Maroc: Le jugement relatif au fret de la Nouvelle-Zélande pour le 9 juin

Le tribunal sud-africain, qui doit se prononcer sur la propriété d’une cargaison retenue de phosphate du Sahara occidental occupé, a fixé une date pour son jugement.

Le 18 mai, une audience a eu lieu à la Haute Cour à Port Elizabeth, en Afrique du Sud, pour interroger les parties dans le cas d’une cargaison contestée et détenue de minerai de phosphate.

Les juges ont annoncé que le tribunal prononcera sa conclusion le 9 juin. Cela signifie que la détention de la cargaison à bord du vraquier NM Cherry Blossom durera au total 40 jours. Le navire est entré dans le port de Port Elizabeth pour débarquer le 1er mai.

Le Maroc a essayé d’exporter une cargaison de roches de phosphate du territoire qu’il occupe sous occupation illégale vers une coopérative agricole de Nouvelle-Zélande. Cependant, l’organe représentatif du peuple du Sahara Occidental, le Polisario, en a décidé autrement.

L’importateur en Nouvelle-Zélande, Ballance Agri-Nutrients, avait déclaré aux médias néo-zélandais ne rien faire de mal, prétendant que les achats du gouvernement marocain profitent au Sahara Occidental. Un tel argument a été rejeté par la Cour de justice de l’UE, qualifié d’irrecevable (§ 105-106) dans un arrêt du 21 décembre 2016 et jugé insuffisant par un avis juridique clé de l’ONU en 2002. Les propriétaires des phosphates, les habitants du Sahara Occidental, nient qu’ils en bénéficient et ont demandé que les exportations cessent. La moitié des Sahraouis vivent en tant que réfugiés.

La question pour le tribunal sud-africain est donc de savoir qui est le propriétaire de la cargaison détenue à bord. Le Maroc a allégué qu’il avait le droit d’exporter les minéraux non renouvelables de la mine Bou Craa, même si aucun État du monde ni les Nations Unies ne reconnaissent les revendications marocaines sur le territoire.

Ballance n’avait pas demandé à la cour de libération provisoire du navire, en espérant que la question serait résolue par le tribunal dans ce premier tour. Ballance n’a jamais répondu à la question de savoir s’il avait obtenu l’autorisation des propriétaires de la roche phosphatée pour l’importer.

Western Sahara Resource Watch surveille depuis cinq ans quotidiennement les navires et leurs cargaisons quittant le territoire du Sahara Occidental. Au cours de ces années, il ne s’est jamais produit qu’un navire lié à la Nouvelle-Zélande s’arrête pour ravitailler en Afrique du Sud. Les cargaisons destinées à la Nouvelle-Zélande se déplaçaient toujours vers l’ouest à travers le canal de Panama ou autour du Cap Horn, en traversant l’océan Pacifique.

Depuis hier, la route par le canal de Panama est plus difficile pour les importateurs de Nouvelle-Zélande et de la côte ouest du Canada. Un deuxième vraquier a été retenu le 17 mai 2017 au Panama, en provenance du Sahara Occidental et à destination du Canada. Un jugement de la Cour de justice de l’UE établit clairement un principe que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU avait déjà abordé : que l’activité commerciale au Sahara Occidental exige le consentement de l’organe représentatif du peuple du territoire. L’importateur canadien Agrium a confirmé à The Canadian Press le 18 mai que le deuxième navire détenu était pour lui.

Le 25 avril, WSRW a publié son dernier rapport annuel décrivant le commerce des phosphates depuis le territoire.

Une partie du Sahara occidental, y compris la mine de phosphate, est sous occupation marocaine depuis 1975.

source: www.wsrw.org