L’hôpital 240 lits de Boumerdes: le règne de la négligence

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Inscrit au titre du plan quinquennal en 2006, le projet de construction de l’hôpital de 240 lits de Boumerdes risque de traîner encore pendant des années.

En ces jours, le torchon brûle entre la direction de la Santé (DSP) de Boumerdes et la société italienne CGF Construzioni Genrali, titulaire du marché de réalisation du projet en question. L’entrepreneur italien n’est pas joignable. Ni par téléphone, ni par fax. Les responsables de la DSP ne trouvent aucun moyen de lui communiquer la énième mise en demeure.

Le projet de l’hôpital a été attribué initialement, en mars 2011, à l’entreprise portugaise Abrantina. Le visa de la commission nationale des marchés va mettre deux ans pour être délivré à la DSP de Boumerdes. Entre-temps, le dinar a fortement chuté et l’entrepreneur portugais avait réclamé une révision des prix… Niet, dira l’administration. Le projet va connaitre une longue attente avant de trouver un dénouement.

Les travaux de ce projet ont été entamés en février 2014 par l’entreprise italienne CGF Construzioni. Quatre ans plus tard, le projet n’est pas encore achever et risque de rentrer dans une nouvelle zone de turbulence en raison de l’entêtement de l’entrepreneur italien et de la négligence de l’administration algérienne.

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Le coût total du projet, qui devait être livré en juin 2015, a presque triplé entre temps et risque de dépasse le seuil de 3 milliards de dinars.

Tous les ministres de la Santé qui se sont succédés depuis lors, ont effectué des visites sur le site mais aucun d’eux n’a pu trouver la solution adéquate aux retards cumulés sur ce projet capital pour la population locale.

La visite la plus spectaculaire est celle de Abdelmalek Boudiaf en février 2015. Il a brillé alors par la décision de résiliation du contrat liant la DSP au Bureau d’étude, chargé du suivi du chantier. Etant incapable de sanctionner l’entrepreneur italien, le ministre a fait sa démonstration de force sur le BE algérien.

Pourtant c’est ce Bureau d’étude privé qui dénonçait la qualité des prestations de l’entreprise italienne et le mauvais dosage des bétons servant aux gros œuvres.

Revoilà Ali Haddad

Le Bureau d’Etudes est ainsi très vite remplacé par BERHTO, une filiale du groupe de Ali Haddad.

Ce nouveau Bureau de suivi a encouragé tout le laxisme de l’entreprise italienne: recours excessif à la sous-traitance, absence de personnel qualifié, absence de matériel adéquat etc…

D’un avenant à autre, le contrat de réalisation du projet de l’hôpital est dans l’impasse. Le 5 septembre dernier, la commission sectorielle des marchés a approuvé le troisième avenant. Mais cela n’a pas encourage l’entreprise italienne à la reprise des travaux.

Le contrat risque fort d’être résilié et l’on devra attendre encore beaucoup de temps pour voir ce projet enfin achever et mis au service des malades.

Le ministre de tutelle, qui s’intéresse à l’agressivité des scorpions, devrait dès maintenant prendre en charge ce dossier.

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