Mohamed Charfi : l’homme qui est revenu de loin

chorfi

Mohamed Charfi revient de loin. Curieux destin que celui du premier président de l’Instance nationale indépendante des élections, installée officiellement à Alger, après le vote par les deux chambres du Parlement du projet de loi portant création de cette structure.

De son parcours dans le gouvernement et les institutions étatiques ressortent deux points essentiels : sa proximité avec Ali Benflis, dans le gouvernement duquel il été secrétaire général du ministère de la Justice, puis ministre de la Justice, et son rôle dans les affaires Sonatrach et Chakib Khelil, ce qui lui a valu le limogeage par le système Bouteflika.

Son parcours le mène en 1999, à la Présidence de la République il est désigné conseiller, avant d’être nommé en 2002 ministre de la Justice dans le gouvernement Ali Benflis. Ahmed Ouyahia le garde dans son équipe. Jugé « trop proche » de Ali Benflis, rival pour Bouteflika pou A l’époque, l’entourage du président de la République reprochait à l’élection présidentielle de 2004, Mohamed Charfi est en froid avec l’entourage du président de la République.

Nommé ministre de la Justice, Garde des Sceaux dans le gouvernement Abdelamalek Sellal, en septembre 2012, il reste juste une année, puis est forcé au départ en raison de l’affaire Sonatrach et du mandat d’arrêt international lancé à l’encontre de Chakib Khelil, ex-ministre de l’Energie et des Mines, et de sa famille, par le procureur général près la Cour d’Alger Belkacem Zeghmati, actuel ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Pour clore le dossier, Tayeb Louh est désigné en succession de Mohamed Charfi au ministère de la Justice, Zeghmati est limogé. Aujourd’hui, le premier est en prison, le second est président de l’Instance nationale indépendante des élections, le troisième est ministre de la Justice. Étrange et juste retournement des situations…

LIRE AUSSI Belhimeur: avec des candidatures « crédibles et charismatiques, le peuple votera en masse »