Mila: l’étrange procès de l’affaire des tomates périmées

latina

Le président de la troisième chambre de la Cour de Mila a renvoyé, ce mercredi, l’affaire du groupe Oucherif des industries alimentaires, connu sous le label Latina. Cette affaire, qui est renvoyée au 3 juin prochain, a été déclenchée le 24 mars dernier, par les services de la Gendarmerie Nationale de Mila et porte sur la saisie, au niveau de l’unité de Chelghoum Laid, d’une importante quantité de produits agroalimentaires périmés depuis 2018.

L’affaire, qui a été diffusée sur plusieurs chaines TV, avait suscité l’indignation des consommateurs et surtout la colère des habitants de la région.

Sauf que, lors du procès en première instance, l’affaire a été largement banalisée par la défense et le propriétaire de l’entreprise s’est vu affligé une peine d’un an de prison seulement, dont six mois avec sursis. La mobilisation de la société civile autour de cette affaire a été tout de suite tue et déviée vers d’autres préoccupations, à la faveur de la pandémie du coronavirus.

Au cours de la séance du mercredi, ouverte en appel, il a été constaté avec stupéfaction l’absence de la partie civile, constituée de la Direction du Commerce du département de Kamel Rezig et surtout encore l’association de la protection des consommateurs. Ils seront convoqués, pour le 3 juin prochain, par voie de convocation émise par le parquet général.

L’attitude ambiguë de la partie civile

Ce sont les mêmes parties qui ont assisté au procès devant le Tribunal de première instance, au cours duquel le principal accusé (le gérant de l’entreprise qui produit les articles Latina), a été condamné à un an d’emprisonnement, dont 6 mois avec sursis et une amende de 10 millions de centimes.

Il a été prononcé la condamnation à six mois avec sursis du responsable des stocks et de la même peine, le directeur de l’unité, ainsi qu’une amende de 100 mille dinars pour chacun d’eux.

Pour rappel, lors de la perquisition effectuée par les éléments de la Gendarmerie Nationale, accompagnés par ceux de la direction du Commerce, il a été découvert, au niveau de la conserverie, une grande quantité de matières premières périmée et d’autres produits d’origine inconnue.

Sous d’autres cieux, les personnes incriminées auraient écopé de peines très lourdes, pour en faire un exemple. Mais, le procès de première instance s’est avéré plus que clément. Le procès en appel, de mercredi dernier, allait tourner à la dérision, si ce n’est son renvoi vers une date ultérieure.

Il faut notre que, bizarrement, un seul organe de la presse national était présent à ce procès, qui captait pourtant l’opinion publique locale. Comme si des parties occultes cherchaient à taire ce procès et l’éloigner des feux des médias….

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