La Cour des Comptes mène l’enquête :  Où va l’argent public ?

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« Il n’existe pratiquement plus, ou alors très peu, de détournements directs, disons : de vols d’argent public proprement dit, parce toute soustraction d’argent est immédiatement visible ; il y a des dépenses facilement vérifiables et quantifiables, comme le virement des salaires, par exemple, les achats et les dépenses ; on peut tricher, par contre, par le biais de contrats ou d’achats d’équipements. Là, il y a danger, et, comme nous le savons d’avance, là nous faisons attention ».

Tel est le propos du Président  de la Cour des Comptes, Abdelkader Benmarouf, qui a fait un état des lieux, sans concessions, mais sans dramatiser. Avec la mesure dans le propos et la prudence qui sied à pareil personnage.

L’argent public est un gros sujet. Mais qu’est-il réellement ? L’argent public existe par les impôts et taxes et construit notre environnement matériel et social. Mais qui le gère et qui contrôle ceux qui le gèrent ? Avec les nouvelles prérogatives dont elle s’est dotées, la Cour des Comptes, cette auguste institution qui a pour mission de contrôler les dépenses approuvées par les gestionnaires de l’argent public, a pour mission de mettre toutes les dépenses sous sa loupe, à laquelle rien, aucun détail, ne doit échapper.

Le président de la Cour des Comptes, Abdelkader Benmarouf, mène l’enquête. C’est lui qui est chargé de contrôle au centime près où va l’argent public.

« Dans tous les pays du monde, sans exception, on trouve une institution supérieure de contrôle de l’argent public », commence-t-il par dire.

En réalité, la Cour se trouve aujourd’hui dotée de larges prérogatives : « La mission de la Cour des Comptes est le contrôle rigoureux de l’argent public, et là où l’argent public se trouve, notre Cour est habilitée à y jeter un coup d’œil et à y opérer un contrôle. Nous réalisons à peu près 1000 opérations de contrôle dans les entreprises publiques, les institutions, sur les budgets ; et ce contrôle est multiforme ».

La corruption prend souvent des formes pernicieuses. « Il devient de plus en plus invraisemblable pour les gestionnaires de commettre des vols directement pris sur les budgets, car c’est facilement contrôlable, quantifiable et vérifiable. Les traces sont vite décelables sur le virement des salaires, les dépenses, les achats divers, etc.  Par contre, on trouve qu’il y a trace de détournement au niveau des achats d’équipements ou des contrats passés avec des parties tierces ; Et nous, nous savons d’avance, que c’est à ce niveau que résident les entourloupes financières. Et même quand les contrats sont conformes, nous contrôlons si réellement le gestionnaire a fait une comparaison sur les différentes offres et soumissions publiques pour décider de l’adjudication, car il y a toujours derrière les adjudications de la ruse ou des contournements pernicieux des textes ».

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