Augmentation de Capital: le jeu trouble des banques étrangères

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Toutes les banques étrangères, basées en Algérie, sont concernées par la décision du Conseil de la Monnaie et le Crédit relative à l’augmentation du capital social de 10 à 20 milliards de dinars. Autrement dit, chaque banque est tenue de rapatrier en Algérie, l’équivalent de 100 millions de dollars. Sinon, elle sera interdite de travailler dans le pays.

Les banques publiques ne seront pas touchées par cette mesure en ce sens qu’elles sont toutes dotées d’un capital social qui dépasse de loin le smig exigé par l’Etat Algérien. La BEA gère un capital social de 150 milliards de dinars, considéré comme le plus élevé en Algérie, suivie de la BADR (54 milliards), la CNEP (46 milliards), la BNA (41,6) et la BDL avec 36,8 milliards de dinars.

Toutes les banques étrangères activant en Algérie se sont conformées aux directives en fixant leur capital social à 10 milliards de dinars, sans procéder à une quelconque augmentation de ce capital.

Seules quelques unes ont procédé à l’augmentation du capitale sociales, à l’image de la banque Al Baraka qui a décidé en toute souveraineté d’aller vers 15 milliards de dinars, suivie de Trust qui a refusé d’exporter ses dividendes depuis bien des années et a réinvesti ses bénéfices da ns divers activités, notamment la construction d’hôtels de luxe.

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HSBC, l’une des plus grands banques du monde semble négliger sa filiale algérienne, qui joue pourtant, un rôle important dans l’intermédiation dans le comex. Le capital social de HSBC se situe à seulement 11,3 milliards de dinars.

Les banques françaises, BNP Paibas et Société Générale ont maintenu leur capital social dans la fourchette des 10 milliards et se sont penchées plutôt sur l’optimisation fiscale et le transfert tous azimuts des excédents sous divers formes.

A la fin de l’exercice 2017, Société Générale Algérie (SGA) et plusieurs de ses responsables d’agence étaient poursuivis pour infraction à la législation locale sur les changes et les transferts de capitaux avec l’étranger. Il est reproché aux prévenus d’avoir manqué à leurs obligations déclaratives à l’égard de la Banque d’Algérie s’agissant des mouvements de capitaux liés à des exportations ou importations effectuées par les clients de SGA. Les faits ont été révélés au cours d’enquêtes menées par la Banque d’Algérie qui s’est ensuite constituée partie civile. 14 affaires se sont terminées en faveur de SGA et neuf affaires sont encore en cours, dont sept devant la Cour suprême.

La petite banque libanaise Fransabank, présente en Algérie depuis février 2006, n’a pu ouvrir que deux agences dans le pays. Lors de la première augmentation de capital, exigée en 2009 par le conseil de la monnaie et le crédit, elle a eu du mal à se déployer. Cette fois-ci, elle sera scrupuleusement suivie par l’autorité financière.

Il faut rappeler que depuis 2006, l’Algérie n’a agréé aucune nouvelle banque ou établissement financier. Au Total, 12 banques ont déposé des dossiers d’agrément mais n’ont reçu aucune réponse positive.

Le plus important prétendant est sans doute Abou Dhabi Bank, dont la filiale IEEC gère le projet de Dounia Park. Ce dernier devait lui-même financer ce projet sur effort propre. Mais, du moment que la banque n’a pas été agréée, la société a été contrainte d’accepter un crédit local, dicté par Ouyahia, à hauteur de 100 milliards de dinars. En parallèle, Ouyahia utilise l’ANDI pour mettre les bâtons dans les roues de cette compagnie étrangère. Le 5 avril dernier, Emirates International Investment Company LLC (EIIC) a déposé auprès du centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) une plainte contre l’Agence Nationale  Agence Nationale Algérienne de Développement des

Le groupe émirati, qui a investi dans le projet de Dounya Parc, est représenté par le Cabinet américain, King & Spalding International.

Le centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) est un organe de la Banque Mondiale, dédié au règlement des litiges entre les Etats et les investisseurs étrangers.

Fondée en novembre 2007, La Société des parcs d’Alger est gère un capital social de  4,33 milliards de dinars. Ce capital est détenu par El Dabye Internationle de l’investissement et Emirats El Djazairia Développement et promotion.

Capital social des banques algériennes exprimé en milliards de dinars

BANQUE CAPITAL SOCIAL
AL BARAKA 15
CITIBANK N.A ALEGRIA 10
ARAB BANKING CORPORATION 10
SOCIETE GENERALE 10
BNP PARIBAS AL-DJAZAIR 10
BANQUE EXTERIEURE D’ALGERIE 150
BANQUE NATIONALE D’ALGERIE 41,6
CREDIT POPULAIRE D’ALGERIE 48
BANQUE DE DEVELOPPEMENT LOCAL 36,8
BADR 54
CNEP 46
NATIXIS 10
TRUST 13
AGB 10
HOUSING BANK 10
 FRANSABANK 10
CREDIT AGRICOLE 10
AL SALAM BANK 10
H.S.B.C. 11,3

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