Péage sur l’autoroute est-ouest : les préalables définis  

autoroute est ouest

Une importante réunion interministérielle a été organisée il y a deux jours et consacrée au dossier de l’entretien de l’autoroute est-ouest et aux mesures du péage. La méga-infrastructure, qui a coûté près de 15 milliards de dollars, devra générer des revenus qui seront reversés dans la prise en charge des dépenses de son entretien et de sa modernisation.

La composante des groupes ministériels et des secteurs annexes qui ont pris part à la réunion renseigne que c’était du lourd comme dossier mis sur la table, car impliquant, au préalable, un travail minutieux et mesuré pour cette autoroute reliant l’est à l’ouest du pays sur une longueur de 1216km. Outre le Premier ministère, y ont pris part les ministres de Finances, de l’Energie, de l’Industrie et des mines, de la Poste, des télécommunications, des technologies et du numérique, des Travaux publics et des transports et des Ressources en eaux, ainsi que du Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, du directeur du Centre national de prévention et de sécurité routière (CNPSR) et du directeur général de l’Agence nationale des autoroutes (ANA).

Le problème qui se pose actuellement, c’est que beaucoup de tronçons nécessitent entretien, remise à niveau, amélioration et embellissement. Car si on instaure un système de péage où l’usager devra payer, c’est qu’il sera regardant sur les conditions d’accès et les services y afférant. De ce fait, le gouvernement est bien conscient qu’il doit, et vite, dépasser le taux d’avancement des travaux actuel, qui est à 72%, et procéder à l’achèvement de son équipement par des stations service, des airs de repos, centres de péages et différents systèmes de communication, de contrôle et de sécurité.

Mais le grand problème demeure l’état des routes. Aussi, le gouvernement va être plus rigoureux sur les délais de livraison des derniers tronçons, comme celui des 84 km restants entre Dréan, près des frontières avec la Tunisie, ainsi que sur la réhabilitation des portions dégradées afin que cette autoroute puisse répondre aux normes en vigueur à l’échelle internationale et offrir un service de qualité à la hauteur des attentes des usagers.

Pour donner le coup de fouet aux retardataires et aux paresseux, l’Algérienne Des Autoroutes (ADA) a accordé un délai de 60 jours au groupement constitué par l’ETRHB et des sociétés portugaises et espagnoles, pour achever les travaux des équipements de péage. Faute de quoi le contrat, signé en février 2014, sera purement et simplement résilié. Le groupement en question est composé des entreprises Teixeira Duarte – Engenharia et Construcoes S.A. / Etrhb Haddad Spa/ Sociedad Iberica de Construcciones Electricas S.A.

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Dans une deuxième mise en demeure adressée au groupement dont fait partie l’ETRHB de Ali Haddad, l’ADA considère que celui-ci n’a pas fourni d’efforts conséquents pour rattraper les retards enregistrés malgré les différents courriers qui lui ont été adressés. L’agence gouvernementale réclame ainsi : l’achèvement des réseaux secs nécessaires à la mise à péage et leur raccordement à la section courante pour l’ensemble des gares; l’achèvement des portiques supports des auvents des gares de Relizane CW13, Mohammadia, Hammam Boughrara, RN7A et aussi l’achèvement du gros oeuvres des LPQ des gares de Relizane CW13, Mohammadia, Hammam Boughrara, RN7A  et des déviations provisoires de la BPV de la bretelle d’Oran et de la gare de Hammam Boughrara.

En cas de nouveau retard dûment constaté, l’Algérienne Des Autoroutes (ADA) a accordé un ultimatum de 60 jours au groupement algéro-italien par rapport au projet de réalisation des installations et équipements d’exploitation de l’Autoroute Est-Ouest (lot Est). Le lot Est a été attribué au groupement italo-algérien, composé de CMC (Italie, mandataire du groupement), Proger (It), Tecnositaf (It), Rotahem (Algérie), Imet (Italie), Ducati Italia (Italie), Cordioli & C. (Italie) pour 29,54 milliards de dinars, soit près de 400 millions de dollars, au taux de change de l’époque.

Aussi, un calendrier est défini pour tout ce travail, des commissions de suivi mise sur pied et les entraves d’ordre technique, financier et procédural levées. Les plus modernes modes de gestion de cet ouvrage seront étudiées, y compris le recours au partenariat, à l’assistance technique ou à des compétences nationales et internationales ayant une grande expérience dans la gestion de ce type d’infrastructures.

Persiste un dernier point, qui requiert une attention toute particulière : quel sera le tarif à payer ? Dans ce sens, des propositions pratiques concernant les tarifs à appliquer dans le cadre du système de péage vont être formulées par les services qui planchent sur le dossier, ce qui permettra au gouvernement d’évaluer, d’abord, la rentabilité de cet investissement public, et de connaitre ensuite, les spécificités et moyens des toutes les catégories d’usagers de la route. Ce qui veut dire que le paiement ne sera pas le même pour tout le monde.