’eau de mer, activité maudite

Au projet du phosphate dont les failles ont été révélées, il y a quelques jours, par Maghreb Emergent, il fallait coller, au niveau du site de Guerbes (wilaya de Skikda), une station de dessalement d’eau de mer de 70.000 mètres cube par jour à travers un process d’osmose inversé. Cette usine est sensée produire 22.000 mètres cubes d’eau déminéralisée pour le compte du projet phosphate et 48.000 mètres cube par jour d’eau potable destinée à l’alimentation des localités avoisinante.

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Dès le départ, le processus de passation de marché pour ce projet sent une odeur nauséabonde. Au lieu de lancer un appel d’offres, le maitre d’ouvrage, Algerian Energy Company (AEC) préfère se concentrer sur une consultation restreinte. Autrement dit, AEC devra choisir elle-même une short-list de sociétés d’engineering pour la réalisation de ce projet.

Jamais AEC n’a eu recours à la consultation restreinte pour la réalisation de station de dessalement d’eau de mer ou de centrale électrique. Cette entreprise qui a été fondée par Sonatrach et Sonelgaz du temps de Chakib Khelil a toujours procédé par appel d’offres pour le choix des prestataires.

Le 08 octobre dernier, AEC publie l’avis de consultation et n’accorde que 15 jours de délai pour le retrait du cahier de charges et 60 jours pour le dépôt des offres techniques et financières. Le cahier des charges comporte une clause relative à la caution de soumission qui est de l’ordre de 500.000 dollars US.

En date du 5 décembre, , AEC annonce que la date limite de dépôt des offres, fixée initialement au 6 décembre 2018, est prorogée au 14 février 2019.

Une semaine plus tard, soit le 13 décembre dernier, AEC annonce un nouveau report de la date des remise des offre et renvois les soumissionnaires vers le 31 janvier.

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Le 3 janvier dernier, AEC publie une annonce qui n’a aucune justification, à part les pressions subies pour intégrer de nouveaux prestataires dans la short-list de la consultation restreinte. En effet, AEC a décidé « d’élargir la consultation restreinte aux entreprises locales pré-qualifiées dans les secteurs de l’Énergie et des Ressources en Eau et ayant les références et les capacités pour réaliser ce type de projet ». Autrement dit, une société semblable à l’ETRHB de Ali Haddad.

Mais le coup du spectacle ne va se produire qu’en date du 31 janvier, soit le jour prévu pour  le dépôt des plis des offres. Ce jour-même AEC publie une annonce dans laquelle elle déclare avoir élargi la consultation à la société chinoise CITIC…

Un soumissionnaire ne peut en aucun cas retirer le cahier des charges et préparer le dossier technique et financier en une seule journée. A moins, que CITIC s’est préparée bien avant pour cette aventure.

En tout état de cause, AEC va prolonger encore le délai de dépôt des offres et ajoute, le 14 février en cours, un addendum au cahier des charges.

Sur fond de corruption

Déjà, avec la nomination de Hocine Rizou, l’ancien P-dg de Naftal, à la tête d’AEC, l’image de cette entreprise est ternie par le scandale sexuel de son patron.

Objet d’une enquête judiciaire par rapport à la réalisation de la centrale électrique de Hadjret Ennous, AEC continue de s’attirer les foudres.

En incluant CITIC en dernière minute, AEC démontre que la société chinoise est encore puissante en Algérie et peut changer le cours d’un processus d’attribution de marché par tous les moyens.

Après le scandale de l’autoroute Est-Ouest, dans laquelle elle est partenaire avec CRCC, le nom de CITIC revient trop souvent ces derniers temps, dans le cadre du projet phosphate qui n’a aucune chance d’être concrétisé.

Parrainé par Ouyahia, le projet phosphate tourne dans le vide depuis que l’entreprise chinoise Wengfu, détentrice du process de transformation du minerai, a décidé de se retirer du consortium. Malgré cette défection, Ouyahia et Ould Kaddour insistent pour aller droit dans le mur.

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