Mohamed Boukhari: aucun risque de recourir à l’endettement extérieur

mohamed boukhari

Selon l’économiste Mohamed Boukhari, le recours à l’endettement extérieur ne constituera aucun danger sur l’économie de l’Algérie, pour peu que soient respectées les conditions annoncées au préalable, notamment le ciblage des projets économiquement rentables.

Invité du Forum d’El Moudjahid, M. Boukhari a précisé que « le Gouvernement a choisi de recourir à la meilleure solution possible qui soit pour financer le déficit budgétaire, à savoir l’endettement extérieur », ajoutant que « l’endettement extérieur ne saurait constituer un danger sur l’économie, s’il se fait dans le respect des modalités et conditions présentées par le ministre des Finances dans son entretien à l’APS ».

L’endettement extérieur ne concernera que certains projets sélectionnés à caractère économique et non social, a-t-il expliqué, ajoutant que « ces projets doivent être structurés et impacter positivement l’économie nationale ».

Pour ce faire, poursuit M. Boukhari, une commission composée de représentants des départements ministériels et d’experts de la Banque d’Algérie (BA) et des banques commerciales sera lmise sur pied afin de procéder à la sélection des projets concernés après examen des études y afférentes, avant de les soumettre aux instances internationales spécialisées dans le financement du développement.

Ces dernières n’approuvent les projets qu’une fois leur rentabilité économique avérée.

De ce fait, les projets qui bénéficieront d’un financement extérieur seront « étudiés de manière complémentaire et conformément aux standards internationaux », donc économiquement rentables et ne constituant aucun danger, a fait savoir l’expert.

Ce type d’endettement extérieur diffère totalement de l’endettment auprès du FMI qui exige d’un pays d’opérer des réformes structurelles avant d’accorder tout prêt pour âllierr le déficit budgétaire, en cas d’impossibilité de trouver des ressources financières alternatives.

M.Boukhari a cependant émis plusieurs réserves concernant l’endettement extérieur consistant, essentiellement, en le recours par le Gouvernement dans le cadre du budget de 2020 à la baisse de 39,7% des dépenses d’équipements en termes de valeur des autorisations de programmes, soit la réduction du nombre de projets rentables qui augmenteraient la capacité de l’économie nationale à supporter la dette.

Il a également déploré la capacité d’absorption « insuffisante » des financements qui caractérise l’économie nationale depuis des années, en témoignent le volume élevé des affectations non consommées, le recours à la main d’œuvre étrangère et le chômage structurel (des emplois vacants en dépit du nombre d’employés théoriquement suffisant, du fait du manque de qualification) ».

Selon le même expert, l’endettement extérieur interviendrait après que les gouvernements successifs en Algérie ont recouru à une série de solutions n’ayant pas abouti au règlement de la problématique du déficit budgétaire.


LIRE AUSSI Mobilis: un revenu de 100 milliards de dinars en 9 mois


Evoquant, à ce propos, l’emprunt obligataire qui a pu garantir près de 5 mds de dollars, l’économiste a fait savoir que ce dernier était à l’origine de plusieurs entraves dont le manque de liquidité.

S’agissant du financement non conventionnel, M. Boukhari a indiqué qu’il s’agissait d' »un bon outil de financement interne, mais il a dépassé les quotas requis » en atteignant les 50 mds de dollars.

Contrairement à l’endettement extérieur, ces solutions de financement ont été destinées à des « projets pas assez étudiés et réévalués à plusieurs reprises ou encore à d’autres projets surfacturés ».

L’Algérie se dirige actuellement vers l’adoption d’une série de solutions y compris l’endettement extérieur selon des critères biens définis afin d’attirer l’investissement étranger à travers la limitation de la règle 51/49% qui ne concernera désormais que les projets stratégiques.

Cette nouvelle approche intervient dans le cadre d’un climat politique ne permettant pas d’opérer des réformes économiques profondes, a-t-il expliqué, appelant à ce que le prochain programme présidentiel soit une occasion pour le lancement d’un dialogue sur la réforme fiscale et l’absorption de l’économie parallèle.