Oran: demande accrue sur le compost comme alternative à l’engrais chimique

produits agricoles

Les agriculteurs accordent de plus en plus d’intérêt au « compost », un engrais naturel produit par l’unité « Samad Bladi » pour son utilisation en agriculture comme alternative aux engrais fabriqués à base de produits chimiques, a-t-on appris de la responsable de l’unité relevant de l’Entreprise qui gère le marché de gros des légumes et des fruits d’El Kerma (au sud d’Oran).

L’intérêt des agriculteurs à ce compost produit des restes de fruits et légumes et déchets verts, a pour but de renforcer la plante et sa croissance, ce qui permet d’augmenter la production et d’améliorer sa qualité, a souligné à l’APS, Mme Besnassi Asma.

Elle a relevé que « de nombreux agriculteurs visiteurs de l’unité, affichent leur volonté d’éviter les engrais chimiques pour adonner à l’utilisation de l’engrais organique naturel ».

Pour encourager les acteurs du secteur agricole à utiliser le « compost » et à renoncer aux engrais chimiques, le marché de gros des légumes et fruits d’El Kerma a réduit son prix de 4.200 DA à 2.500 DA le quintal au profit de l’agriculteur titulaire d’une « carte de fellah », a ajouté Mme Besnassi.

Elle également souligné que l’unité est la première du genre au niveau national à accompagner les agriculteurs dans l’utilisation de cet engrais local, notamment à travers les conseils et l’orientation.

Au niveau de l’unité « Samad Biladi » mise en service en janvier 2018, les restes de légumes et de fruits du marché sont combinés et intégrés avec des déchets verts de plantes, de feuilles d’arbres et d’herbes en un engrais organique naturel.

Les plantes issues de l’élagage sont actuellement apportées par l’entreprise de wilaya (EPIC) en charge des travaux environnementaux « Oran vert », après avoir été initialement acheminés par les communes d’Oran et d’El Kerma, selon la responsable.

Samad Bladi

L’unité « Samad Biladi » fonctionnant avec des équipements « limités », produit actuellement de 20 à 40 tonnes d’engrais « compost » par mois, et table sur l’augmentation de la production. Son objectif est de réussir à  réaliser par jour sa production actuelle par mois.

Un tel projet nécessite d’autres équipements tels que des machines de levage, déchargement, recyclage, broyage et tamis automatique et de l’équipement pour l’emballage des sacs, relève Mme Besnassi.

La responsable a estimé qu’une augmentation de la production était nécessaire, notamment pour répondre à la demande croissante des clients.

Certaines exploitations agricoles se sont orientées vers l’utilisation de « Samad Biladi  » à l’instar d’Oggaz (Mascara ) qui a acquis 25 tonnes destinées à la culture de 2.500 oliviers et un autre de Bousfer (ouest d’Oran) qui utilise cet engrais naturel dans sa ferme dédiée à la production de légumes et fruits « Bio », a-t-elle noté.

L’unité du sud d’Oran reçoit plusieurs commandes des agriculteurs d’Ain Temouchent, de Tlemcen et de Mostaganem. Elle a également enregistré une commande d’un investisseur agricole de Oued Souf, qui espère acquérir, par étapes, une quantité variant de 200 à 300 tonnes par an, alors que l’unité reçoit quotidiennement une dizaine d’agriculteurs pour acheter le « compost », selon Mme Besnassi.

Le compost, ami de l’environnement, trouve également des pépiniéristes qui veulent l’acquérir et des citoyens fans d’horticulture selon la même source.

Le produit de « Samad Biladi  » attire également l’attention des chercheurs universitaires et les étudiants en master et des doctorants dans le cadre des travaux de recherches de thèses de fin d’études.

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