Jean-Michel Quemard, vice-président PSA:  «Je n’ai obtenu ni avantages, ni garanties de qui que ce soit»

 

Entretien réalisé par Zoutale F.

 Pose de la première pierre de l’unité de production PCPA à Oran et sortie des premiers véhicules Peugeot en janvier 2020. Tels sont les deux points majeurs qu’il faut retenir de la cérémonie organisée à Oran pour la pose de la première pierre de l’usine de montage de Peugeot Citroën production Algérie (PCPA).

Jean-Christophe Quémard, vice-président exécutif du groupe PSA pour la zone Moyen-Orient et Afrique, s’est volontiers plié au jeu des questions-réponses et s’est exprimé sur les péripéties du projet PCPA.

Vous annoncez d’ores et déjà trois modèles…

Oui, on annonce trois modèles, puisqu’il faut qu’on puisse servir les différents segments et la demande locale. C’est clair qu’on va avoir un souci, puisque le consommateur algérien avec les activités des autres compétiteurs, veut tout avoir. Mais avec la localisation. On est vraiment dans cette situation-là, où le marché a ses caractéristiques. De ce fait, dans un premier temps, notre engagement est de fournir au moins trois modèles pour pouvoir servir tous les besoins des clients. C’est notre choix aujourd’hui ; après, on s’adaptera aux évolutions de la réglementation.

L’aspect financier n’a pas été abordé…

Les grandes données n’ont pas bougé. En fait, notre projet, on l’a conçu il y a quatre ans. A l’époque nous avions travaillé avec le ministère de l’Industrie et nous travaillions en parallèle avec le cahier des charges ; et le projet qu’on propose aujourd’hui est conforme à la règlementation avec le cahier de charges automobile. Donc, le projet a été retardé, mais il n’a pas bougé. C’est toujours le même montant. Par contre, les véhicules, eux, ont changé…

Vous parlez aussi de péripéties, de difficultés…

Oui, il a fallu de la résilience, de la patience ; cela montre notre détermination à répondre aux clients algériens et nous croyons fermement pouvoir construire en Algérie un écosystème automobile  performant.

Il faut vous dire que certains de nos fournisseurs ont perdu patience, ont perdu la foi, cela est vrai. L’objet maintenant est dire on est là, on trace notre voie, et plus rien ne peux nous dérailler. Maintenant, il faut y aller ; c’est cela l’objet. Il faut remobiliser nos partenaires, et leur dire, maintenant voyez, le projet va se faire. On a eu des actionnaires qui ont eu la même patience que nous ; donc c’est une grande force. Quand on a fait le choix de nos partenaires, on a fait le bon choix. En tous cas, c’est notre sentiment. Ils ont eu la résilience, et la patience aussi, de nous accompagner jusque-là aujourd’hui.

Et qu’en est-il de votre partenariat avec l’Algérie dans cette règle 51/49 ?

On ne peut pas s’implanter en Algérie sans avoir quelqu’un qui connait ce pays, qui connait son marché, qui connait ses particularités. Franchement, avec le retour d’expérience, et je peux le dire aujourd’hui, avoir un partenaire, c’est nécessaire, avoir un partenaire co-investisseur c’est la garantie du fait qu’il est impliqué dans l’opération ; c’est la bonne solution. De ce fait, 49/51 ou 70/30, à la limite tous les cocktails sont possibles. Sincèrement, je ne vois pas cela comme un inconvénient. Au contraire, c’est une chance, et je ne pense pas, à mon avis, qu’on peut développer quelque chose de pérenne en Algérie sans un partenaire algérien.

PSA est donc prête pour l’aventure en Algérie ?

Toutes les étapes nécessaires ont été franchies, on a eu notre permis de construire, etc. Mais est-ce qu’on a reçu des garanties ? Aucune ! La seule garantie que j’ai, c’est la réglementation et la loi. Je n’ai obtenu ni avantages, ni garanties de qui que ce soit…Est-ce que c’est un risque ? Bien sûr c’est un risque. Mais dans un marché qui, potentiellement, fait 450 000 voitures, dans lequel nous avons fait 20% du marché, dans lequel les clients nous réclament nos voitures, on a un rôle à jouer, et on joue ce rôle. Est-ce qu’on a peur ? On n’a peur de rien…

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