Ports secs : Ali Bey Nasri (ANEXAL): ’’il faut mettre fin a l’anarchie’’

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Par Wahab.
Réagissant à l’exposé du ministre des finances, Le président de la République a donné instruction pour fermer les ports secs non autorisés et de rattacher les autres aux ports humides. Cette action revient aux services des douanes d’autant que l’octroi des agréments relève des leurs prérogatives. La   décision  a été saluée aussi bien par les exportateurs que par les importateurs. La situation des ports secs a été, au menu du dernier Conseil des ministres (CM. Le traitement problématique de ces ports nécessite, selon le communiqué du CM, une révision globale du système en vigueur, notamment suite à l’augmentation de la facture des services. Abdelmadjid Tebboune, après avoir écouté l’exposé du ministre des Finances dans lequel il a émis une série de mesures pour limiter l’importation des services, a «pointé du doigt les risques que représentent certains ports secs, dans leur état actuel, pour la sécurité et la souveraineté nationales ainsi que pour le Trésor public». 
Le pays compte une vingtaine de ports secs, représentant un marché de près de 2 milliards de $ par an.
Le chef de l’Etat enjoint d’ailleurs le gouvernement de procéder à la fermeture immédiate des ports secs non autorisés, et de faire obligation à ceux autorisés de se doter de scanners pour faciliter le contrôle des Douanes. Contacté hier par Bourse DZ le président de l’Association nationale des exportateurs algériens, Ali Bey Nasri, (ANEXAL) a souligné que la décision de mettre fin aux activités des ports secs non autorisés répond aux attentes aussi bien des exportateurs que des importateurs. Relevant que les exploitants de ces ports secs avaient des agréments provisoires  ajoutant que   » L’administration censée suivre ces situations ne l’a pas faits » et que  » La décision des pouvoirs publics de mettre fin à cette anarchie est salutaire pour tous, et pour l’économie nationale » Sans ambages le président de l’ANAXEL relève que  »ce secteur d’activité est pratiquement à la limite de l’informel » précisant que sur les  21 ports secs existants, 14 sont situés à Alger. Le cahier des charges en vigueur est, à peine, respecté sinon comment explique t- on qu’aucun prix des prestations n’est affiché  »Un conteneur de 20 pieds (Le conteneur standard de 20 pieds sert d’unité de référence pour estimer les capacités d’un navire et évaluer les flux) est facturé à 15000 DA /Jour ». Pour Ali Bey Nasri il était plus qu’urgent de revoir le cahier des charges à même d’imposer aux gestionnaires de ces entrepôts d’assurer les conditions requises pour améliorer leurs prestations de service au profit des opérateurs économiques. La question des coûts devra, selon lui, faire l’objet de révision et de réglementation.
«Le coût de gestion de la chaîne logistique, est exorbitant, voire fantaisiste,  »Nous sommes doublement pénalisés du fait que beaucoup d’entre nous sont importateurs et exportateurs » La réglementation stipule que les coûts d’emmagasinement au niveau des ports secs sont indexés à ceux pratiqués aux ports humides mais les tarifs sont multipliés parfois par trois regrette le président de l’ANEXAL ajoutant que ‘ que «pour 45 jours d’emmagasinement, la tarification peut s’élever jusqu’à 840.000 DA pour un exportateur». «Les ports secs engendrent des surcoûts sans compter le paiement des surestaries. La majorité des exportateurs sont aussi importateurs de la matière première. On enregistre 25% de surcoût comparativement à la tarification moyenne régionale d’emmagasinement de conteneurs en Tunisie, en Egypte ou encore à Douala au Cameroun», a-t-il expliqué. Professionnel du secteur de l’import/Export Mr Ali Bey Nasri lance que  »L’Algérie souffre d’un problème de gestion du transit portuaire » et révèle que le pavillon CNAN a été brise et bradé pour laisser pour laisser place aux compagnies étrangères qui assurent  97% de notre approvisionnement  »Imaginer si demain des impondérables  venaient surgir quel sera notre sort lorsqu’on saura que 8 millions de tonnes de céréales sont livrés par des céréaliers étrangers  »Un autre dossier à traiter dans les jours à venir. Il faut  savoir que 95% des ports secs relèvent du secteur privé et la fermeture de ceux non agréés «ne peut être que positive» d’autant qu’elle intervient dans l’optique d’optimisation des coûts logistiques et de préservation de nos devises.

Les compagnies maritimes ne voient pas cela comme une bonne nouvelle dans la mesure où elles perdent, avec cette mesure, une partie de leurs revenus dès lors que les ports secs leur appartenant ne sont plus prioritaires par la procédure d’affectation automatique.

 »Une réaction prévisible pour une activité qui draine près de 4 Milliards de dollars par an » révèle le président de l’association des exportateurs AlgériensEn conclusion Mr Ali Bey Nasri revient sur la proposition faite en 2011 aux autorités pour la création d’un conseil national des chargeurs regroupant les principaux auxiliaires du port comme cela se fait à travers le monde ,mais regrette que cette proposition qui aurait réglé beaucoup de problèmes de gestion portuaire ne soit pas prise en considération. La maritimisation du commerce mondial a pris, ces dernières décennies, une envergure telle que les nations en développement ont pris conscience du rôle important que peut jouer la mer ; et qu’inéluctablement, leur avenir passe par elle. Et devant l’étroitesse des ports maritimes, on a opté à travers le monde à la mise en place à des lieux de transbordements de cargaisons, les  ports  secs  .Port d’Alger oblige  75 % des ports secs  sont   situer dans l’Algérois et sa périphérie. Autorisés depuis l’année 2009, ces prolongements des ports maritimes sont encadrés par le décret paru au journal officiel le 12 Juin 2011 et sont soumis à plusieurs décisions douanières, dont celle du 22 mars 2011 qui dans son article 17, stipulant que le transfert de marchandises vers les ports secs concerne la totalité de la cargaison, sauf autorisation préalable de l’administration des douanes. Depuis, plus d’une quinzaine de ports secs ont été autorisées et parmi eux, au moins cinq appartiennent à des compagnies maritimes étrangères