Les profits exceptionnels de l’Expression

Pour ce journal qui tire 20000 exemplaires/jour et bouillonnent à plus de 50% en moyenne, ce qu’il dégage annuellement comme bénéfices est exceptionnel dans le contexte médiatique algérien.

En effet, le journal francophone L’Expression, édité par la Sarl Fattani Communication et Presse appartenant à son directeur de publication Ahmed Fattani, puisque c’est de lui qu’il s’agit, réalise un chiffre d’affaires aussi important que son ancien journal Liberté, dans lequel il est toujours associé avec le patron de Cevital, Issad Rebrab. Et ce, en dégageant plus de bénéfices que Liberté qui tire à plus du double avec un taux d’invendus moindre.

Ainsi, L’Expression, l’un des supports les moins porteurs du paysage médiatique pour ne pas dire petit tirage sans importance sur la scène politico-médiatique, réalise depuis 2010 un chiffre d’affaires oscillant entre 20 et 30 milliards de centimes de dinar et dégageant, bon an mal an, des bénéfices allant de 4 à 12 milliards de centimes. Cela fait de lui l’entreprise de presse la plus rentable de la place avec un taux de profitabilité variant entre 30 et 45 % et une rentabilité financière dépassant parfois les 60%.


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En détail, L’Expression a réalisé un chiffre d’affaires de 19,4 milliards de centimes en 2010, 23,6 milliards de centimes en 2011, 24,7 milliards de centimes en 2012, 26,5 milliards de centimes en 2013, 30 milliards de centimes en 2014, 28,2 milliards de centimes en 2015 et 26,7 milliards de centimes en 2016. Ce volume d’affaires a valu au journal des bénéficies de 4,2 milliards de centimes en 2010, 7,5 milliards de centimes en 2011, 11,3 milliards de centimes en 2012, 11,2 milliards de centimes en 2013, 12 milliards de centimes en 2014, 10 milliards de centimes en 2015 et 9 milliards de centimes en 2016.

En tout cas, le journal qui ne compte presque aucun grand annonceur privé parmi ses clients, est le support qui bénéficie le plus du portefeuille publicitaire de l’opérateur public géré par l’ANEP : 120 milliards de centimes durant la période allant de 2009 à 2016 selon Hadda Hazem qui, dans sa réplique au ministre de la Communication Djamel Kaouane dans la foulée de sa grève de la faim en novembre dernier au sujet des 76 milliards de centimes de chiffre d’affaires que son journal El Fadjr avait réalisé avec l’ANEP  (lire l’article : El Fadjr : Le tonneau des danaïdes), a dénoncé une iniquité dans la distribution de cette publicité publique, conçue pour être un mécanisme d’aide de l’Etat au journaux.


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Mais, ce qu’il faut retenir de cette polémique est que El Fadjr comme l’Expression n’ont pas beaucoup de charges. L’Expression paie chaque année entre 6,8 et 7,2 milliards de centimes aux imprimeries, entre 3 et 5 milliards de centimes de salaires, entre 2,5 et 3,7 milliards au fisc et quelques dizaines de millions de centimes à la maison de la presse de Kouba où il loue ses locaux comme la plupart des autres journaux, presque au dinar symbolique, dans une autre forme d’aide de l’Etat à la presse.

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