Montage des véhicules: chute brutale d’une industrie de prédation

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Les usines de montage de voiture en Algérie tombent les unes après les autres. Avec l’incarcération de Mohamed Baïri, patron d’Ival-Iveco, un des derniers bastions de la fausse industrie automobile qui chute de haut. L’opération « mains propres » menée par la Justice depuis quelques mois a mis à nu une industrie de la prédation, qui consistait uniquement à gagner rapidement de l’argent au préjudice de l’économie algérienne et du Trésor public. L’Algérie n’a pas bénéficié d’un empan de transfert de technologie, a subit un commerce de bazar qui l’a laissée exsangue et l’Algérien moyen n’a pas non plus bénéficié de cette industrie de la voiture, qui a atteint un coût exorbitant. Pertes sèches sur toute la ligne.

Le « système Bouteflika » privilégiait certains concessionnaires en contrepartie d’un « retour d’ascenseur ». Cela se traduisait par des financements occultes des campagnes présidentielles, par exemple, mais aussi par des investissements suspects et des placements à la limite de l’entourloupe.

Pourtant, tout avait démarré à partir d’un postulat honnête ; toutefois la route de l’enfer, dit l’adage, est pavé de bonnes intentions. Il faut rappeler que le tarissement des sources de revenus pétroliers dû à une chute drastique des prix du baril sur les marchés pétroliers avait motivé cette décision. Il faut savoir aussi que l’Algérie importait jusqu’en 2013 jusqu’à 400 000 voitures/an pour un coût global qui avoisinait les 7 milliards de dollars. Une facture faramineuse, et l’Algérie prévoyait, naïvement, ou peut-être avec une idée derrière la tête pour ses promoteurs, d’aller vers une industrie de montage. L’idée n’était certainement pas mauvaise à la base, puisque l’Algérie ne pouvait plus supporter une facture d’importation aussi lourde, mais les modalités fixées, le cahier de charge et la clientèle bénéficiaire triée avaient été catastrophiques.

Depuis quelques mois, la Justice est en train de mettre à nu cette industrie de la prédation qui a servi à enrichir le cercle restreint du clan, des proches et des affinités personnelles. Des Premiers ministres, des ministres et cadres dirigeants du département de l’Industrie, des walis et des responsables de domaines fonciers ont trempé dans cette entourloupe à grande échelle. Les dossiers qui s’entassent sur le bureau des magistrats instructeurs. Le champ d’implication de chaque dossier est très large et implique famille proche, parents, amis et associés. Une véritable industrie de la « familia » avait pris racine au cœur de la République !

Résultat : les usines de montages ferment et des milliers de travailleurs vont devoir se mettre, de nouveau, à la recherche d’un job, à la lisière d’une rentrée sociale qui s’annonce difficile, très difficile pour ceux qui ont vu leurs usines baisser le rideau.

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