Les 5 candidats sur le terrain: l’économie pour convaincre…

Avant même le début officiel de la campagne électorale, fixée au 17 novembre 2019, les cinq candidats à la Présidentielle du 12 décembre s’agitent dans leurs starting-blocks. Objectif : convaincre l’électorat au premier quart d’heure ; pas de round d’observation.

Si Bengrina entamera sa campagne à partir de la capitale pour des raisons de commodité évidentes, Tebboune et Belaïd croisent le fer à partir d’Adrar, ville-phare du Sahara, et qui est appelée à jouer un rôle majeur à l’avenir (les récoltes agricoles de 20019 ont été plus que satisfaisantes au niveau national). Benflis, lui, a choisi Tlemcen pour entamer sa campagne. Tlemcen était le fief de l’ancien système et on ignore les raisons qui ont poussé à un tel choix, qui peut être soit judicieux, soit, au contraire, contre productif.

Aussi, pour convaincre du premier coup les électeurs, il n’y a pas mieux que proposer des solutions économiques qui puissent encourager les gens à penser à un lendemain meilleur. Aussi, Mihoubi se base-t-il sur le secteur économique pour faire tilt. Et il y met le paque. Avec les 150 propositions qui touchent le l’économie et donnent des alternatives pour faire face à la crise actuelle, le programme électoral du candidat RND Azzedine Mihoubi a brassé large dans le domaine économique pour renforcer sa position.

Azzedine Mihoubi, estime que les anciens gouvernements ont échoué dans leurs politiques, leurs échecs se sont surtout reflétés sur l’économie qui en a payé le prix. Aussi, Mihoubi propose-t-il de créer un méga ministère de l’économie, en premier lieu. « Ce ministère englobera le secteur de l’énergie, les finances, et les TIC et l’industrie. L’absence de la cohérence entre les secteurs a retardé le développement de plusieurs projets ». Il y a aussi à réfléchir sur l’abrogation de toutes les lois qui entravent les investissements : « Nous avons fait fuir plusieurs investisseurs à cause des lois d’investissements, notamment la règle 51/49 qui doit être liée uniquement à des domaines stratégiques ».

Un modèle à l’asiatique serait bénéfique pour le pays : « Il faut que les algériens oublient qu’ils ont de la rente, et doivent aller vers les investissements dans les start-up et les PME ».

Tebboune, rompu au jeu de la gestion, sous le thème « Engagés pour le changement, capables de le réaliser » qui comporte 54 engagements pour l’instauration d’une « nouvelle République ».

Rentabilisant son capital crédit gagné lors de son bras-de-fer avec Haddad et son éviction du gouvernement, et lui a valu une large sympathie populaire, Tebboune, propose une large révision de la Constitution, une reformulation du cadre juridique des élections, un renforcement de la bonne gouvernance à travers la séparation du monde des affaires de la politique, et une mise en place de mécanismes garantissant la probité des fonctionnaires publics. Au volet économique, le candidat indépendant à la Présidentielle du 12 décembre prochain vise « l’application d’une nouvelle politique de développement hors-hydrocarbures, la substitution des produits importés par d’autres locaux en vue de préserver les réserves de change, la promotion des start-up et le renforcement du rôle économique des collectivités locales dans le développement et la diversification de l’économie nationale ; une amélioration du climat des affaires, l’encouragement de l’investissement notamment extérieur direct sont aussi les autres atouts de Tebboune.

Ali Benflis, qui fait la passe de trois et compte faire banco cette fois-ci, en s’autoproclamant le candidat du hirak, veut tout refaire : « une transition globale », « la modernisation politique, économique et sociale du pays », « un changement global dans la perspective de réaliser la modernisation politique, économique et sociale du pays », et « poser les fondations sur la base desquelles la République de la citoyenneté et l’Etat de Droit devront être construits ».

Benflis propose sept chantiers prioritaires : institutionnel, constitutionnel et judiciaire, les libertés, les droits, les médias, la moralisation de la vie publique en général et de la vie politique en particulier, et la gouvernance moderne ».

En clair, Benflis souhaite un nouveau système économique qui réglemente, encadre et stimule la croissance économique et sociale.

Pour Belaïd Abdelaziz, le développement économique passe par un climat économique serein afin d’augmenter la croissance à des niveaux supérieurs et créer des richesses hors hydrocarbures avec la participation conjointe des secteurs public et privé à condition qu’ils bénéficient des mêmes chances et facteurs de réussite.

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Il préconise aussi de mettre en place des mécanismes et de nouvelles mesures incitatives afin d’attirer les investisseurs nationaux et étrangers à travers la création de mesures incitatives fiscales, de faciliter l’acquisition des terres et l’accompagnement administratif, établir un plan national intégré pour optimiser l’exploitation des capacités et ressources touristiques et inclure le tourisme de cure parmi les ressources économiques.

Le président du mouvement El Bina, Abdelkader Bengrina, comme tous les islamistes accordent une place de choix au volet social (leur terrain de jeu favori), et il en a beaucoup parlé, mais a promis de « rompre avec la corruption », et à « rétablir la confiance entre le peuple et les institutions de l’Etat ».

« Construire une nouvelle Algérie », passe par des priorités économiques, dont le développement du capital de la ressource humaine en direction du développement des capacités de production et d’innovation et les initiatives d’entrepreunariat ainsi que la promotion de la production nationale brute et l’augmentation de son quota d’exportation.  Il s’agit également d’adopter une mutation énergétique basée sur la consécration d’un modèle de consommation interne tourné vers l’énergie alternative et l’investissement dans les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire, outre l’adoption d’une politique industrielle basée sur des pôles compétitifs en sus d’un programme d’investissement stratégique pour le développement du secteur des eaux et l’exploitation rationnelle des ressources dans le Sud.

Voilà, en termes génériques, les arguments. Maintenant, on doit attendre le 17 novembre et le début officiel de la campagne pour voir plus clair…

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