Matières premières : Les métaux industriels reculent après des hausses marquées

Les prix des métaux de base échangés sur le London Metal Exchange (LME) ont repris leur souffle cette semaine après une hausse marquée cet été.

Cuivre, aluminium, plomb, étain, nickel et zinc s’inscrivaient tous en baisse en fin de semaine.

« Vu la hausse des dernières semaines, il faut se demander ce qui va mettre fin à cet enthousiasme des marchés », ont noté les analystes de UniCredit.

Parmi les dangers cités par UniCredit, un rebond du dollar ou l’escalade du risque géopolitique, qui pèserait sur les échanges mondiaux et donc sur la demande de métaux de base, figurent au premier rang.

La hausse du dollar, monnaie de référence des métaux industriels, pénalise les investisseurs qui utilisent d’autres devises pour en acheter.

Pour l’instant, le billet vert évolue à des niveaux particulièrement bas, mais certains cambistes se sont demandés récemment si la baisse provoquée par les inquiétudes sur la politique de la Réserve fédérale américaine n’était pas trop marquée.

Le plomb a touché vendredi son plus bas en un mois et demi, à 2.288 dollars la tonne.

L’étain a grimpé vendredi à 20.840 dollars, à son plus haut niveau depuis un mois et demi.

Le zinc a atteint lundi 3.221 dollars, à son plus haut niveau depuis 2007.

– Le cuivre trop cher? –

La tonne de cuivre a atteint mardi 6.970 dollars, à son plus haut niveau depuis fin 2014, poursuivant son escalade qui laisse certains analystes perplexes.

« Les gains du début de l’été se justifiaient, mais les raisons d’acheter du cuivre à ce prix-là sont peu nombreuses. Le métal profite tout simplement de l’amélioration des impressions du marché sur la demande chinoise », ont estimé les analystes de Macquarie.

« Mais l’offre est stable, les prix sur le marché direct ne suivent pas la hausse, et les investisseurs commencent à se demander si les acheteurs seront au rendez-vous », ont-ils prévenu.

« Nous nous attendons à ce que certains investisseurs financiers engrangent leurs bénéfices et se retirent du marché », ont confirmé les analystes de UniCredit.

« En août, les importations de cuivre chinoises ont légèrement augmenté d’une année sur l’autre, mais sont au même niveau qu’en juillet. La hausse des prix commence à décourager certains importateurs », se sont également inquiété les analystes de Commerzbank.

– Le nickel, batteries pleines –

Le nickel a atteint lundi 12.380 dollars, à son plus haut niveau depuis juin 2015.

« La consommation de nickel devrait continuer d’augmenter de 5% par an –comme elle le fait depuis cinq ans– sur les prochaines années, selon le Bureau des ressources et de l’énergie australien (Bree) », ont noté les analystes du courtier Banchero Costa.

La demande de nickel est principalement portée par son utilisation dans la conception d’acier inoxydable.

Mais plusieurs analystes ont remarqué, lors des dernières semaines, que le cours du nickel avait été dopé par son utilisation dans la conception de batteries et par les perspectives de hausse de la demande de véhicules électriques.

« La reprise du nickel se justifie, mais jusqu’à quel point? Les réserves chinoises s’écoulent, mais celles du LME sont au contraire remplies, et même avec une hausse de la demande et un marché en déficit d’offre, cela ne suffira pas à les écouler », ont jugé les analystes de UniCredit.

« Le prix du nickel a également augmenté vendredi car les usines cubaines ont été fermées avant l’arrivée du cyclone Irma », a par ailleurs souligné Alastair Munro, analyste chez Marex Spectron.

Sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s’échangeait à 6.777 dollars vendredi à 13H15 GMT, contre 6.809,50 dollars le vendredi précédent à 09H15 GMT.

L’aluminium valait 2.100,50 dollars la tonne, contre 2.138 dollars.

Le plomb valait 2.296 dollars la tonne, contre 2.385 dollars.

L’étain valait 20.665 dollars la tonne, contre 20.710 dollars.

Le nickel valait 11.750 dollars la tonne, contre 11.965 dollars.

Le zinc valait 3.078 dollars la tonne, contre 3.154 dollars.