Le Premier ministre informe l’opinion publique nationale de la réalité des défis économiques qui se posent au pays

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a passé en revue lundi à Alger les défis économiques qui se posent au pays dans une conjoncture financière mondiale instable et un contexte marqué par le recul des prix du pétrole sur les marchés internationaux, mettant en avant les grands dangers qui risquent d’entraver le processus de développement et le développement de l’économie nationale si les solutions financières internes étaient écartées.

 Lors d’une séance plénière au Conseil de la nation, présidée par Abdelkader Bensalah, en présence des membres du Gouvernement, le Premier ministre a indiqué que le financement interne était un impératif visant à  « éloigner le spectre de la faillite qui guette de nombreuses entreprises et  donc les familles algériennes ».

Les solutions internes visent à empêcher l’arrêt total de l’économie nationale qui entraînera des difficultés sociales analogues à celles qu’a connues le pays vers la fin des années 80.

         ==Le financement non conventionnel permettra de relancer de nombreux projets gelés==

Rappelant que « l’Etat a gelé certains projets dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’agriculture faute de liquidités », M. Ouyahia a affirmé que le gouvernement tient à expliquer clairement ces vérités afin de mettre tout un chacun face à la réalité et l’impliquer dans le processus de redynamisation de l’économie nationale.

Le Premier ministre a fustigé les rumeurs concernant le mécanisme de financement non conventionnel qui ont fait flamber les devises sur le marché parallèle, soulignant que le cours de la devise « est fixé par la Banque centrale » et qu’il s’agit des cours en vigueur dans les  établissements financiers officiels du pays.

Le Premier ministre a affirmé que le recours au financement par emprunt contracté par le Trésor auprès de la Banque centrale était un impératif et non une option pour relancer l’économie nationale et maintenir le rythme de développement du pays, précisant que « le non recours à ce mode  de financement empêchera le versement des salaires des fonctionnaires et  des indemnités des députés ».

Il a prévenu que « si ce financement n’est pas appliqué en novembre, cela  conduira à un arrêt total de l’économie », ajoutant que « même les représentants du peuple ne percevront pas leurs indemnités et pas seulement les fonctionnaires ».

Le Premier ministre a indiqué, dans ce sens, que l’adoption de la loi sur la monnaie et le crédit qui sera présentée mardi devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN) permettra à la Banque centrale de procéder à l’achat direct auprès du trésor des titres  émis par ce dernier pour relancer le rythme de développement économique.

 

  ==Maintien de la politique de soutien==

Le Premier ministre a mis en avant la détermination des hautes autorités du pays à poursuivre l’arsenal de réformes économiques mises en place sous la supervisions du président de la République, Abdelaziz  Bouteflika, et à assurer le traitement financier des problèmes de développement économique, à travers la réforme de l’instance financière du pays et la régulation de l’économie et du commerce.

« Les forces économiques et sociales convergent vers la même direction pour apporter sérénité et quiétude aux citoyens », a-t-il dit.

Le Gouvernement prendra plusieurs mesures pour mener à bien la prochaine étape pour garantir la pérennité du développement économique du  pays et faire face à la conjoncture difficile induite par la situation financière.

Parmi ces mesures, le Premier ministre a mis l’accent sur  l’importance de la prospection des lois et textes réglementaires et sur la  décentralisation en matière de décision d’investissement et de maintien de  tous les avantages accordés, sur dix années, aux investisseurs y compris dans les Hauts Plateaux et le Sud.

  ==Répondre à la demande sur le foncier industriel et valoriser le produit national==

Le Gouvernement veillera, également, à répondre à la demande sur le  foncier industriel, largement disponible, a poursuivi le Premier ministre  qui a souligné la disponibilité du Gouvernement à soutenir toute commune  souhaitant créer une zone d’activité économique sur son territoire. Il a  appelé les PME du secteur privé à adhérer au programme de réhabilitation  ajoutant que des avantages seraient accordés dans ce cadre.

Il a indiqué, en outre, que le Gouvernement soutiendra la recherche au  sein de l’entreprise, publique ou privée, tout en valorisant les efforts en matière de formation de la main-d’œuvre et des cadres et en encourageant  les opérateurs privés, disposés à assurer la formation dans leurs secteurs  d’activité à accueillir des stagiaires.

Le Gouvernement insiste à ce que la priorité soit accordée, dans les  marchés publics, au produit national et à sa promotion pour accompagner et  consolider le marché national.

Au volet Habitat, le Premier ministre a indiqué que près d’un (1) million  de nouveaux logements, tous types confondus, seront livrés entre fin 2017,  2018 et 2019 et viendront s’ajouter au bilan de 3.700.000 unités réalisées  en 18 ans, outre la distribution prochaine de 150.000 logements.

  ==Ouyahia: L’ère de la dictature des slogans est révolue==

Pour ce qui est du secteur agricole, M. Ouyahia a affirmé que « l’Etat  apportera un soutien plus important au secteur agricole à partir de janvier  avec l’entrée en vigueur de la loi de finances 2018, outre la relance de  plusieurs programmes de développement agricole en suspens ».

Le Premier ministre a réaffirmé la détermination du Gouvernement à  exploiter chaque assiette foncière agricole à travers le pays, ajoutant que  « l’ère de la dictature des slogans est révolue (…) et nous œuvrerons à  renforcer le rôle de ce secteur ».

  ==Projets de transfert des eaux des régions du sud à celles des hauts plateaux en 2018==

Le Gouvernement s’est engagé depuis 6 mois dans une démarche de promotion  des investissements dans les régions des hauts plateaux et du sud à travers  la mise en valeur d’importantes superficies, a-t-il précisé, ajoutant  qu' »il veillera à relancer les fermes pilotes publiques ».

M. Ouyahia a salué le secteur d’élevage de vaches laitières, une activité  susceptible de réduire la facture d’importation du lait en poudre et favoriser le recrutement de davantage de main œuvre qualifiée.

Concernant l’irrigation des terres agricoles, le Premier ministre a  dévoilé le lancement l’année prochaine d’une étude de nouveaux projets sur le transfert des eaux des régions du sud à celles des hauts plateaux en vue  de leur exploitation dans le secteur agricole afin d’optimiser son rendement.