Président Tebboune: le contours de l’Algérie nouvelle

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Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a mis l’accent sur l’importance de la société civile appelée à « reprendre les chose en main » pour insuffler le dynamisme au sein de la société.

Lors d’une entrevue de presse avec nombre de médias nationaux diffusée vendredi, le Président Tebboune a relevé la nécessité pour « la société civile de reprendre son droit dans la gestion », mettant en avant son engagement dans ce sens depuis son élection à la tête du pays le 12 décembre 2019.

« Je me suis porté candidat à la présidence du pays au nom de la société civile et des jeunes. Je ne me suis pas porté candidat à ce poste ni par les hommes d’affaires ou autres ni au nom du parti auquel j’appartiens », a rappelé le Président Tebboune.

La société civile se doit de « reprendre les choses en main », a affirmé le président de la République, relevant qu’il était pour « la création d’un grand nombre d’associations civiles qui oeuvreront dans l’intérêt général et bénéficieront de subventions ».

Ces associations couvriront plusieurs domaines tels que la santé, les étudiants et les porteurs de projets, a précisé M. Tebboune invitant tous ces catégories à « s’organiser » dans le cadre de ces associations.

Insuffler le dynamisme dans une société passe par la société civile, a-t-il estimé, considérant que « la société civile est une chose et la partisanerie est tout autre ».

Notre mission et notre engagement, la protection du peuple avant tout

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que « notre mission et notre engagement sont avant tout la protection du peuple » contre la propagation du Covid-19.

« Si certains pays préfèrent l’économie à la vie du citoyen, nous faisons nous, contrairement à eux, prévaloir la vie du citoyen sur l’économie, car la vie de l’Algérien est au-dessus de toutes les considérations », a assuré le président de la République lors d’une entrevue avec des responsables de médias nationaux diffusée vendredi par la Télévision et la Radio nationales.

Soulignant une corrélation entre le non-respect du confinement et des mesures de prévention du Coronavirus telle que la distanciation sociale et le recul dans le résultat positif en matière de lutte contre cette épidémie, il a affirmé que « ces choses-là seront traitées incessamment ».

Il a expliqué que « le Gouvernement a répondu favorablement aux sollicitations de l’Union générale des commerçants et des artisans algériens (UGCAA) pour tenter de rattraper ce qu’il y a lieu de faire dans la vie économique, or si cela doit mettre en péril la vie des citoyens nous n’hésiterons pas à fermer à nouveau les commerces et reviendrons à plus de rigueur dans l’application du confinement ».

Il a ajouté, à ce propos, « nous avions atteint presque la fin (dans la lutte contre le Coronavirus), soulignant que « dans la wilaya de Blida, par exemple, on est passé d’un à deux cas contaminés il y’a trois jours à zéro cas hier et aujourd’hui et pareil pour Alger ». « Or nous enregistrons un recul dans cette tendance positive », a-t-il déploré

« Le Gouvernement a tenté d’établir un équilibre entre le confinement et la protection de ce qui peut être protégé de l’économie nationale à travers la réouverture de certaines activités mais le problème n’est pas tant l’allègement ou la réouverture que le comportement des citoyens », a estimé M. Tebboune pour qui « c’est là quelque chose d’incompréhensible ».

Dans ce contexte, le Président de la République a appelé le citoyen à être compréhensif quant à cette étape que traverse l’Algérie à l’instar d’autres pays à travers le monde », rappelant qu’il existe des pays « où les décès sont comptés par dizaines de milliers ».

« Le plan adopté par l’Algérie auquel elle a associé ses professeurs en médecine et ses spécialistes en la matière a donné des résultats positifs », a-t-il relevé.

Cependant, poursuit le Président Tebboune, « nous sommes attristés par le décès de chaque Algérien tant pour les médecins exposés au danger que pour nos concitoyens ».

Concernant l’évaluation de la situation sanitaire dans le pays suite à la propagation de la pandémie, M. Tebboune a mis en avant l’amélioration enregistrée à travers le recul significatif des décès et le nombre de plus en plus important des patients guéris, affirmant que l’Algérie a atteint « un équilibre acceptable face à ce virus ».

« L’Algérie s’emploie à l’image de tous les pays du monde, que ce soit en Europe, en Chine ou aux USA, à la lutte contre le virus », a souligné le Président de la République qui a soutenu, dans ce sillage, que « l’Algérie n’imite aucun Etat et ses décisions politiques et administratives s’appuient sur les avis de ses savants et experts ».

Par ailleurs, M. Tebboune, a rappelé que l’Algérie avait était pionnière dans l’adoption de plusieurs mesures préventives face au nouveau Coronavirus, notamment la fermeture des stades, des écoles, des lycées et des universités en sus de l’évacuation des ressortissants algériens de l’étranger.

La liberté d’expression est garantie mais dans les limites du respect de la loi

 Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a assuré vendredi que la liberté d’expression était garantie en Algérie mais dans les limites du respect de la loi et loin de tout alarmisme, affirmant qu’il s’appuie dans son rapport avec la presse nationale sur « le dialogue continu et la conviction ».

Dans son rapport avec la presse, le président dit adopter « le dialogue continu et tenter de convaincre et non réprimer », précisant qu’il existe « des choses inadmissibles aussi bien pour nous que pour les journalistes qui dénoncent, eux aussi, cette confusion entre le concept de la liberté et l’anarchie ».

« Tandis que certains journalistes commettent des erreurs par manque de formation ou d’expérience et œuvrent à les rectifier, d’autres en commettent délibérément en s’appuyant sur des parties étrangères », a-t il soutenu.

Evoquant le « buzz » provoqué récemment en raison de la prétendue atteinte à la liberté d’expression de 3 ou 4 journalistes activant dans des médias financés par l’étranger, M. Tebboune a déclaré qu’il « ne dévierait pas du principe de la souveraineté nationale et de la Déclaration du 1er Novembre quelles qu’en soient les circonstances ».

Le Président Tebboune a exprimé, sur ce point, son étonnement quant aux pratiques de certains qui recourent au financement étranger pour « saboter les entreprises nationales, et mettre ensuite ce qui leur arrive dans la case de l’atteinte à la liberté d’expression ».

Evoquant d’autres pays dits démocratiques, le président de la République a avancé « ces pays n’acceptent pas ce genre ce choses, pourquoi je devrai les accepter moi sous prétexte que ces journalistes jouissent d’une protection étrangère. Ils n’ont qu’à aller voir ces parties pour les protéger ».

« La souveraineté avant toute chose. Elle ne fera jamais l’objet de marchandage ou d’achat des consciences », a lancé M. Tebboune. Se disant étonné d’un journaliste « ayant été interrogé au sujet d’une forte déclaration sur l’Etat algérien et qui se dirige juste après vers les ambassades d’autres pays afin de rendre compte », le Président Tebboune a estimé que cela était « identique au travail d’un espion ».Citant, dans ce sens, l’organisation « Reporters sans frontières », M.

Tebboune a déclaré son secrétaire général se prétendait démocrate alors que son organisation « ne bouge le doigt que lorsqu’il s’agit de nous », évoquant l’histoire coloniale de ses ancêtres. « Il a fini par devenir président d’une municipalité représentant d’un parti extrémiste », a-t-il poursuivi.

Se félicitant, par ailleurs, des compétences journalistiques dont recèle l’Algérie, le président de la République a rappelé que la gestion du secteur de la communication avait été confiée à M. Amar Belhimer, « un des grands journalistes du pays ».

Il a réitéré, par là même, son engagement à soutenir la liberté d’expression « sans laquelle on ne saurait avancer davantage », soulignant sa détermination à « lutter avec acharnement contre l’insulte, l’injure, la diffamation et le faible niveau qui a parfois provoqué des problèmes diplomatiques à travers les programmes télévisés ».

Le Président Tebboune n’a pas manqué de passer en revue les différentes facilitations dont jouissent près de 126 quotidiens dont la majorité « font la publication et l’impression aux frais de l’Etat, outre la publicité dont ils jouissent, alors qu’ils ne payent aucun droit d’abonnement à Algérie presse service (APS), ni impôts et malgré cela, nous ne les avons pas fermés », a-t-il dit. »La démocratie ne saurait être bâtie sans un Etat fort qui recours à la loi, seule moyen pour trancher et c’est là notre ambition », a-t-il conclu.

De fortes et de nouvelles institutions de l’Etat à la fin de l’année

Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a affirmé que l’Algérie aura, à la fin de l’année, de « fortes et de nouvelles » institutions de l’Etat, indiquant qu’il entamera, en début de semaine prochaine, la distribution de la mouture de la révision de la Constitution pour débat et enrichissement.

Le Président Tebboune a, d’ailleurs, mis en avant l’impératif d’opérer un changement politique, soutenant, dans ce cadre: « je crois que nous devons rattraper le temps en ce qui concerne le changement politique pour ne pas laisser de place au vide ».

Le Président de la République a annoncé, à cet égard, avoir donné des instructions pour entamer l’impression de la mouture de la révision de la Constitution et l’envoyer aux acteurs politiques, la société civile et aux médias pour débat et enrichissement et ce à partir de la semaine prochaine.

Il s’agit, selon le Président, d’une démarche pour « éviter toute perte de temps même en cas de prolongement du confinement imposé actuellement du fait de la propagation du Covid-19 ».

A ce propos, M. Tebboune a relevé « l’avancement des travaux dans le processus de révision du Code électoral dont une commission spéciale veille à son élaboration, pour que l’Algérie voit au final ses institutions plus solides d’ici la fin de l’année ». Un processus que le président s’est engagé à mener à terme.

Engagement à prendre en charge toutes les préoccupations sociales

Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune s’est engagé à prendre en charge toutes les préoccupations sociales après la crise sanitaire, et ce « loin de la politique d’achat de consciences ».

En réponse à une question sur les facteurs d’apaisement social après la crise du Coronavirus, lors d’une entrevue avec des responsables de médias nationaux diffusée vendredi par la Télévision et la Radio nationales, le Président Tebboune a dit être contre l’achat de consciences.

« Néanmoins, je suis favorable à la prise en charge des préoccupations sociales », a-t-il indiqué, s’engageant à résoudre les problèmes de toutes les catégories, à l’instar du personnel du secteur de l’éducation, et ce selon un programme déterminé », citant la nécessité de tenir à l’avenir des tripartites pour examiner tous les dossiers.

Le Président Tebboune a mis en garde contre « toute tentative d’infiltration venue d’outre mer concernant certaines revendications », soulignant que « la loi est au-dessus de tous ».

Evoquant la politique de subvention, le Président de la République a annoncé sa « restructuration » pour que le soutien aille à ceux qui le méritent.

Il a également réitéré « la préservation du caractère social de l’Etat étant partie intégrante des principes de la Déclaration du 1er novembre », s’engageant à la poursuite et à l’amélioration de « la prise en charge des catégories vulnérables ».

A ce propos, M. Tebboune a promis le parachèvement des projets de logement qui « ne s’arrêteront pas, en ce sens que leur finalité dépasse la simple construction de logements ou le relogement des citoyens mais consacre plutôt le refus par l’Etat de toute discrimination entre les citoyens », ajoutant que les projets de logement s’inscrivent dans le cadre du « développement humain ».

L’Etat poursuivra la construction de logements auxquels « nous avons consacrés des assiettes foncières », a-t-il rassuré, affirmant que le ministère de l’Habitat va relancer tous ces projets.

« Le coût de réalisation de ces projets n’est pas aussi important que le pensent certains ».

l’Algérie est prête à poursuivre son appui à la Libye

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à poursuivre son appui au peuple libyen, déplorant, par la même, « les graves dérives » en cours dans ce pays, notamment en ce mois sacré.

Lors d’une entrevue avec les responsables de médias nationaux, diffusée vendredi par la télévision et la radio nationales, le Président de la République a affirmé : « nous sommes en faveur de la légitimité populaire en Libye et nous souhaitons que la solution soit libo-libyenne ».

Evoquant la poursuite des combats en Libye, notamment en ce mois sacré de Ramadhan, le Président Tebboune a déploré le fait que « nos frères en Libye s’entretuent et l’effusion du sang libyen continue sans que personne ne se soucie de la pandémie du Coronavirus ( ), s’interrogeant « pourquoi tout cela, pour le pouvoir? et où est l’Etat libyen ? ».

« La Libye est l’un des plus riches pays de l’Afrique du nord et du continent africain », a-t-il rappelé, ajoutant que « nous connaissons, en tant qu’Algériens, l’amertume d’une telle situation, nous avons vécu l’effusion du sang algérien et nous ne souhaitons pas cela à nos frères libyens ».

Il a réaffirmé, par ailleurs, que rien ne saurait être décidé concernant la Libye sans l’Algérie.

Se disant inquiet quant aux « très mauvais signes » dans ce pays, M. Tebboune a averti que « si le feu n’est pas éteint, il ravagera toute la Libye, les pays voisins et non voisins ».

« La Libye est à quelques kilomètres de l’Italie, c’est pourquoi ce pays partage notre vision à cent pour cent », a-t-il précisé à ce propos.

Après avoir rappelé que l’Algérie ne soutient aucune partie en Libye et dont la seule motivation était le soutien du peuple libyen, M. Tebboune a affirmé que « les solutions existent et je les ai exposées aux envoyés spéciaux des présidents qui ont fait le déplacement à Alger ».

« La solution c’est un Conseil national provisoire et une Armée nationale provisoire pour constituer un Gouvernement provisoire pour ensuite entrer dans la légitimité électorale », a expliqué le Président Tebboune.

« Nous étions très proche d’une solution à la crise libyenne, mais on nous a pas laissé faire car pour certains si l’Algérie parvenait à régler la crise libyenne cela la propulserait au-devant de la scène internationale et serait alors un pays +dangereux+, en sus d’autres calculs géopolitiques », a-t-il poursuivi.

Il a évoqué, dans ce sens, le refus de la désignation du diplomate algérien Ramtane Lamamra en tant qu’envoyé pour la Libye, estimant que ce dernier aurait pu parvenir à un règlement de la crise libyenne.

Les tribus libyennes favorables toutes à une solution algérienne

Réaffirmant que le cœur et la voix de l’Algérie étaient avec la Libye et qu’elle n’hésitera pas à l’aider, le Président Tebboune a assuré encore une fois que « l’Algérie n’avait aucune arrière-pensée économique ou géopolitique et ne recherchait ni influence ni autre chose ». « Nous n’avons fait entrer aucune balle en Libye mais plutôt des aides et des médicaments », a-t-il poursuivi.

« C’est pour moi cela le véritable voisinage », a déclaré le Président Tebboune, exprimant le vœu de voir les Libyens revenir au bon sens et à la sagesse.

Le Président Tebboune a indiqué que « l’histoire finira par s’imposer car aucune crise n’a été résolue par les armes et tout le monde finit par se retrouver autour de la même table, alors autant le faire maintenant que plus tard en Libye », affirmant que toutes les tribus libyennes sont favorables à une solution algérienne.

Déplorant « les graves dérives » en Libye, le président de la République a réitéré que « l’Algérie n’abandonnera pas ce pays », assurant que « de par notre intégrité et notre impartialité, nous sommes en mesure de solutionner le problème libyen ».

« La médiation algérienne est sollicitée partout » dans le monde, a-t-il ajouté.

Concernant le dossier libyen toujours, M. Tebboune a évoqué la Conférence de Berlin, s’étonnant que « 3000 tonnes d’armes ont été introduits en Libye deux mois après cette rencontre ».

Il s’est interrogé, à ce propos, « si c’est la stabilité de la Libye qui n’est pas souhaitée ou si c’est l’Algérie qui est ciblée ? ».

« Qu’on laisse les Libyens régler leur problème et nous sommes disposés à les aider…c’est vrai que notre doctrine est que notre Armée ne sort pas au-delà des frontières mais techniquement, nous pouvons apporter aide et assistance, notamment en matière d’organisation », a ajouté le président de la République ».

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L’impératif d’accélérer le changement politique

Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a mis en avant, vendredi soir, l’impératif de passer à la vitesse supérieure dans le changement politique en vue de parvenir à des institutions fortes et nouvelles de l’Etat algérien ».

Lors de son entrevue avec les responsables de médias nationaux, le Président Tebboune a passé en revue les importants axes auxquels il faut s’attaquer au vu de la crise sanitaire que traverse le pays à l’instar des autres pays du monde afin de « remédier à la situation et ne pas laisser de place au vide ».

A ce propos, le Président de la République a annoncé avoir donné des instructions pour entamer l’impression de la mouture de la révision de la Constitution et l’envoyer aux acteurs politiques, la société civile et aux médias pour débat et enrichissement, et ce, dès la semaine prochaine.

Cette démarche, a-t-il expliqué vise à « éviter la perte de temps même en cas de prolongement du confinement imposé actuellement du fait de la propagation du Covid-19 ».

Tebboune a fait état, dans ce sens, « d’avancement » dans le processus de révision du Code électoral, précisant qu’ »une commission spéciale veille à son élaboration pour que l’Algérie ait d’ici la fin de l’année d’autres institutions solides ». Un processus que le président s’est engagé à mener à son terme.

Misant pour l’avenir sur la société civile qu’il a appelé à « prendre les chose en main » il s’est engagé à lui « redonner son mot à dire dans la gestion ».

Il a rappelé qu’il s’agit là d’un engagement qu’il a pris depuis son élection à la tête du pays, le 12 décembre 2019, ajoutant qu’il encouragera « la création d’un plus grand nombre d’associations civiles d’intérêt général tout en bénéficiant de subventions ».

Dans le cadre de la garantie de la liberté d’expression, le Président Tebboune a assuré que la liberté d’expression était garantie en Algérie mais dans les limites du respect de la loi et loin de tout alarmisme, affirmant qu’il s’appuie dans son rapport avec la presse nationale sur « le dialogue continu et l’effort de persuasion ».

Tebboune a relevé que depuis son accession à la présidence de la République, le siège de la Présidence est ouvert à tous les médias publics ou privés.

Néanmoins, a-t-il tenu à préciser « il existe des choses inadmissibles tant pour nous que pour les journalistes qui dénoncent, eux aussi, cette confusion entre la notion de liberté et l’anarchie ».

Evoquant la situation sanitaire dans le pays, le président de la République a affirmé que « notre mission et notre engagement sont avant tout la protection du peuple ».

« Si certains pays préfèrent l’économie à la vie du citoyen, nous faisons nous, contrairement à eux, prévaloir la vie du citoyen sur l’économie, car la vie de l’Algérien est au-dessus de toutes les considérations », a assuré le président de la République.

Par ailleurs, M. Tebboune n’a pas écarté une fermeture éventuelle des commerces autorisés à reprendre l’activité au début du Ramadan, s’il s’avère qu’ils sont à l’origine d’une hausse dans la propagation de la pandémie du Covid-19.

Concernant les personnes impactées par les mesures de confinement, M. Tebboune a rassuré que l’Etat prendra en charge les industriels, les commerçants et les artisans ayant enregistré des pertes en raison de la pandémie du covid-19 ainsi que toute personne ayant perdu sa source de revenu du fait de cette pandémie.

Au volet social, le Président de la République s’est engagé à prendre en charge toutes les préoccupations sociales après la crise sanitaire, et ce « loin de la politique d’achat de consciences ».

Il s’est engagé, en outre, à résoudre les problèmes de toutes les catégories, à l’instar du personnel du secteur de l’éducation, et ce selon un programme déterminé », préconisant des tripartites, à l’avenir, pour examiner tous les dossiers.

Mettant en garde contre « toute velléité d’infiltration sur injonction d’outre mer concernant certaines revendications », M. Tebboune a affirmé que « la loi est au-dessus de tous ».

Sur un autre chapitre, le Président de la République a affirmé que l’examen du baccalauréat pour l’année scolaire en cours « sera maintenu et il n’y aura pas d’année blanche », ajoutant que les mesures à prendre à cet effet restent tributaires de l’évolution de la situation sanitaire.

Par ailleurs, M. Tebboune a assuré que les projets de logement ne seront pas arrêtés en dépit des difficultés financières auxquelles fait face le pays, suite à la chute des cours du pétrole. Affirmant que la crise pétrolière que traversent l’Algérie et le reste des pays producteurs de pétrole est « une crise très conjoncturelle et non structurelle », le Président de la République a rassuré que l’Etat ne recourra ni à l’endettement extérieur ni à la planche à billets pour ses besoins financiers face à la chute des prix du pétrole, mais plutôt à « l’emprunt auprès des citoyens ».

Par ailleurs, le président Tebboune a affirmé que la loi de finances complémentaire 2020 prévoit un allégement de certains impôts et la suppression d’autres avec un durcissement du contrôle sur le commerce extérieur.

Il a annoncé, en outre, la préparation du lancement de l’exploitation des ressources naturelles et minérales inexploitées à ce jour.

Le Président Tebboune a estimé que la cadence de consommation des réserves de change du pays sera moins rapide que les années précédentes grâce à  « l’éradication » du phénomène de la surfacturation et de surévaluation des projets en Algérie.

nos capacités motivent notre optimisme

Le Président de la République, M. Abdelamdjid Tebboune a assuré que l’Algérie disposait de capacités matérielles et humaines lui permettant de dépasser la crise économique et de réaliser des taux de croissance élevés dans deux ans.

Lors d’une entrevue avec des responsables de médias nationaux, diffusée vendredi soir sur la Télévision et la Radio publiques, M. Tebboune a indiqué que « l’économie nationale qui est restée, pendant plus de trente ans, prisonnière des hydrocarbures avait maintenant de grandes capacités qui nous laissent optimistes ».

Evoquant ces capacités, le Président de la République a mis en avant, en particulier, l’Agriculture qui génère plus de 25 mds USD, soit l’équivalent des recettes pétrolières.

Ce secteur est capable de générer une forte valeur ajoutée s’il arrive à intégrer l’industrie manufacturière, a estimé le président Tebboune rappelant sa décision portant soutien aux investisseurs souhaitant réaliser des projets basés sur des matières premières locales par des prêts bancaires allant jusqu’à 90% de la valeur du projet.

== l’Agriculture saharienne capable de satisfaire les besoins nationaux en sucre et huile =

Estimant que l’Agriculture saharienne peut contribuer à la réduction de la facture des importations, M. Tebboune a fait savoir que le ministère de l’Agriculture s’employait actuellement à l’élargissement de la culture céréalière aux régions du sud afin de réduire les importations de 20 à 30%.

« Nous y parviendrons effectivement à la fin de cette année », a-t-il assuré.

Il a mis en avant, en outre, les capacités disponibles pour les cultures utilisées dans la production d’huile et de sucre dans ces régions de manière à répondre à tous les besoins nationaux.

Par ailleurs, le Président de la République a affirmé que l’Algérie regorgeait d’importantes ressources inexploitées, notamment des minéraux rares, rappelant, à cet égard, qu’elle occupe la 3e ou 4 place au monde en termes de réserves d’or, diamant, uranium, cuivre et bien d’autres.

Evoquant des projets pour le lancement de l’exploitation de ces ressources naturelles, M. Tebboune a fait état « d’instructions données au ministère de

l’industrie pour établir un inventaire précis de ces richesses, élaborer un cahier des charges et mettre en place des banques d’affaires ».

Pour le président Tebboune l’exploitation de ces minéraux inexploités est une nécessité en ce sens que la consommation locale d’énergie  augmente à

une cadence telle que les richesses pétrolières seront, dans quelques années, insuffisantes pour répondre aux besoins nationaux.

== Raccordement de l’université à son environnement économique ==

La véritable richesse de l’Algérie demeure néanmoins, selon M. Tebboune, sa jeunesse innovante qui a fait ses preuves durant cette crise sanitaire.

« En quelques semaines, ces jeunes ont réussi à fabriquer des équipements médicaux, à l’instar de respirateurs artificiels et de kits de dépistage, dont la production sera lancée dans une dizaine de jours dans la wilaya de Bouira », a-t-il souligné.

Estimant que la situation de crise attise la créativité, le président de la République a déclaré : « il y a un génie algérien et je le dis sans aucune démagogie », ajoutant que « le monde entier profite de ce génie alors que nous ne l’exploitons pas chez nous ».

Il a mis en avant, dans ce sens, le rôle de l’Université dans le soutien de l’économie de la connaissance et l’importance de passerelles entre elle et le marché, ajoutant « avoir instruit le ministre de l’Enseignement supérieur de permettre aux universités de créer des bureaux d’études offrant des prestations aux opérateurs économiques en contrepartie d’une rémunération matérielle.

Evoquant les raisons de l’optimisme quant à une sortie de la crise actuelle, le Président Tebboune a avancé la stabilité des réserves de change du pays, affirmant que la cadence de leur consommation est beaucoup moins rapide que par le passé eu égard à l’élimination du phénomène de lasurfacturation lors de l’importation. Ceci représente une économie près de 30%, a-t-il assuré.

Tebboune a évoqué, en outre, d’autres mesures pour limiter les importations, prévues dans la loi de finances complémentaire (LFC) de 2020.

Pour ce qui est du contenu de cette loi, le Président de la République a indiqué qu’elle comportera des dispositions visant à resserrer le contrôle sur les opérations d’importation pour éviter la surfacturation, outre l’interdiction de l’importation de tout produit fabriqué localement et la lutte contre le phénomène d’enrichissement via l’exportation de produits subventionnés par l’Etat.

La LFC prévoit également des mesures d’allègement de la pression fiscale et la rationalisation des dépenses publiques.

Pour ce qui est des projets de logement, le Président de la République a réitéré son engagement à poursuivre les projets de logements au regard de leur importance dans le développement humain dans le pays.

« Les projets de logement ne s’arrêteront pas car les objectifs de cette politique dépassent largement la construction de logements. Nous n’accepterons jamais dans l’Algérie d’aujourd’hui qu’une classe vit dans des habitations précaires et l’autre dans des logements décents, c’est là, la source du conflit social », a-t-il poursuivi.

Analysant la situation économique actuelle du pays, le Président de la République a estimé que la crise pétrolière que traversent l’Algérie et le reste des pays producteurs de pétrole est une crise « très conjoncturelle et non structurelle », se disant optimiste quant à une remontée progressive des prix du pétrole avec la reprise de l’activité économique des différents pays du monde.

S’agissant des difficultés financières que traverse le pays, le président de la République a exclu tout recours à l’endettement extérieur auprès du Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) ou au financement non conventionnel (planche à billets) au regard des répercussions de tels choix affirmant que l’Etat préfère « emprunter auprès des Algériens ».

Soulignant que la pandémie du Coronavirus avait freiné ses efforts visant à mettre en œuvre les réformes politiques et économiques qu’il avait promis, M. Tebboune a assuré que ces chantiers existent toujours et que cette crise sanitaire constitue une opportunité pour approfondir la réflexion sur ces réformes.

Affirmant que l’Algérie était sur le point d’enclencher des changements économiques, le président Tebboune a fait savoir que « le ministre de l’Industrie allait dévoiler de nouveaux cahiers de charges pour les industries mécaniques et manufacturières ».

A ce propos, il a fait état de la création par le gouvernement de groupes de réflexion qui travaillent sur plusieurs axes, notamment la restructuration de l’économie, le soutien de la production nationale et l’encouragement des finances islamiques qui peuvent drainer des fonds importants.

Le Président de la République s’est de nouveau engagé à prendre en charge les industriels et les commerçants ayant enregistré des pertes en raison des mesures de confinement, précisant que « le Gouvernement s’attèle à l’examen d’une politique d’aide bien ficelée, notamment à travers l’allègement des impôts.

Parallèlement, les artisans, les professions libérales et les journaliers affectés par la pandémie seront également pris en charge, a-t-il promis.

Le Président Tebboune a réitéré son engagement d’améliorer considérablement le climat des affaires en Algérie d’ici la fin l’année.

« La situation actuelle est certes difficile, mais pas catastrophique (…) Si nous accompagnons des hommes d’affaires honnêtes, vous verrez les niveaux des taux de croissance dans deux ans », a-t-il soutenu.

 

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