Il défendait la France au lieu de son candidat: Baali est viré

Abdellah Baali, éphémère directeur de campagne du candidat Abdelmadjid Tebboune se retrouve au cœur d’une polémique qui risque de l’emporter pour longtemps.

Démission forcée ? Limogeage déguisé ? Démission réelle ? Le sort de Baali agite la toile algérienne et certains doubab électronique des concurrents de Tebboune et de la Issaba qui veulent faire de cette péripétie de campagne, une affaire d’état.

Au départ, tous les observateurs politiques se sont étonnés de cette nomination du candidat Tebboune qui voulait visiblement miser sur un visage inconnu de la politique, connu des seuls cercles diplomatiques, comme directeur de sa campagne. Il est vrai, Baali avec une personnalité lisse, sans passé politique pouvait prétendre à offrir certaines garanties d’images mais, au fil des jours, sa nomination est devenue davantage un handicap qu’une bonne idée.

Car, qui est au fond, ce directeur de campagne ! Personne n’est capable, dans les couloirs du MAE, de citer un seul fait d’armes de ce diplomate, biberonné aux nominations éclairs de ces deux mentors, Ahmed Ouyahia et Ramtane Lamamra, qui lui ont tracé un parcours doré pour la simple raison qu’il était jeune et présentait bien. Même le candidat Tebboune semble avoir été bluffé par ce CV vitaminé, dopé aux avantages d’être dans les bons cercles d’amis. Ceux de Toufik précisément.  

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Mais de là à passer des artères chics de la cinquième avenue à New York à la terre poussiéreuses des hautes steppes algériennes, pour faire une campagne de terrain, la barre est apparue, soudainement, trop haute pour le désormais ancien directeur de campagne. Le personnage n’avait pas le profil. Inconnu jusqu’à son fief natal, Guelma. Il était devenu évident, d’ailleurs, que comme nos diplomates gâtés, le terrain âpre de la politique algérienne, où il s’agit de faire preuve d’implication avec les algériens, les vrais électeurs, n’était pas pour lui. Des voix se sont même élevées au sein de la direction de campagne, de jeunes bénévoles, qui s’étonnaient que ce diplomate, présenté à forte compétence, n’avait ni le talent d’organisateur, ni les capacités de fédérateur que doit avoir un chef d’orchestre. En gros, le costume Gucci lui allait trop grand.

Mais tout cela relève de l’anecdote politicienne, si ce n’est de savoir les véritables raisons de la séparation de Tebboune de son directeur de campagne, Baali. Et elles sont pour le moins choquantes. Les premiers signes de friction sont apparus, bizarrement, après les premières interventions d’Abdelmadjid Tebboune, sur l’ingérence française en citant nommément le ministre français des affaires étrangères, Jean Yves le Drian. Des déclarations qui ne semblent avoir été du gout de Baali, qui était toujours dans l’espoir que le ministre français lui signe ses lettres de créances comme ambassadeur d’Algérie à Paris. Il s’agissait pour Baali de ne pas braquer les français et a commencé de montrer des signes d’agacement sur la position de Tebboune, qui avait torpillé les français vertement en leur disant de « s’occuper plutôt de leurs gilets jaunes ».

De ce fait, le divorce est politique. Tebboune ne pouvait garder dans son staff, un responsable Algérien qui semblait plus inquiet de ce que la France pouvait penser de lui, que les propres positions de son candidat. Qu’il soit débarqué en douce de la campagne de Tebboune, viré ou démissionnaire, ne change rien au fond de cet épisode de campagne. D’ailleurs, qui mieux qu’un autre français, en l’occurrence De Gaulle, pour évoquer les fourberies diplomatiques : « Les diplomates ne sont utiles que par beau temps. Dès qu’il pleut, ils se noient dans chaque goutte ».

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