L’élection présidentielle algérienne: l’enjeu de l’après Bouteflika

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Depuis le départ du président Bouteflika, l’élection présidentielle en Algérie suscite un intérêt grandissant. Le monde attend un sursaut des algériens lors de l’élection fixée pour le 12 décembre où les candidats en lice auront à convaincre leurs électeurs.

Poussée populaire du 22 février, chute brutale du système Bouteflika, incarceration des principales « têtes d’affiche » du clan, désignation d’un Panel pour mener le dialogue et la médiation nationale et aller vers des élections libres et transparente, nomination d’une Autorité nationale indépendante des élections qui a pour charge de mener à terme la Présidentielle, fixée au 12 décembre, fin de la révision exceptionnelle des listes électorales, et enfin, mise de toutes les institutions de l’Etat à la disposition de l’ANIE. Ainsi, le ministère de la communication et toutes les institutions de l’Etat sont à la disposition de l’Autorité nationale indépendante des élections qui a toutes les prérogatives dans l’organisation des élections.

Du 22 février au début de la seconde semaine d’octobre, beaucoup de choses ont été faites dans le sens de la remise de l’Algérie sur les  rails constitutionnels. Le temps aura été long, le chemin éprouvant, le terrain miné à l’excès et les obstacles difficilement surmontables. Mais au bout du compte, le résultat est là, et on se dirige, en dernière ligne droite vers des élections présidentielles qui concilieront volonté populaire et nécessite politique et stratégique.

Le courant nationaliste s’impose

Avec le recul aux élections des deux camps démocrate et islamiste, ce sont les nationalistes qui seront les véritables détenteurs des clés politiques. Le retrait tactique des islamistes de la course ne veut pas dire beaucoup de choses, car il faut garder en ligne de compte les derniers résultats des élections législatives et communales ont consacré le déclin annoncé des partis islamistes d’obédience ikhwaniste. Toutes les alliances contactées dans ce camp n’ont pas abouti à des résultats positifs. Aux dernières législatives, le MSP s’en est sorti avec seulement 393 632 voix, loin derrière le FLN et le RND, soit avec 6,09 des voix exprimées et uniquement 34 sièges à l’Assemblée nationale, soit le plus mauvais score du parti depuis Nahnah.

Éclatée en de multiples formations, affaiblie par des luttes de pouvoirs, la mouvance islamiste en Algérie ne semble plus en mesure d’imposer ses idées dans le jeu politique. Alors que le hirak s’est substitué comme acteur politique plus pesant dans le jeu de proximité, celui des quartiers et des campus. Le Msp qui a éclaté après la disparition de Mahfoud Nahnah a donné naissance à une flopée de partis, qui sont aujourd’hui ceux qui activent sur l’échiquier politique, tous produit Msp pur jus.

Ainsi, à la lisière du début de la campagne électorale, les choses sérieuses vont commencer. Estimés à plus de 134, les prétendants à la présidentielle devront d’abord justifier leur éligibilité, puis auront à présenter des programmes sérieux, avant de commencer le plus difficile exercice politique : convaincre les électeurs. Ces tamis auront vite fait de séparer le bon grain de l’ivraie. La décantation se fera d’elle même. Les opportunistes, les aventuriers et les agitateurs céderont la place aux candidats sérieux. Quand on prétend gouverner un peuple, il faut montrer un minimum de sérieux et un maximum de respect pour le peuple, ne pas se présenter pour épater la galerie, ni pour contrebalancer la candidature d’un autre prétendant pour lui rabaisser le caquet dans ce qui ressemble à une querelle de chiffonniers. Lorsqu’on aspire à représenter un peuple, il faut respecter ce peuple, s’en montrer digne et avoir de la stature et de la dimension. La fonction de Président de la République est une fonction-vitrine qui reflètera toute la dimension de l’Algérie. C’est un objectif de géants et non pas une lubie de nains.

Les poids lourds de l’élection

Des personnalités qui ont émis le souhait de postuler à la plus haute magistrature comme Azzedine Mihoubi, Ali Benflis, Abdelmadjid Tebboune, Abdelaziz Belaïd, ou encore Abdelkader Bengrina, des partis tels que ceux qui sont les plus représentés au Parlement et les plus présents dans les villes algériennes, ceux-là sont à compter sur les doigts d’une seule main, et peuvent espérer aller loin dans la course à la présidentielle. Pour les autres, le top chrono est déjà lance et il n’est qu’attendre pour les voir se mettre hors-piste les uns après les autres.

Le travail accompli par le Panel, présidé pa Karim Younès et Ammar Belhimer, a été méritoire ; dans son sillage, beaucoup de groupes ont travaillé dans la discrétion pour rassembler, converger les points de vues, lisser les aspérités et atténuer les dissensions.

Aujourd’hui, on est arrivé au terme d’un processus politique qui va faire redémarrer la machine de production, revenir à la légalité constitutionnelle et commencer réellement à travailler au bien-être du peuple, et il ne peut y être autrement.

Avec la fin de la révision exceptionnelle des listes électorales et la mise de toutes les institutions de l’Etat à la disposition de l’ANIE. Ainsi, le ministère de la communication et toutes les institutions de l’Etat sont à la disposition de l’Autorité nationale indépendante des élections qui a toutes les prérogatives dans l’organisation des élections, tous les moyens sont présents pour la réussite de l’échéance présidentielle du 12 décembre prochain et pour que le peuple choisisse son président. Ce fut un processus élaboré à la peine, dans la douleur, en faisant des concessions nécessaires par-ci, en restant rigide et imperturbable par-là, mais l’essentiel est que a été ait pour l’avenir de l’Algérie, un sacrifice que les uns et les autres devront accepter et en partager les douleurs.

Les mines qui ont éclaté ici et là et les conjurations qui avaient été déjouées à temps ne montreront jamais assez l’intensité de la guerre de sous-sol que le clan a mené pour assurer sa survie, ses intérêts et ceux de sa progéniture.

L’effet de la révolution soft

Evidemment, il restera dans le Hirak quelques nostalgiques à convaincre, car une révolution constitue un rêve qui ne se répétera pas dans la vie d’un homme. Ces jeunes, qui n’ont pas vécu les années GIA, ni les commandements du FMI dans les années 1990, ni la violence ressentie au quotidien, gardent une image   angélique de la révolution soft, et ce sont ces derniers romantiques qu’on doit encore, à la force de la foi et de la persuasion, convaincre d’intégrer le processus en cours. Les derniers ultras seront ainsi démasqués et mis en minorité

Avec la mise de toutes les institutions de l’Etat à la disposition de l’ANIE la dernière ligne droite vers la Présidentielle est tracée ; reste aux candidats d’être digne d’un peuple qui attend un Président de la République à la mesure de ses attentes et à la grandeur de l’Algérie, plus grand pays africain, plus grand pays arabe et plus grand pays du pourtour méditerranéen.

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