Petrofac: Aymen Asfari épinglé par l’autorité boursière italienne

L’autorité de surveillance des marchés de l’Italie a imposé de lourdes  sanctions au président-directeur général de Petrofac Ltd, Ayman Asfari, pour son implication dans des transactions douteuses sur les actions en bourse de la sulfureuse compagnie d’engineering, Saipem.

Asfrai devra payer une amende de 300 000 euros. Les sanctions de Consob incluent également une disqualification pendant 12 mois d’un quelconque rôle de direction auprès de toute société cotée en Italie ainsi qu’une confiscation d’ordres d’une valeur de 385 000 euros.

Par ailleurs, Asfari a été interrogé par le Bureau britannique de la lutte contre la fraude, dans le cadre d’une enquête mondiale sur l’entreprise de services de pétrole et de gaz Unaoil, qui a été un important facilitateur dans les négociations de marchés en Algérie et Kazakhstan.

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Forte présence en Algérie

Dirigée par le syrien Aymen Asfrai, Petrofac est soutenue par un lobby très influent en Algérie. Depuis 2010, ses revenus d’Algérie représentent presque 20% du chiffre d’affaires.

Petrofac est entrée en Algérie, en 2000, dans le cadre du projet de l’Ohanet dans lequel la compagnie portait le titre d’investisseur.

A partir de 2009, Petrofac s’est développée en Algérie, notamment avec le projet El Merk, dans le bassin de Berkine.

Mais, en dehors de Sonatrach, Petrofac n’a pas obtenu de contrat contrats significatifs en Algérie.

Le 22 juin 2000, la compagnie australienne BHP Billiton a délégué Petrofac pour la réalisation de toutes les installations de l’Ohanet, dans le cadre du contrat à risque pour le développement du gaz dans cette région. Le montant forfaitaire de cette prestation était de 1 milliard de dollars. Petrofac détenait 10% de l’investissement de ce projet. Le champ de l’Ohanet a été reversé à la Sonatrach, suite à l’expiration du contrat en octobre 2011.

En date du 9 mai 2007, Sonahess (association entre Amerada Hess et Sonatrach) a confié à Petrofac, un contrat de 16 millions de dollars, pour la mise en place d’un réseau de collecte et d’extension d’installations. Ce projet a permis d’augmenter les capacités de ce champ.

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Le 6 octobre 2008, Petrofac a été sollicitée pour la réalisation d’études pour le développement des gisements de gaz des champs de Tinrhert & l’Ahnet ainsi que ceux de  Menzel Ledjmet Sud Est & Découvertes.

Le coup le plus spectaculaire a été réalisé le 3 mars 2009, lorsque le groupement Berkine (Sonatrach-Anadarko) a confié à Petrofac, la réalisation en  EPC des installation de CPF El Merk, pour un montant de 2.3 milliards de dollars.

Le 11 avril 2011, Sonatrach/BP/Statoil a attribué à Petrofac, le contrat de réalisation en EPC du projet In Salah Gas pour un montant de 1.185 milliard de dollars. Ce projet de développement des quatre (04) champs du Sud d’In Salah Gas, en vue de maintenir le plateau de production de gaz naturel à 9 milliards de m3/an.

Le 31 juillet 2013, Sonatrach a signé avec le groupement Petrofac, un contrat de réalisation des installations de séparations et de Boosting Entrée Alrar, région de Stah, pour un montant de 52.878.090.785 dinars, équivalent de 650 millions de dollars.

Sur ce projet, Petrofac s’est associée avec l’italienne Bonatti.

11 mois plus tard, soit le 11 juin 2014, le groupement Reggane (Sonatrach/Repsol/Rwe Dea Ag/Edison) a attribué à Petrofac le contrat de réalisation de réalisation des installations pour le projet Reggane Nord (EPC des Installations de Surfaces, Réseaux de Collecte et de Pipeline d’Expédition), pour un montant de 976,05  millions de dollars.

En 2013, un lobby très puissant avait tenté d’imposer la création d’un Joint-venture entre Sonatrach et Petrofac. Mais la résistance des cadres du groupe pétrolier algérien avait repoussé cette tentative.

Le casse du siècle a été réalisé par Petrofac  lors de l’attaque terroriste de Tiguentourine. La compagnie avait bénéficié d’un contrat juste à la veille de l’attaque. Elle a été dédommagée à coup de centaines de millions de dollars pour l’immobilisation de son personnel.

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