Les affaires prospères du fils du colonel Faouzi

colonel faouzi

Pendant plus d’un décennie, l’ex-colonel Faouzi, de son vrai nom Lakhdar Bouzid, a géré la Cellule de Communication et de Diffusion (CCD) de l’ex-DRS. Il régnait en maître absolu sur le secteur des médias et contrôlait tous les flux d’argent public et privé qui finance la presse algérienne. Son fils, Ahmed Abdelmalek a prospéré justement dans ce climat.

Un Etat dans l’Etat

Chargé à l’origine de museler la presse et de l’amadouer, le colonel Faouzi a mis la main sur l’argent de la publicité publique et privée. Autrement dit, l’ANEP.  Depuis son installation en 2001 jusqu’à son éviction en 2013, le colonel Faouzi a orienté tout le budget publicitaire de l’Anep. Une bagatelle estimée à 2.000 milliards de centimes.

Même des annonceurs privés comme Djezzy et Nedjma étaient contrôlés par ce colonel. Hamid Grine, responsable presse alors au niveau de Djezzy, ne pouvait en aucun cas « distribuer » la publicité de son entreprise à des médias qui n’avaient pas les faveurs de Faouzi.

Celui-ci contrôlait toute la chaîne. Un journal ne pouvait obtenir un agrément sans l’avis favorable de la CCD. Et c’est cette même structure qui dictait à l’ANEP le volume de la publicité attribuée à chaque journal. C’est également la CCD qui obligeait les imprimeries de l’Etat à fermer l’œil sur les dettes de certains journaux.

Seul Abdelkader Mechat, le DG de la société d’impression d’Alger (SIA) qui a échappé au contrôle de Faouzi. El Watan et El Khabar ont pris conscience de se doter d’imprimeries pour se mettre à l’abri de l’hégémonie de la CCD.

Dans chaque rédaction, la CCD avait au moins un correspondant. Faouzi était donc au courant du contenu des journaux avant même leur parution.  Rares étaient les rédactions qui n’étaient pas épiées.

Cette position de force confère au colonel Faouzi le pouvoir d’inciter à la création de nouveaux journaux qui n’étaient qu’un faire-valoir pour le détournement de l’argent public. Des gens venus de tous les horizons ont pu créer des quotidiens et ont engrangé des sommes colossales sans pour autant apporter une quelconque valeur ajoutée à la scène médiatique.

 Des sociétés et des interrogations

Ahmed Abdelmalek Bouzid, le fils du colonel Faouzi, gère actuellement un congloméra constitué de trois sociétés.

Ital Import Trading Company (IITC) est le représentant exclusif, en Algérie, de la célèbre marque italienne de café,  Segafredo.

Celle-ci a décidé de s’installer sur le marché algérien, non pas à travers un important distributeur comme le font toutes les grandes marques.  En 2010, Segafredo a choisi le fils du colonel Faouzi comme seul représentant alors qu’il n’avait même pas constitué la société qui devait signer le contrat d’exclusivité.

Ital Import Trading Company (IITC) a obtenu son registre de commerce en date du 25 juillet 2011. Elle a aussitôt commencé à travailler sur la distribution des produits de Segafredo, à savoir les capsules et le café moulu.

A peine constituée, la société du fils du colonel Faouzi s’octroie une place de choix à l’aéroport international d’Alger où elle gère un cafétéria très luxueux. Plus tard, IITC s’installe à l’aéroport de Ghardaia et de Hassi Messaoud.

Le siège social de la société est situé à Delly Brahim, mais son Showroom se trouve au Centre Commercial Sidar, sis à Mohamadia (Alger). Le plus grand du pays, dit-on.

Avant même d’atteindre l’âge de 30 ans, le fils du colonel Faouzi s’est attribué un local dans ce prestigieux centre commercial où le mettre carré coûte plus de 250.000 dinars. Comme par hasard, une proche d’une célèbre figure de presse (éditeur de presse et gestionnaire d’une chaîne satellitaire) avait choisi de s’installer dans ce même centre commercial.

Ital Import Trading Company ne s’est pas contentée de distribuer les produits Segafredo. Elle s’est lancée également dans la commercialisation de l’ameublement destinés aux lieux publics.Il s’agit notamment de chaises, tables, compléments d’ameublement et luminaires, produits en Italie par le célèbre Pedrali.

IITC est également le distributeur des machine à café professionnelles de la marque italienne San Marco.


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Au passage, notons qu’avant la CCD, le colonel Faouzi a occupé un poste à l’ambassade d’Algérie à Rome.

En date du 5 novembre 2012, le fils du colonel Faouzi constitue à Kouba (Alger), la Sarl Electro Auto Technologie, dédiée à l’importation de divers produits, notamment la pièce de rechange du domaine mécanique. Une diversification orientée vers un secteur plein de vautours.

Mariage d’affaires?

Une semaine plus tôt, Ahmed Abdelmalek Bouzid crée une société dont l’objet d’activité suscité des interrogations.

Le 29 octobre 2012, est née à Delly Brahim (Alger) la société Napoli Algerie Trading Company. Dans le lot de ses activités, figure l’Avitaillement et le ravitaillement des bases de vie.  Ces activités sont complètement étranges au profil du fils du colonel Faouzi et à son associé Abdennour Ghalem.

En fait ces activités ont été inspirées par un événement familiale qui allait changer le statut du colonel Faouzi. Non satisfait du contrôle des médias et de l’argent de la publicité, il va monter d’un cran dans les cercles d’influence.

A cette période, le colonel Faouzi s’offre une alliance avec le P-dg de Sonatrach. Le fils de Abdelhamid Zerguine prend pour épouse la fille de Faouzi.

Le nouveau climat familial inspire donc le fils pour travailler dans le secteur pétrolier à travers le ravitaillement des bases de vie.

Malheureusement pour lui, Zerguine ne tardera pas à se faire éjecter de Sonatrach et tous les projets tombent à l’eau.

D’ailleurs, Napoli Algerie Trading Company  n’a pas fait long feu.

A suivre….

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