Laid Guendouz: un « influenceur » d’utilité publique…

Laid Guendouz

Entretien réalisé par O.F.

Il a dépassé la cinquantaine, habite loin des feux de la ville, se considère comme un lanceur d’alerte à utilité publique et refuse d’être étiqueté dans la catégorie des cyber-activistes. Son nom : Laïd Guendouz. Sa ville : Sougueur, à Tiaret. Très peu connu à Alger, ses vidéos cartonne dans les Hauts-Plateaux intérieurs, Tiaret, Djelfa, Kasr Chellala, Ain Ouassara, etc. où il est très suivi et particulièrement apprécié.

Son carnet d’adresse épingle toutes les adresses mails, les noms, et les numéros de téléphone des responsables locaux : P/Apc, chefs de daïras et walis. L’objectif : leur donner les informations utiles en temps réel.  Rares sont ses interventions en politique nationale ou sur des sujets qui n’ont pas de liens directs avec le citoyen moyen. Son champ d’action est de rendre plus vivable le quotidien des démunis et des laissés-pour-compte.

Nous l’avons rencontré récemment chez lui où il nous a accueilli avec la chaleur et l’humilité des petites gens d’antan dans une maison simple, entouré de ses fils et de ses petits-fils.

On te qualifie de champion de la dénonciation…

Si donner des alertes pour le bien de la communauté est une dénonciation, alors soit, qu’il en soit ainsi. Mais en réalité, moi je fais un travail de salubrité publique. Je suis un lanceur d’alerte, un avertisseur qui agit sur le réel et dans l’espace-temps de la communauté des villes de l’intérieur du pays. Le wali ou le chef de daïra ne sont pas informés quand il y a une coupure de courant non rétablie, et qui perdure. Les citoyens subissent les contrecoups sans savoir qui interpeller. Moi, dans l’urgence, je dénonce, et le travail est aussitôt fait, dans les normes.

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Souvent, un wali, un président d’APC, ne sont pas au courant de ce qui se passe au millimètre près. Quand je mets en évidence une coupure d’eau courante, un courant électrique défaillant, c’est pour que les choses soient rétablies, non pour châtier sur la place publique un élu. Oui, souvent des choses sont rétablies, améliorées, grâce à mes alertes et aux sources qui m’en informent aussi.

Comment les autorités agissent-elles quand il y a une alerte sur youtube alors que le montage d’une vidéo exige beaucoup de temps?

Je n’agis sur Youtube que lorsque la situation l’exige ; pour développer par exemple une idée, répondre à une incorrection ou débusquer des lièvres. Pour les petits soucis quotidiens qui doivent mobiliser dans l’urgence les autorités, j’agis autrement, par sms ou en écrivant directement aux responsables locaux sur leurs adresses mails.

Vos vidéos sont très prisées et suivies par les gens de l’intérieur du pays. Pourquoi ?

Parce que je fais partie de ces petites gens. J’utilise Internet parce qu’il permet de toucher de larges pans de la société. Mais mon langage est simple, c’est leur langage, pas de fioriture ni de littérature. Je parle comme on parle dans les marchés, les cafétérias et la place publique. Les gens savent déceler le langage de l’honnêteté et de la probité. Au final, je me retrouve avec un auditoire consistant : un blog auquel sont inscrits 260 000 personnes, et des vidéos sur Youtube qui enregistrent jusqu’à 5 millions de vues. Cet important auditoire me pousse toujours à aller de l’avant, mais dans un but constructif ; je ne cherche jamais à nuire ; je cherche toujours à ce que ma cité, ma ville, mon pays soient propres, sans corruption, beaux et fonctionnant comme il se doit de l’être.

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