Prix du pétrole: Sonatrach commence à respirer

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Le Brent (contrats à terme internationaux de référence) et le WTI (contrat pétrolier de référence aux États-Unis) ont atteint plus de 30 $ cette semaine.

Le pétrole algérien, Sahara Blend a retrouvé un brin de santé avec des échanges à 33 dollars, gagnant ainsi une forte parité par rapport à ses performances du mois d’avril dernier. les prévisions de Sonatrach pourront laisser entrevoir une perspective quelque peu positive pour le mois de juin prochain.

Jeudi, la livraison de pétrole brut Brent pour livraison en juillet était légèrement supérieure à 36 $ US (en hausse de 40% en un mois), et le prix du WTI par baril était proche de 34 $ US (en hausse de 70%). Neil Atkinson, chef du département du marché pétrolier de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a déclaré à la mi-mai qu’après « avril noir », « les pires moments pourraient passer », en commentant le rapport mensuel de l’agence.

Le rebond est basé sur des arguments solides. La réduction spectaculaire de la production annoncée par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses partenaires OPEP + (près de 10 millions de barils par jour) est entrée en vigueur le 1er mai. Kpler a déclaré qu’ils semblent être globalement respectés et que son volume d’exportation quotidien a chuté de 6,3 millions de barils. Selon le trafic suivi par le consultant, le trafic est passé d’un pic de près de 34 millions de barils par jour mi-avril à 27 millions barils mi-mai. L’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis ont annoncé de nouvelles baisses de production au début du mois de mai, dépassant ainsi l’engagement de l’OPEP +. Mais il y a d’autres raisons à la baisse globale de la production, qui n’est pas intentionnelle.

Le premier est la violente tempête subie par les producteurs américains de pétrole de schiste. Aux prix actuels, leurs financiers ignorent leur non rentabilité, et cette méthode d’exploitation est très coûteuse: au début de la crise, ils ont réduit leur production à un rythme alarmant. L’Agence internationale de l’énergie estime que d’ici la fin de 2020, la production de pétrole américaine chutera de 2,8 millions de barils par jour. Les producteurs d’huile de schiste ont réduit la production journalière quotidienne de 194 000 barils en avril par rapport à mars, et la baisse devrait établir un nouveau record en mai de -197 000 barils par jour.

Baisse des niveaux des stocks

Malgré les différents poids, le troisième facteur potentiel est la pollution Covid-19, qui sévit dans certaines zones. Au Kazakhstan, après la contamination de 935 employés (confirmé le 20 mai), la production de l’immense champ pétrolier de Tenguiz pourrait être complètement arrêtée, ce qui représente un tiers du pétrole du pays. Chevron (représentant 50% du consortium TengizChevrOil) a évacué environ 17 000 travailleurs dans les champs pétroliers liés à ExxonMobil, Lukoil et au Kazakhstan Des cas de Covid-19 ont également été signalés sur la plateforme BP dans le golfe du Mexique, ExxonMobil en Guinée équatoriale et Equinor en mer du Nord.

Cette baisse de l’extraction se vérifie à l’aune de celle des stocks, dont la saturation imminente a été l’un des facteurs importants de l’effondrement des prix en avril. C’est précisément le manque de possibilités de stockage – ou son prix devenu trop élevé – qui a poussé certains producteurs et détenteurs de contrats à terme, en avril, à payer pour se débarrasser de barils dont ils ne savaient que faire, poussant le cours du WTI à – 42 dollars.

A la surprise générale, les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis ont enfin reculé, pour la deuxième semaine de suite, selon un rapport diffusé le 20 mai par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Les réserves de pétrole brut s’établissaient à 526,5 millions de barils au 15 mai, soit une chute de 5 millions de barils. Les spécialistes interrogés par l’agence Bloomberg tablaient sur une hausse médiane de 2,15 millions de barils.

Lorsque l’Opep et ses partenaires avaient, en 2016, fini par conclure un accord de baisse de la production après un épisode de guerre des parts de marché, c’était notamment pour ramener les stocks à des niveaux raisonnables, car le remplissage de ces derniers empêchait toute hausse durable des cours. On a assisté au même mécanisme cette année.

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