Lois de finance complémentaires: le « trou noir » du système Bouteflika

guitourni

A la lumière de la mise en accusation de Said Barkat et Djamal Ould Abbès, tous deux en charge du très opulent ministère de la Solidarité nationale, il ressort que le surplus d’argent dans les caisses a été la tentation qui mené plusieurs ministres au gibet…

L’embellie financière qu’affichait l’Algérie dès 2003-2004 a fait que le système Bouteflika puisait dans les tiroirs pleins pour distribuer à tout vent un argent qui arrivait en grosses quantités. Partisan de la paix sociale, le système Bouteflika achetait l’embellie politique et sociale au lieu de la construire.

A la prodigalité des budgets s’ajoutait des rallonges budgétaires qui n’avaient souvent de but que l’opulence et les fausses dépenses. La consommation rapide des budgets successifs du ministère de la Solidarité, ainsi que des ministères porteurs de grands projets depuis 2000, appelait le plus souvent à une rallonge budgétaire.

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Toutefois, beaucoup de dépenses étaient totalement injustifiées. Et comme nous allons le voir, il y a des dépenses « très suspectes », notamment lors d’élections, ou le premier responsable du secteur pendant une douzaine d’années, l’inamovible Djamel Ould Abbès, donnait de l’argent pour s’attirer des sympathies ou s’acheter des alliances parmi les villages isolés ou la jeunesse défavorisée.

Comme nous l’avions déjà dit dans un précédent article, une des caractéristiques du ministère de la Solidarité nationale par rapport aux autres ministères, était sa faculté de consommer son budget aussitôt l’argent arrivé sur son compte. Cela justifiait souvent des rallonges, notamment lorsque les périodes de troubles sociaux étaient à leur apogée. Toutefois, le ministère de la Solidarité nationale n’était pas une exception dans le gouvernement. En fait, ce qui devrait être une exception est devenue depuis fort longtemps une règle. Les lois complémentaires venaient chaque année à la rescousse de la loi de Finances. A chaque année ses raisons, ses « urgences », ses exigences. Les ministères consommaient plus, en redemandaient plus, sans aucun mécanisme de contrôle, permettant à la corruption d’y faire son lit, de constituer ses réseaux, ses mallettes et ses intermédiaires. Nous en connaissons la face émergée seulement ; la face cachée de la prédation contre l’Algérie, et qui reste à découvrir dans sa globalité, a été véritablement autrement plus terrifiante…

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