Paris-Alger-Dakar en Arabie saoudite : France Télévisions compte les gros sous

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Le rallye Paris-Alger-Dakar, qui avait eu en son temps un succès planétaire, grâce notamment aux efforts de Thierry Sabine et de Daniel Balavoine, mais surtout aux paysages lunaires de l’Ahaggar algérien, se délocalise en Arabie Saoudite début janvier 2020. Ainsi, et après onze éditions en Amérique latine, le Dakar s’installe en Arabie saoudite, après qu’un contrat eu été passé entre Amaury Sport Organisation (ASO) et le royaume wahhabite, ce qui permettra à l’ex-Paris-Alger-Dakar de s’y dérouler au moins pour les cinq prochaines années.

Toutefois, le rallye version Ryadh risque de ne pas être, après les polémiques qu’il a d’ores et déjà générées à cause de la situation chaotique en matière de libertés dans ce pays du Golfe, la résistance des Ong pointilleuses sur les droits-de-l’homme, dénoncent qu’il existe, en Arabie saoudite, une « répression aggravée ». Pour preuve, le nombre de journalistes et de journalistes-citoyens derrière les barreaux : il a plus que triplé depuis 2017.

Le Dakar 2020 est une opération de « sportwashing » : l’Arabie Saoudite s’est lancée dans le soft-power en faisant tout pour accueillir des événements sportifs. Ainsi, la Supercoupe d’Espagne se déroulera très bientôt dans le royaume, comme la finale de la Supercoupe d’Italie auparavant.

Séduite par un pactole qui commence à aiguiser les appétits de plus d’une chaîne occidentale, Ryadh faisant tout pour contrecarrer l’opération Coupe du Monde 2022 du Qatar.  En France, c’est France Télévisions qui diffusera le Dakar 2020. « Si le groupe est un partenaire historique du rallye d’ASO, il fait fi des problématiques liées aux droits humains en Arabie saoudite en acceptant de diffuser la compétition, et ce malgré une charte éthique très précise. Comme le rappelle la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) dans un communiqué, dans sa charte, le groupe France Télévisions estime en effet que « la télévision de service public a vocation à constituer la référence en matière de qualité et d’innovation des programmes, de respect des droits de la personne, de pluralisme et de débat démocratique ». Or, toujours selon cette charte, « toute émission produite ou acquise à l’extérieur doit se conformer aux principes de cette charte ». La diffusion du Dakar 2020 risque donc, le 5 janvier prochain, d’être un flop intégral.

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