La Zone de libre-échange africaine : un marché de 3.000 milliards de dollars

zlecaf

Voici une bonne raison pour l’Algérie de s’intéresser dorénavant au marché africain : la Zone de libre-échange africaine (ZLECAf), dont l’entrée en vigueur est prévue pour juillet 2020, créera un marché d’une valeur de 3.000 milliards de dollars sans aucun droit de douane ou restriction aux frontières.

Le ministre du Commerce, Said Djellab, estime qu’une fois en place, la ZLECAf couvrira un marché de 1, 2 milliard d’habitants et un produit brut combiné de 2,5 milliards de dollars, et créera un marché de 3.000 milliards de dollars sans aucun droit de douane ni restriction aux frontières.

Sais Djellab a, par ailleurs, rappelé que l’intégration de l’Algérie dans le continent africain est un « choix stratégique » qui passe impérativement par le commerce intra-africain et le partenariat.

Le volume du commerce intra-africain demeure toutefois, très en deçà des attentes, toutes les études économiques mettant en exergue la faiblesses des échanges entre pays africains qui ne dépassent pas les 15%, soit 2% du commerce mondial.

La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA, ZLEC ou Zlecaf), est un projet de zone de libre-échange en cours de création sur l’ensemble du continent africain. Elle doit regrouper la zone tripartite de libre-échange, qui doit inclure le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), avec d’autre part la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union du Maghreb arabe et la Communauté des États sahélo-sahariens.

L’objectif du projet est d’intégrer à terme l’ensemble des 55 États de l’Union africaine au sein de la zone de libre-échange.

L’histoire de la ZLECAf

La décision de lancer le projet de zone de libre-échange continentale est prise en janvier 2012, lors de la 18e session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine. L’objectif fixé pour créer cette zone de libre-échange est l’année 20173.

Le processus de négociation est lancé en juin 2015 à Johannesbourg lors de la 25e session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine. Lors de cette session, les objectifs, les principes, la feuille de route pour créer la ZLECA sont fixés.

En février 2016, le premier forum de négociation de la zone de libre-échange continentale a lieu à Addis-Abeba en Éthiopie. Le même mois, une réunion se tient à Abidjan pour préparer ce forum, regroupant, en plus des communautés régionales listées ci-dessus, des membres des Nations unies, de l’Union africaine, de la Banque africaine de développement et des membres de la société civile.

En mai 2016, le deuxième forum de négociation de la zone de libre-échange continentale se tient à Addis-Abeba. Il vise à définir les contours de la ZLECA, le tout en collaboration avec les Nations unies et l’Union africaine.

En octobre 2016, le troisième forum de négociation de la zone de libre-échange continentale a lieu à Addis-Abeba.

Le 21 mars 2018, 44 pays sont signataires lors d’un sommet à Kigali. Quelques autres pays qui ont des réserves ne rejoignent pas le projet, tels que le Nigeria, le Burundi, l’Érythrée, la Namibie et la Sierra Leone.

Fin décembre, il ne restait que la ratification de 7 États sur les 22 nécessaires pour sa mise en place. Le 29 avril 2019, le seuil des 22 États est atteint avec la ratification du Sahara occidental et de la Sierra Leone.

Le 7 juillet 2019, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, et le président du Bénin, Patrice Talon, signent l’accord de libre-échange lors d’un sommet de l’Union africaine à Niamey, au Niger, portant à 54 le nombre des pays signataires. L’Érythrée devient le seul pays africain à n’avoir pas rejoint la ZLECA.

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