Montage des véhicules: des milliers de salariés sur le départ

Conséquence directe d’une fausse industrie, les usines de montage de voitures risquent de fermer à tout moment et de mettre à la porte des milliers de salariés. Les ruptures des stocks de kits CKD-SKD s’enchaînent et leurs conséquences font effet de « boule de neige ».

La décision du ministère de l’Industrie concernant les quotas d’importation des kits CKD/SKD imposés aux usines de montage de véhicules en Algérie et   plafonnant les importations de collections SKD destinées à la production et au montage de véhicules de tourisme pour l’année 2019, ont vite fait de mettre à nu la fragilité d’une industrie mensongère dont sont aujourd’hui victimes les petits salariés.

Comme il se doit, c’est l’usine Tahkout Manufacturing Company (TMC) de Tiaret qui semble être aujourd’hui à l’agonie. Dès le début de cette semaine, et après les retards sur les versements de salaires, les employés du site sont mis au chômage technique. Pis que l’incarcération de Mahieddine Tahkout, propriétaire de l’usine d’assemblage Hyundai, c’est la rupture des stocks qui étouffent l’usine et près de 1 400 salariés sont sur le départ.

Les usines Sovac Production, Glovz (Kia) et Tahkout Manufacturing Company (Hyundai) ne sont pas mieux logées les unes que les autres. Les montants octroyés pour le reste de 2019 auraient été déjà consommés. Premières conséquences, plusieurs centaines de postes sautent dans un premier temps, pour alléger la masse salariale, avant que des décisions radicales ne soient prises, c’est-à-dire allant vers la fermeture pure et simple des usines de montage.

Pourtant, et paradoxalement, selon un communiqué de la Direction des Etudes et Prospectives des Douanes (DEPD), le montant de l’importation des collections SKD utilisées dans le montage des véhicules légers a atteint 928,07 millions de dollars durant les quatre premiers mois de 2019, contre 882,44 millions de dollars à la même période de 2018, soit une hausse de 45,63 millions de dollars (+5,17%)

Toutefois, il était inscrit dans la mémoire de ces usines qu’elles ne dureraient que le temps de voir s’estomper la fausse illusion d’une industrie qui n’a jamais convaincu les experts. Les gouvernements successifs ont bercé les Algériens dans ce faux mirage de voir monter chez nous des marques de voiture. Tout l’édifice, construit sur ces faux paradigmes, est en train aujourd’hui, de s’écrouler…

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