La françafrique  de Macron en recul: les réseaux d’influence se desserrent

Emmanuel Macron

Le président français, Emmanuel Macron, est en nette perte de vitesse en France. Plusieurs indices pensent qu’il terminera son mandat sur les chapeaux de roue. Déjà, ses anciens mentors, comme Jacques Attali, et qui n’est pas des moindres, le lâchent pour faire la promotion d’une nouvelle « tête d’affiche », Juan Branco, un jeune qui a eu pratiquement le même parcours que Macron, et qui appartient de ce fait, aux mêmes mentors, mais qui a le bénéfice d’être plus clean.

Selon un récent sondage réalisé par « Elabe », la confiance des Français en Emmanuel Macron (-3) et Édouard Philippe (-2) repart à la baisse au milieu de l’été.  Avec seulement 28 % des personnes interrogées qui lui font confiance pour affronter les problèmes des Français, Macron perd le bénéfice des européennes et plus de deux Français sur trois (67 %, +3) ne lui font pas confiance.

Cette perte de vitesse évidente est évidemment, mise à contribution par les mentors traditionnels de la politique française, qui pensent d’ores et déjà à son remplaçant. Macron continuera-t-il son mandat ? Bien sûr que oui, et on essayera de limiter les dégâts.

Premières conséquences directes sur les relations avec Alger, le desserrement des réseaux traditionnels, ainsi que les réseaux d’influenceurs indirects, ceux qui agissent en sous-sol sur les relations bilatérales. Le long silence que s’est imposé la France des réseaux en dit long sur une position française inconfortable vis-à-vis de ce qui se passe en Algérie ; d’autant plus qu’au début du hirak, Macron a eu l’imprudence de rédiger tweet de soutien à l’option d’un 5e mandat.

Que le président Abdelaziz Bouteflika ne donne plus le moindre signe de vie depuis sa démission, le 2 avril, après vingt ans à la présidence, inquiète la France outre-mesure. « Le Monde » a bien reflété, il y a quelques jours, cette inquiétude, en affirmant que « l’Algérie vit donc depuis le 10 juillet dans un régime de fait plutôt que de droit», et que le pays se dirige vers « un procès à grand spectacle, où Saïd Bouteflika ferait figure de bouc émissaire plutôt que son frère, très diminué et à la santé chancelante ».

Observant un stop au feu rouge, puis avançant prudemment, presque sur la pointe des pieds, le Quai d’Orsay tente de minimiser les effets d’un refroidissement évident des relations, avec un hirak qui se pose en champion de la nouvelle tendance anti-France et anti-hizb frança, un recul de la francophonie au bénéfice de l’anglais et un silence que se sont imposé les réseaux traditionnels et leurs relais dans tous les segments.

Si tout cela augure d’une baisse de régime évident des réseaux français en Algérie, il n’est pas très indicatif sur la propension d’agir de ces mêmes réseaux, lesquels savent, de toute évidence, attendre les conditions favorables à leurs intérêts. Et même quand les conditions ne sont pas encore réunies, on peut faire en sorte d’accélérer leur arrivée.

En réalité, cette situation n’est pas spécifique à l’Algérie ; dans plusieurs pays africains (Mali, Niger, Mauritanie, et les pays du CSFA), la situation est presque la même, avec des degrés de différences, et avec toujours une remise en question des intérêts français dans ces pays. Même le président nouvellement élu des Comores veut que l’ordre des priorités et des intérêts avec le Quai d’Orsay changent. La « Zone franc » qui regroupe 14 pays d’Afrique sub-saharienne, les Comores et la France,  du cadre macroéconomique de la monnaie française, et qui est dans les faits, une zone d’influence, est en train de connaitre des tremblements majeurs qui renseignent aussi sur un desserrement du pouvoir hégémonique français dans la « françafrique ».