ONFAA:  HADDOUD Nadjib évoque l’export de la datte

Le palmier n’a aucun secret pour lui, ni d’ailleurs pour sa famille qui ont hérité cette culture de père en fils depuis maintenant cinq générations.

La Deglet nour, Tafazouine, Tinicine ou encore Timdjouhart sont des variétés parmi tant d’autres qui sont soigneusement récoltées et conditionnées  dans un très joli emballage au sein de l’entreprise familiale pour traverser, par la suite, les différents pays du monde à la recherche de consommateurs qui apprécient le goût unique et exceptionnelle de la datte algérienne. Nous avons recueilli pour vous les propos de Monsieur HADDOUD Nadjib.

Présentez-vous en quelques mots…

Qui est Monsieur HADDOUD Nadjib ?  Je vais être très bref. Je suis  la 5èmegénération de phoeniciculteur dans la famille et  la 2ème génération d’exportateur de dattes.  Notre défi au sein de notre famille  est de compléter le savoir-faire ancestral par la modernisation et la mécanisation de la phoeniciculture.

Nous sommes l’une des entreprises leader de la datte en Algérie et notre  entreprise a réussi à concilier tradition et modernité en développant une unité de traitement de pointe, une nouvelle vision de l’emballage, et le maintien de normes strictes de qualité garantissant un produit aux saveurs uniques avec un goût exceptionnel.

Que représente un palmier pour Monsieur HADDOUD ?

Je considère le palmier comme  un membre de la famille. Mon attachement à cet arbre dont les symboles sont L’ombre, le repos, la vigueur en milieu aride s’est produit dès mon jeune âge. Comment ne pas s’attacher à un arbre qui vous donne tous (verdure, ombre, fraicheur, fruit)  lorsque la nature montre un paysage dur, ferme et aride.

Exportateur de dattes, quels sont, selon vous, les majeurs contraintes et difficultés à l’exportation ?

Je pense que ce sont des problèmes transversaux qui sont liés à l’exportation de tous les produits agricoles. Je me contenterai de citer la traçabilité, la mise à niveau des unités de conditionnement, l’absence de certification qualité (type ISO, IFS… etc.) et aussi la logistique.

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Parlez-nous un peu des marchés que vous visez.

Certes que les quantités ne sont pas énormes vu les difficultés rencontrées lors de l’exportation mais je peux vous dire que nous avons déjà réussi à mettre les dattes algériennes sur les marchés de plus de 50 pays. En effet, nous visons :

L’ASIE qui est marché porteur pour nous.

L’EUROPE après obtention des certifications qualité (type ISO, IFS, BRC, etc.…)

L’AFRIQUE après que les problèmes de logistique trouvent des solutions (transport terrestre).

Votre activité en tant qu’exportateur nécessite une participation régulière aux différentes foires internationales. Comment évaluez-vous  cette participation ?

Il y a une nette amélioration du design du stand Algérie malheureusement, dans la majorité des cas, il y a une mauvaise organisation et une mauvaise préparation avant le salon. Je pense qu’il reste beaucoup de chose à faire en matière de marketing.

Qu’est-ce que vous pouvez dire de l’organisation de la filière dattes en Algérie ?

Comme toutes les filières et associations, la culture du milieu associatif et coopératif n’est pas encore ancrée dans les habitudes des algériens notamment dans le milieu rural. Beaucoup à faire malheureusement.

Dernièrement, la datte Deglet Nour a bénéficié d’un  label IG, quelle sera selon vous le plus apporté par cette labellisation ?

C’est un très bon pas vers la reconnaissance de la qualité de la datte algérienne mais l’effort ne doit pas s’arrêter à ce niveau. Cette labellisation doit être accompagnée par une campagne de sensibilisation auprès des consommateurs et par un meilleur ciblage au niveau des salons et foires.

Dans dix ans vous souhaitez…

Le temps passe tellement vite qu’il faudrait vraiment le saisir par des actions concrètes et tangibles qui se répercutent sur le développement de cette filière qui a des potentialités énormes. Je souhaiterai : Doubler, voire même tripler nos exportations, élargir nos destinations, avoir des certifications qualité, et ne pas être confronté aux multiples problèmes et contraintes notamment ceux liés à la commercialisation.

Un mot pour conclure…

L’Algérie doit compter sur ses potentialités agricoles et ses industries agroalimentaires qui peuvent réellement être une alternative au revenu issu de l’exportation des hydrocarbures. Beaucoup de choses restent à faire mais en tant qu’agriculteurs nous restons optimistes quant à un avenir meilleur.

Source: ONFAA

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